Le 12 février 1934, toute une France se met en mouvement pour répondre au coup de force tenté le 6 par l'extrême droite; elle construit, à travers quelques vicissitudes, cette réponse originale au fascisme et à la crise qu'est le Front populaire. Seize chercheurs venus d'horizons divers: historiens pour la plupart, mais aussi économistes, politologues et ethnologues, analysent l'ampleur du mouvement de masse qui a porté l'expérience du Front populaire, la nature exacte des grèves, sa politique économique, ses origines, ses limites, le rôle effectif des quarante heures. Ils montrent comment l'usine, hier chasse gardée d'un patronat jaloux de ses privilèges, devient pour l'ensemble des forces sociales et politiques un enjeu et s'attachent à préciser le rôle que jouèrent alors les intellectuels. Ils éclairent ainsi d'un jour nouveau ces quelques années qui ébranlèrent la France et ces questions qui ont conservé ou retrouvé, pour certaines, une activité brûlante: rapport du politique et du social, relations partis-syndicats, action d'un gouvernement de gauche, poids de la conjoncture internationale? C'est un tableau résolument neuf de la France d'avant-guerre qui résulte de ces multiples approches.
Nombre de pages
352
Date de parution
01/09/1993
Poids
528g
Largeur
156mm
Plus d'informations
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EAN
9782903528775
Titre
La france en mouvement
Auteur
Bouvier Jean
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
156
Poids
528
Date de parution
19930901
Nombre de pages
352,00 €
Disponibilité
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Le scandale n'est pas celui qu'on croit il dormait dans les caves des banques et le secret des familles, embaumé aux Archives Nationales, quarante liasses de la série 7 AQ. Jean Bouvier sort le cadavre du placard. Au lecteur de juger: deux scandales, ou pas du tout...
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...