Avec journées d'exil, Jean-Paul Bourre propose une expérience musicale de la solitude, de l'absence, de la rupture - une parole nue, derrière les mots du Poème qui ne nous abritent plus. Il y a l'immobile horizon, la succession des jours et des nuits, la chambre, dans laquelle l'auteur entasse des " munitions de survie " en écoutant le Notturno de Schubert. Les mots radiographient les souvenirs, les désastres méticuleux du quotidien, la sensation vive d'être. Poésie narrative au bord du récit, cultivant la rupture étincelante, la métaphore inoubliable, dans la recherche égarée des signes du Temps perdu, sorte d'aventure à reculons, périlleuse nostalgie en phase avec une exigence rare d'éveil et de modernité, ou plutôt d'état d'urgence, en chute dansée vers le point d'occident, ces journées d'exil nous font découvrir la voix authentique et forte d'un auteur encore méconnu qui sort la poésie de son confinement sans rien céder de ses secrets.
Nombre de pages
98
Date de parution
07/02/2001
Poids
214g
Largeur
145mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782912927453
Titre
Journées d'exil
Auteur
Bourre Jean-Paul
Editeur
DUMERCHEZ
Largeur
145
Poids
214
Date de parution
20010207
Nombre de pages
98,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Prince oublié du romantisme noir, Villiers de l'Isle-Adam se considérait comme le frère maudit de Baudelaire et d'Edgar Poe. Bien avant l'?uvre publiée, c'est d'abord le personnage qui fascina la génération de 1860, héritière du chaos romantique. L'auteur des Contes cruels arriva, comme sortant de l'histoire par son incroyable généalogie, " plume de fer au cimier ", à la fois d'Artagnan par sa présence outrancière, un peu naïve, et Faust par son orgueil, sa volonté démiurgique, ses tentatives désespérées. Jean-Paul Bourre révèle un " Villiers " frondeur, amoureux de la mort, un irréductible qui refuse de renoncer à ses rêves, jusque dans la misère. Il fait revivre ce météore noir de la littérature, passeur de frontière, adepte de la transgression, capable de croiser le fer, de manier l'ironie mordante, Le premier des décadents, bien avant Péladan et Jean Lorrain. " Un génie ! nous le comprîmes tel " écrivit Mallarmé, après la mort du comte Villiers de L'Isle-Adam, et Rémy de Gourmont déclara avec emphase : " Il a rouvert les portes de l'au-delà, closes avec quel fracas, on s'en souvient, et par ces portes toute une génération s'est ruée vers l'infini ". Tel est l'enjeu de Villiers. S'épuiser à vivre en rêvant, tenter l'ultime miracle, en jetant ses derniers feux.
De ma fenêtre je vois les avions qui descendent par paliers sur Roissy. Je fume, accoudé à la barre d'appui, ajuste le lance-missile virtuel Sam 7 que je tiens à l'épaule, et j'en descends deux. J'imagine l'avion rempli de poupées de celluloïd, aussi irréelles et abstraites que des statistiques, à d'autres moments l'avion est rempli d'huissiers, de juges, de représentants de la Loi. Je fais le nettoyage, en silence, à ma manière. J'ai vu l'explosion, qu'ils n'ont pas pu voir, pas pu ressentir, je l'ai vue avec mes yeux, entendue avec mes oreilles - la vibration sourde, en écho sur les tympans - puis plus rien, du bleu de fumée, et le silence dans le ciel. "
Quel secret recèle le cours de la Bièvre, cette rivière enterrée au c'ur de Paris sous l'église Saint-Médard, ancienne place forte mérovingienne aux origines plus lointaines encore ...Quelle guerre livrent les " mousquetaires du Président ", spécialistes des tables d'écoute et des éliminations discrètes, en recherchant le manuscrit maudit du " Serpent rouge " ...Luttent-ils contre l'organisation qui a poussé l'Élu du " Château " à procéder au marquage occulte de Paris par des monuments dont la disposition répond au plus dangereux rite d'initiation Ministres, aventuriers, journalistes se livrent, entre les sites sacrés de Paris, de Venise ou de la Haute-Égypte, à une course impitoyable pendant que le monarque de la République redoit à sa cour astrologues, mages et devins dans l'attente d'une réponse des Dieux.
Si les murs de la Ca"Dario pouvaient parler, ils hurleraient. Derrière les façades aux couleurs de friandises, la jeune Marietta Barbaro, emmurée, s'est consumée de chagrin, l'historien Rawdon Brown s'est donné la mort face à ses tableaux, Kit Lambert, le manager des Who, s'est perdu dans les fêtes et les drogues, la liste est longue, et sanglante, des propriétaires morts de façon tragique dans ce petit palais penché sur le Grand Canal. Elle faillit s'achever par Woody Allen, si celui-ci, prudent, n'avait au dernier moment renoncé à son achat. Amoureux de Venise, Jean-Paul Bourre a exhumé les bibliothèques de la Sérénissime pour raconter, sous la forme d'une enquête, l'histoire fantastique de ce bâtiment maudit, construit au XVIe siècle sur un ossuaire et dont la devise, gravée dans le marbre du frontispice, nous dit, en anagramme" Celui qui habitera ces lieux ira à sa ruine "."
Selon le principe de la collection regard, Pierre Tilman a pris comme point de départ de son ouvrage l'un des objets des collections d'un musée ; ici, l'Historial de la Grande Guerre, à Péronne, dans la Somme. Il a choisi la Prothèse d'un ?il, objet fait de métal et de verre dont l'ambition est d'imiter la couleur et la texture de la chair. " On dirait un montage dadaïste ou surréaliste ". Agé maintenant de plus de cent vingt ans, le narrateur, entre histoire et fiction, nous conte la vie quotidienne du front et de l'arrière. Il se souvient de ses amis qui nous fascinent toujours Cendrars, Léger, Braque, Picasso, Laurencin, Masson, Picabia, Duchamp... Mais, sur le champ de bataille, quel que soit le génie de ces héros, au moment de la mort, notre humanité n'est plus qu'un cri de peur, un cri déchirant et pathétique : " Maman ! Maman !... ". " Thomas Compère-Morel.