Une jeune femme en rupture avec sa famille et la société s'installe chez un couple d'anciens croque-morts pour y apprendre la taxidermie. Derrière leurs airs angéliques, la narratrice et la vieille madame Martin empoisonnent leur prochain - animal ou humain - pour parfaire leur pratique. Leur but : effectuer, chacune à sa manière, une sortie en beauté. Un roman macabre à l'humour grinçant.
Butler Octavia E. ; Gassie Nadine ; Shapiro Jessic
Liens de sang est un roman coup de poing qui nous captive de bout en bout grâce à une intrigue intelligente et des personnages remarquablement bien écrits. La plongée dans l'époque sordide de l'esclavage laisse des traces mais c'est un roman qui n'est pas dénué de beauté non plus et qui nous propose une réflexion fine et juste sur les mécanismes de domination et l'asservissement des esprits libres. Puissant et brillant.
Comment être libre quand l'idée même de liberté ne peut s'envisager ? Résister dans une guerre où les bruits des armes sont ceux de l'intimité, de clés tournant dans une serrure ou de pas approchant doucement ? Quand, malgré le silence familial, la mémoire du viol conjugal se transmet d'une génération de femme à l'autre, C'est la peur qui s'insinue dans les couloirs du temps.
A 18 ans, Aurore Dupin de Francueil, fille d'un aristocrate et d'une jeune femme légère, ne s'appelle pas encore George Sand. Elle épouse Casimir Dudevant, un jeune baron portant beau, et a deux enfants. Mais cette vie ne la rend pas heureuse. Bientôt elle s'éprend d'un autre homme, puis d'un second. Elle aurait pu en rester là. Mais non, elle se rend compte que " la liberté de penser et d'agir est le premier de tous les biens ". Alors, à 27 ans, elle décide de partir pour Paris, seule. Comment cette descendante du maréchal de Saxe a-t-elle osé défier les conventions de son temps ? C'est dans son enfance déchirée, abandonnée par une mère aimante mais instable à une grand-mère possessive, qu'elle a puisé la force de sa révolte. Sa fière liberté et sa puissance créatrice feront d'elle la femme de lettres la plus éclairée de son siècle. Joëlle Tiano vient mettre au jour, avec une rigueur d'historienne, l'intimité presque quotidienne de la jeune Aurore et en décrivant avec minutie l'étonnante contradiction des influences affectives et sociales qui lui ont permis de se construire. Son portrait offre un éclairage singulier sur la faille intérieure terrible dont l'écrivain a souffert et dans laquelle elle est allée chercher sa liberté de ton et d'attitude, et surtout " la nécessité d'en faire usage ".
Au 22e siècle, on peut communiquer avec des "fragments" d'univers parallèles du passé. En 2017, Verity Jane est engagée pour évaluer un assistant numérique basé sur une IA d'un tout nouveau genre...
Léonor aime Dan depuis quarante ans, et Nils depuis quinze jours. Dan, c'est le rêve américain de ses dix-huit ans qu'elle a quitté trop vite et qu'elle retrouve parfois à la sauvette, dans un hôtel new-yorkais décati, toujours le même. La dernière fois qu'ils se sont vus, c'était il y a huit ans. La prochaine, c'est dans quelques jours. Mauvais timing. Nils a une tête éperdument sympathique et un corps si palpable qu'il serait capable de transformer Dan en abstraction. Mais cette histoire d'amour toute fraîche pourrait tout aussi bien ne pas résister face à une telle longévité. Si Léonor replonge tête baissée dans les bouillonnements de l'existence, sa mère, elle, pense avoir tout résolu. Ce qui l'occupe désormais, c'est d'en finir proprement. Et vite. Et si possible en beauté, dans un hôtel de luxe avec vue sur la mer. Et avec ses filles pour l'aider. Mais comment fait-on ça ...
Après le remarqué Ariane, Myriam Leroy nous revient en force avec ce récit âpre et glaçant, servi par un humour noir détonant. Ce roman, bien ancré dans l’ère des réseaux sociaux , dénonce – après d’apparents débuts de drague banale - un harcèlement virtuel inexorable, d’une ampleur démesurée et d’une dimension suffocante. Elle montre de façon limpide la virulence de l’attaque, son caractère sexiste, encore amplifiés par son caractère impalpable. L’on sent viscéralement dans Les yeux rouges l’impuissance et la frustration de ne pas être prise au sérieux, qui peuvent mener à la folie. Le style percutant et affûté de l’auteure, très personnel, fait ressentir au plus près le tragique de la situation. Salutaire.