Hegel et les matérialistes français du XVIIIe siècle
Bourdin Jean-Claude
KLINCKSIECK
26,30 €
Epuisé
EAN :9782865632862
Hegel, " historien de la philosophie " ? Hegel, lecteur des matérialistes des Lumières ... Si les études hégéliennes ont depuis quelques années en France révisé le procès en dogmatisme fait au Système, il semble que sa théorie et sa pratique de l'histoire de la philosophie continuent d'apparaître à beaucoup comme le refuge irréductible de dogmatisme. Quel intérêt y aurait-il alors à interroger la lecture que Hegel a faite de philosophies jugées " mineures " ou " marginales " au regard de la " grande " tradition philosophique ? D'ailleurs le système de l'Idéalisme absolu peut-il vérifier sa capacité intégrative sur ces philosophies-là sans nécessairement les " récupérer ", les plier à une lecture " totalitaire " ou déformante ... Les passages que Hegel a consacrés au matérialisme français du XVIIIe siècle révèlent quelques surprises. Outre qu'il est établi qu'il connaissait, quoique inégalement, La Mettrie, Helvétius et d'Holbach, il apparaît qu'il s'est efforcé de rendre compte du sens spéculatif et historique du surgissement de la catégorie de matière au siècle des Lumières. Son exposé très sélectif des grandes thèses du Système de la nature de d'Holbach montre une volonté de révéler un matérialisme inattendu, plus dynamique que mécanique, cependant qu'avec De l'esprit d'Helvétius, il propose une surprenante traduction de ses concepts dans son propre langage. Ce qui apparaît, enfin, comme des difficultés pour saisir le sens général du matérialisme des Lumières (il offre quatre schémas d'interprétation, il fait silence sur le matérialisme de Diderot et sur l'Encyclopédie, etc.), achève de ruiner l'image d'un Hegel " récupérateur " et hostile au matérialisme. Le lecteur jugera si, placé sous l'éclairage hégélien, le matérialisme français du XVIIIe siècle ne mérite pas de voir enfin reconnue sa valeur : avoir été une philosophie qui, non pas malgré sa catégorie de matière, mais bien grâce à elle, a su incarner le principe moderne de la liberté subjective s'illustrant dans la conquête de son royaume du fini.
Nombre de pages
274
Date de parution
01/09/1992
Poids
450g
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EAN
9782865632862
Titre
Hegel et les matérialistes français du XVIIIe siècle
Auteur
Bourdin Jean-Claude
Editeur
KLINCKSIECK
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0
Poids
450
Date de parution
19920901
Nombre de pages
274,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Résumé : La singularité du matérialisme de Diderot ne réside pas tant dans l'idée que la " sensibilité est une propriété générale de la matière " que dans le caractère inachevé et vraisemblablement interminable de sa pensée philosophique. Consigné dans des textes où il est l'objet d'une mise en scène et d'une mise en écriture, le matérialisme chez Diderot n'est jamais exposé sous la forme d'un traité ni ne semble dépendre de principes explicitement énoncés. Pourtant, l'auteur des PENSEES SUR L'INTERPRETATION DE LA NATURE semble soucieux de faire accréditer ses affirmations par les sciences de son temps (physiologie, médecine, chimie, etc.) et de vouloir confier aux savoirs positifs le soin d'achever " la métaphysique la plus hardie ". Mais contrairement à ce qui est souvent avancé, ce recours aux sciences ne confère pas au matérialisme diderotien une allure ni même une prétention scientifiques. Les sciences sont bien plutôt exploitées pour leurs ressources en images, métaphores, analogies, etc., étant mises au service d'un matérialisme ouvertement conjectural, relevant de l'imagination, seule adéquate à s'ouvrir à la " possibilité des choses ". Se limitant à quatre grands textes, on a seulement voulu dans ce travail essayer de retrouver et d'assembler les " plans perdus " du matérialisme diderotien. On suggérera que cette dispersion est sans doute l'effet du rapport critique de Diderot avec la spéculation qui débouche sur une conception esthétique de l'activité de la raison et un scepticisme inattendu chez le directeur de l'Encyclopédie.
Bien qu'étant le pays classique du matérialisme, surtout aux XVIIIe et XIXe siècles, la France continue d'ignorer l'existence et l'importance des philosophies matérialistes. On persiste à croire qu'être matérialiste consiste à poursuivre de façon aveugle l'accroissement de la puissance matérielle. Quand il qualifie une philosophie, le matérialisme est une " faute " -, un réductionnisme ontologique inacceptable, et susciter un ennui profond... Renonçant à donner une simple défense du matérialisme, un colloque tenu à Cerisy-la-salle, en septembre 1995, a préféré contribuer à la suite d'autres travaux, à restituer au matérialisme sa diversité et sa vitalité philosophique. Les communications ici recueillies reflètent ce projet : - rendre compte de la diversité des formes du philosopher matérialiste dans l'histoire, à travers les modes d'écriture et les concepts spécifiques de certains auteurs (de Lucrèce à Marx, en passant par Gassendi, Molière et les philosophes des Lumières) ; - confronter le courant matérialiste des Lumières à ses adversaires, suivre sa postérité neuroscientifique et philosophique aux XIX et XXe siècle, envisager la possibilité d'un dépassement " polythétique " d'un certain matérialisme rationaliste ; - exposer les débats récents, issus du monde anglo-saxon dans le domaine de la " philosophie de l'esprit ", sur le problème de la causalité mentale dans le cadre d'un physicalisme qui doit affronter le risque ou la fécondité du réductionnisme. L'ambition de ce livre est ainsi de (re)mettre en circulation dans le monde de la philosophie des arguments, des positions et des principes d'un courant qui n'a cessé de travailler l'histoire de la philosophie et ses rapports avec les sciences.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.