
Hegel et les matérialistes français du XVIIIe siècle
Hegel, " historien de la philosophie " ? Hegel, lecteur des matérialistes des Lumières ? Si les études hégéliennes ont depuis quelques années en France révisé le procès en dogmatisme fait au Système, il semble que sa théorie et sa pratique de l'histoire de la philosophie continuent d'apparaître à beaucoup comme le refuge irréductible de dogmatisme. Quel intérêt y aurait-il alors à interroger la lecture que Hegel a faite de philosophies jugées " mineures " ou " marginales " au regard de la " grande " tradition philosophique ? D'ailleurs le système de l'Idéalisme absolu peut-il vérifier sa capacité intégrative sur ces philosophies-là sans nécessairement les " récupérer ", les plier à une lecture " totalitaire " ou déformante ? Les passages que Hegel a consacrés au matérialisme français du XVIIIe siècle révèlent quelques surprises. Outre qu'il est établi qu'il connaissait, quoique inégalement, La Mettrie, Helvétius et d'Holbach, il apparaît qu'il s'est efforcé de rendre compte du sens spéculatif et historique du surgissement de la catégorie de matière au siècle des Lumières. Son exposé très sélectif des grandes thèses du Système de la nature de d'Holbach montre une volonté de révéler un matérialisme inattendu, plus dynamique que mécanique, cependant qu'avec De l'esprit d'Helvétius, il propose une surprenante traduction de ses concepts dans son propre langage. Ce qui apparaît, enfin, comme des difficultés pour saisir le sens général du matérialisme des Lumières (il offre quatre schémas d'interprétation, il fait silence sur le matérialisme de Diderot et sur l'Encyclopédie, etc.), achève de ruiner l'image d'un Hegel " récupérateur " et hostile au matérialisme. Le lecteur jugera si, placé sous l'éclairage hégélien, le matérialisme français du XVIIIe siècle ne mérite pas de voir enfin reconnue sa valeur : avoir été une philosophie qui, non pas malgré sa catégorie de matière, mais bien grâce à elle, a su incarner le principe moderne de la liberté subjective s'illustrant dans la conquête de son royaume du fini.
| Nombre de pages | 274 |
|---|---|
| Date de parution | 01/09/1992 |
| Poids | 450g |
| EAN | 9782865632862 |
|---|---|
| Titre | Hegel et les matérialistes français du XVIIIe siècle |
| Auteur | Bourdin Jean-Claude |
| Editeur | KLINCKSIECK |
| Largeur | 0 |
| Poids | 450 |
| Date de parution | 19920901 |
| Nombre de pages | 274,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

DIDEROT. Le matérialisme
Bourdin Jean-ClaudeRésumé : La singularité du matérialisme de Diderot ne réside pas tant dans l'idée que la " sensibilité est une propriété générale de la matière " que dans le caractère inachevé et vraisemblablement interminable de sa pensée philosophique. Consigné dans des textes où il est l'objet d'une mise en scène et d'une mise en écriture, le matérialisme chez Diderot n'est jamais exposé sous la forme d'un traité ni ne semble dépendre de principes explicitement énoncés. Pourtant, l'auteur des PENSEES SUR L'INTERPRETATION DE LA NATURE semble soucieux de faire accréditer ses affirmations par les sciences de son temps (physiologie, médecine, chimie, etc.) et de vouloir confier aux savoirs positifs le soin d'achever " la métaphysique la plus hardie ". Mais contrairement à ce qui est souvent avancé, ce recours aux sciences ne confère pas au matérialisme diderotien une allure ni même une prétention scientifiques. Les sciences sont bien plutôt exploitées pour leurs ressources en images, métaphores, analogies, etc., étant mises au service d'un matérialisme ouvertement conjectural, relevant de l'imagination, seule adéquate à s'ouvrir à la " possibilité des choses ". Se limitant à quatre grands textes, on a seulement voulu dans ce travail essayer de retrouver et d'assembler les " plans perdus " du matérialisme diderotien. On suggérera que cette dispersion est sans doute l'effet du rapport critique de Diderot avec la spéculation qui débouche sur une conception esthétique de l'activité de la raison et un scepticisme inattendu chez le directeur de l'Encyclopédie.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER10,14 € -

Les Lumières et l'idéalisme allemand
Bourdin Jean-ClaudeLa division du travail philosophique tend encore à établir des cloisons étanches entre chercheurs spécialistes des Lumières et de l'Idéalisme allemand ici rapprochés, au point qu'en France, règne une ignorance réciproque. Faut-il dès lors enregistrer ce fait, à tout le moins étrange pour ceux qui soutiennent l'idée d'une histoire une de la philosophie ? Si entre les " Philosophes " et les Idéalistes allemands nulle affinité, nulle communication ne sont vérifiables, est-ce à cause d'une radicale hétérogénéité des discours qui conduit à nier qu'il y ait un sens commun de ce qui se dit, ici et là, sous le nom de " philosophie " ? S'il existe un jugement de goût en philosophie, déclarer les Lumières " plates " et l'Idéalisme allemand " obscur " reviendrait alors à entériner une étrange dénivellation dans l'histoire de la philosophie entre 1750 et 1835. Il est possible qu'une certaine conception spontanément " historiciste " de l'histoire de la philosophie ait accrédité l'idée que dans une téléologie du sens du philosopher, les Lumières aient pu représenter une chute, un retard, une impasse par rapport à son plein accomplissement spéculatif allemand. L'ambition des travaux rassemblés dans ce volume est de ne pas se laisser impressionner par cet " historicisme ". Sans prétendre couvrir exhaustivement le champ " Idéalisme allemand " et " Lumières, AuFklärung, Enlightenment ", ils abordent sans a priori les thèmes essentiels où ces deux moments de la culture européenne se sont confrontés l'un à l'autre : la métaphysique, la raison, la logique, la liberté, l'histoire, la religion et la foi, l'esthétique, le sujet. De d'Alembert à Foucault, de multiples trajets sont empruntés, passant par Kant, Fichte, Hegel, Schelling, via Leibniz, Rousseau, Hume, Lessing, Voltaire, les matérialistes français, jusqu'à Kierkegaard et Hofmannsthal. Ces travaux ne représentent qu'un premier essai pour pratiquer une histoire de la philosophie qui poserait un double principe de lecture : principe de libéralisme et principe de positivité qui libèrent les Lumières de leur assujettissement au " tribunal de l'Idéalisme, lequel, en retour, se trouve réintégré dans l'histoire de la philosophie et assume d'être anachroniquement confronté à d'autres philosophies qui n'eurent pas le défaut de n'être " pas encore " spéculatives.Sur commande, 6 à 10 joursCOMMANDER26,00 € -

Les politiques de réconciliation. Analyses, expériences, bilans
Bourdin Jean-ClaudeComment les sociétés gravement affectées par une période de violence et d'arbitraire sortent-elles de la répression, de la division de la société et de la guerre civile ? Elles ont souvent eu recours à l'amnistie sans phrase, aux tribunaux ou à l'épuration. Le temps finit aussi. comme on dit, par effacer les blessures et les rancoeurs : l'arrivée de nouveaux venus affaiblit le souvenir des souffrances des luttes et de la répression. Mais lorsqu'il y a eu manifestes violations des droits de l'homme, le silence et l'oubli sont répugnants. Or, voilà que dès 1983, en Argentine, une fois la dictature militaire renversée, on avance un mot non pas nouveau, niais auquel on fait porter une charge éthique nouvelle et une trame politique inédite : la réconciliation. Pour réaliser la réconciliation, les nouveaux régimes politiques mettent en place des Commissions qui travaillent dans des contextes toujours particuliers mais qui soulèvent partout des débats intenses et riches. Les vieilles notions de Vérité, Justice, Paix, etc, sont investies de valeurs et de significations contradictoires et sont l'objet de conflits qui vont jusqu'au différend entre les acteurs de ces politiques. A la réconciliation attendue s'ajoutent tes exigences de réparations. Parmi les associations de familles de disparus et de victimes, les délais pour rendre la justice, les obstacles à dire ce qui s'est passé et à identifier des responsables d'actes atroces imposent l'idée que les politiques de réconciliation ont peu à voir avec la vérité et la justice. Quant au pardon, un rejet salutaire à son égard s'est installé : appeler les victimes à pardonner à leurs bourreaux revient à faire reposer la réconciliation sur la conscience des premiers sans qu'aient été satisfaits leur besoin de vérité et la restauration de leur dignité. Cependant, le pardon reste une possibilité rare et imprévue. Plus de trente ans après la première expérience de réconciliation, il est possible de proposer des analyses des notions engagées dans ces politiques(quelle "vérité", quelle réconciliation, quelle politique), de faire le récit d'expériences (en Colombie, au Pérou. en Afrique du Sud) et d'esquisser un bilan de ce qui a été manqué (Guatemala) ou seulement aperçu (l'Afrique des Grands Lacs), et de l'écart entre une utopie et les réalités individuelles (Rwanda).Sur commande, 6 à 10 joursCOMMANDER28,00 € -

Les matérialismes philosophiques. [colloque, Cerisy-la-Salle, septembre 1995
Bourdin Jean-ClaudeRésumé : Bien qu'étant le pays classique du matérialisme, surtout aux XVIIIe et XIXe siècles, la France continue d'ignorer l'existence et l'importance des philosophies matérialistes. On persiste à croire qu'être matérialiste consiste à poursuivre de façon aveugle l'accroissement de la puissance matérielle. Quand il qualifie une philosophie, le matérialisme est une " faute " -, un réductionnisme ontologique inacceptable, et susciter un ennui profond... Renonçant à donner une simple défense du matérialisme, un colloque tenu à Cerisy-la-salle, en septembre 1995, a préféré contribuer à la suite d'autres travaux, à restituer au matérialisme sa diversité et sa vitalité philosophique. Les communications ici recueillies reflètent ce projet : - rendre compte de la diversité des formes du philosopher matérialiste dans l'histoire, à travers les modes d'écriture et les concepts spécifiques de certains auteurs (de Lucrèce à Marx, en passant par Gassendi, Molière et les philosophes des Lumières) ; - confronter le courant matérialiste des Lumières à ses adversaires, suivre sa postérité neuroscientifique et philosophique aux XIX et XXe siècle, envisager la possibilité d'un dépassement " polythétique " d'un certain matérialisme rationaliste ; - exposer les débats récents, issus du monde anglo-saxon dans le domaine de la " philosophie de l'esprit ", sur le problème de la causalité mentale dans le cadre d'un physicalisme qui doit affronter le risque ou la fécondité du réductionnisme. L'ambition de ce livre est ainsi de (re)mettre en circulation dans le monde de la philosophie des arguments, des positions et des principes d'un courant qui n'a cessé de travailler l'histoire de la philosophie et ses rapports avec les sciences.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER26,40 €
Du même éditeur
-

L'oubli du labeur. Arendt et les théories féministes du travail
Genel KatiaSoin des enfants et des personnes âgées, nettoyage, travail pénible, boulot sale et sale boulot, ces activités ont en commun d'être à la fois nécessaires et invisibles, essentielles et pourtant dévalorisées, difficiles et donc déléguées à d'autres. Elles sont souvent oubliées par les philosophies du travail comme elles le sont dans la réalité sociale. C'est paradoxalement chez Hannah Arendt, pourtant accusée d'avoir une conception réductrice du travail, que l'on trouve une catégorie permettant de les appréhender dans leur unité : celle de labeur. Modifiant la traduction usuelle de sa distinction entre travail (labor) et oeuvre (work), qui renforce l'impression d'une dépréciation du travail par rapport à l'oeuvre, nous proposons de la rendre plus littéralement par le couple du labeur (labor) et du travail (work). Apparaît dès lors chez Arendt une véritable philosophie de l'activité posant le labeur comme condition du travail, lui-même condition de l'action. A l'aide de cette catégorie, elle pointe un ensemble d'activités vouées à la reproduction de la vie qui n'ont pas "droit de cité" , mais aussi le redoublement de cet effacement avec l'avènement du social dans la modernité. Malgré l'emprise théorique qu'exerce la logique du labeur, on ne cesse de refuser de le voir, d'en dénier la nécessité comme la dureté, en le confondant avec le travail. Une convergence aussi frappante qu'inattendue peut être mise en évidence entre cette catégorie de labeur et toute une constellation de concepts issus des théories féministes : le travail domestique, reproductif, travail de care ou encore de subsistance. Ces théories ne se sont pas réclamées d'Arendt, qui elle-même ne s'est jamais revendiquée du féminisme. Mais on peut mobiliser ces concepts pour préciser le sens de la catégorie de labeur, répondre aux problèmes qu'elle soulève quant à sa teneur critique, et en esquisser un usage possible dans le cadre d'une philosophie sociale du travail renouvelée.EN STOCKCOMMANDER29,00 € -

Le passage de Jan van Eyck. Le portrait des Arnolfini et quelques réflexions sur l'histoire de l'art
Lecoq Anne-MarieAcquis par la National Gallery de Londres en 1842, le Portrait des Arnolfini de Jan van Eyck reste depuis cette date une énigme pour les historiens de l'art. Le sujet du tableau a en effet suscité de nombreuses hypothèses : s'agit-il d'une scène de mariage, de fiançailles, ou de la simple représentation d'un couple de riches bourgeois ? L'homme est-il bien Giovanni Arnolfini, un marchand de Lucques très connu dans les Flandres au XVe siècle, comme semblent l'indiquer certaines archives ? Ou quelque autre membre de sa famille ? L'oeuvre ne serait-elle pas plutôt un portrait de l'artiste, qui se serait représenté avec son épouse Marguerite ? Et si la jeune femme n'était pas enceinte, en dépit de ce que suggère son ventre proéminent ? Quant à la signature en latin du peintre, bien en vue au centre du tableau, quel sens donner à sa formulation, restée unique dans l'histoire de la peinture ? Anne-Marie Lecoq fait dans cet ouvrage inédit une passionnante recension des interprétations qui se sont succédé au cours des décennies, suscitées par tous les détails du tableau et leur symbolique supposée, pour livrer enfin - au risque de surprendre - sa propre hypothèse sur les intentions de Jan van Eyck.EN STOCKCOMMANDER25,90 € -

Chroniques de la vie rurale. Journal d'une naturaliste américaine
Fenimore Cooper Susan ; Audubon Jean-Jacques ; WilPrécédant Thoreau de quelques années, Chroniques de la vie rurale s'impose comme l'un des jalons fondateurs du naturalisme littéraire américain. Dans ce journal publié en 1851, jusqu'alors inédit en français, Susan Fenimore Cooper raconte la vie d'un village de l'Etat de New York au fil des saisons. Entre carnet de terrain et journal intime, sa prose lumineuse, jamais naïve, dit la beauté du détail et la fragilité des équilibres naturels. Fille du romancier James Fenimore Cooper, dont elle accompagna l'oeuvre et assura la postérité, Susan écrit avec la discrétion d'une sentinelle ou d'une veilleuse. Elle tisse une langue limpide et habitée, attentive à chaque nuance du paysage, à chaque oiseau, à chaque usage d'un monde rural aujourd'hui disparu. A la rigueur scientifique de ses observations répond une sensibilité poétique, qui fait de ce texte un manifeste d'écoute et de lenteur, à rebours de l'accélération contemporaine. Cette première traduction française, réalisée par Faustine Galicia, est illustrée de planches issues des Oiseaux d'Amérique de Jean-Jacques Audubon et préfacée par l'écrivaine Audrée Wilhelmy, qui, nichée dans la forêt québécoise, l'évoque en soeur : "Chroniques de la vie rurale est une leçon d'écoute : une conversation muette entre le monde extérieur et le monde intérieur. C'est dans cette correspondance subtile entre les saisons du paysage et celles de l'esprit que se forge, je crois, l'acte d'écrire".EN STOCKCOMMANDER25,50 € -

Birdsong
Vinclair Pierre ; Min Byung-Hun ; Domissy-Lee JeonCe livre est né d'un paradoxe fécond : comment écrire sur les oiseaux sans rien savoir d'eux, ou presque ? Du jour au lendemain, Pierre Vinclair se met à enquêter au fil de poèmes-minute sur ce que les oiseaux nous font, sur la manière dont ils déplacent nos idées en nuées, frôlent nos matins, habitent un monde où leur présence s'efface. Guidé par une curiosité impressionniste, Pierre Vinclair ne s'approche jamais trop près, s'émerveille que l'on entende d'abord leur chant avant de les voir ou de vouloir les nommer. Les photographies de l'artiste coréen Byung-Hun Min, dans la contemplation desquelles s'est élaboré cet essai qui est d'abord une rêverie, viennent scander le texte comme des pointillés noir et blanc.EN STOCKCOMMANDER21,00 €
