Sexualité et sociabilité en Inde du sud. Familles en péril au temps du sida
Bourdier Frédéric
KARTHALA
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EAN :9782845861572
Si l'épidémie du sida provoque la consternation en Afrique, elle pose un problème supplémentaire en Inde : dans un pays où la sexualité s'enveloppe d'un discours profondément moraliste, les actions de prévention et d'information oscillent entre une éthique de conviction et une éthique de responsabilité, sans parvenir à élaborer un compromis viable. Ce livre a moins pour ambition de développer une théorie explicative sur la diffusion de l'épidémie, même si des pistes sont forcément suggérées, que de dégager les dynamiques sociales et culturelles susceptibles de générer des situations de vulnérabilité au regard de la transmission sexuelle du VIH. Partant de faits ethnographiques diversifiés, rigoureusement détaillés et allant souvent à l'encontre des idées reçues, on se propose de mettre en lumière les relations entre parenté, stratégies d'alliance, mobilité spatiale et rencontres sexuelles. Il apparaît dès lors que la famille indienne - trop facilement reconnue pour sa cohésion, sa solidarité et maintenant valorisée comme rempart idéologique face à l'épidémie - concourt à l'isolement des individus qui n'adhèrent pas au consensus établi et à l'exclusion de ceux dont le comportement est récusé par l'univers sociofamilial. On ne peut également faire l'impasse sur la tendance grandissante des nouvelles générations à négocier, à refuser les unions imposées ni oublier le pourcentage significatif de personnes sans perspective d'alliance ou promus à se marier dans des conditions si astreignantes (mariage forcé, bigamie, projet matrimonial dès l'adolescence) que les messages de prévention imposant l'abstinence durant le célibat, et la fidélité après, relèvent de la plus totale ineptie. Dans ces conditions, la prévention au sens large ne peut se satisfaire des formules incantatoires et des simples consignes comportementales en vigueur mais doit procéder à un réaménagement des pressions et des contraintes sociales concourant à une acceptabilité très relative des stratégies de lutte contre le sida. D'où la finalité de la présente étude qui ambitionne de repérer les domaines prioritaires (labilité des discours institutionnels, discrimination, minimisation de la dimension socioculturelle et économique de l'épidémie) et les situations de vie (endettement, dot, mariages contraints, déliquescence des liens familiaux, émancipation, marginalité, réseaux mafieux) à prendre en compte afin de définir les axes d'une prévention adaptée aux particularités de la société tamoule.
Nombre de pages
438
Date de parution
01/11/2003
Poids
630g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782845861572
Auteur
Bourdier Frédéric
Editeur
KARTHALA
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160
Date de parution
20031101
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438,00 €
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Ratanakiri signifie en Khmer : " la montagne aux pierres précieuses ". L'ouvrage réunit une série de documents pour la plupart inédits concernant les interactions entre écosystèmes sociaux et écosystèmes naturels chez les populations indigènes de la province du nord-est cambodgien. Les mutations socio-économiques, géopolitiques mais aussi environnementales qui affectent les régions les plus reculées de l'Asie du sud-est, comme celle dont il est question ici, ne surgissent pas sans laisser de marques indélébiles. Les relations que les peuplades indigènes entretiennent en 2008 avec le milieu écologique qui les entoure ne seront jamais plus semblables à celles qu'il fut possible d'observer au sein de plusieurs villages en 1994 et 1995. Le recueil d'enquêtes ethnographiques transmises a posteriori ne se restreint pas à la contemplation idyllique d'un passé révolu. Sachant que toute intervention en matière de développement ne s'effectue pas dans le vide, il est encore temps pour les acteurs du développement de réaliser la nécessité de comprendre avant d'agir, de considérer les implications tragiques de ce qui est en train d'être détruit, peut-être irrémédiablement, sans qu'une véritable négociation avec les collectivités locales ait vu le jour.
Cet ouvrage décrypte les méfaits de l'industrie de la conservation sur les peuples autochtones en Asie du Sud et du Sud-Est. Un modèle de protection de la nature est mis en place par des organisations transnationales écologiques, soucieuses de préserver la planète du réchauffement climatique mais pour qui les populations locales n'ont guère le droit à la parole. Les peuples autochtones et les paysans de la forêt ont pourtant leurs propres manières de gérer la conservation des territoires qu'ils habitent et ils méritent d'être entendus. La marchandisation de la nature s'accélère depuis le protocole de Kyoto instauré en 2004, fruit du néolibéralisme. Cela distord l'entreprise de conservation désormais cooptée par des agences censées réguler le coût de la nature à protéger. Les gagnants sont les entreprises pollueuses qui se parent d'un titre de noblesse et prétendent se soucier de la protection des écosystèmes en achetant des crédits carbone au Cambodge, au Vietnam, au Laos, en Malaisie et en Inde. Ce livre offre un intérêt particulier à celles et ceux désireux de connaître les travers d'un modèle de conservation s'effectuant au détriment des peuples autochtones et, partant, voué à être sérieusement remanié.
Au cours des années ante, la province septentrionale de Ratanakiri, majoritairement habitée par des populations autochtones, devint un théâtre d'affrontement acharné entre l'armée régulière du prince Norodom Sihanouk et les dissidents ultramaoïstes cambodgiens. Le terrain n'était pas vierge : contre le pouvoir royal, des soulèvements populaires, soutenus par les troupes vietminh rompues à la guérilla, avaient préparé le terrain. Les maquisards cambodgiens, futurs leaders d'un régime de terreur, surent habilement tirer parti de ces révoltes locales et leur conférer un tout autre sens, dissimulant aux populations de la province leur intention d'instaurer un régime totalitaire. C'est à Ratanakiri que s'établit, dés 1970, la première assise khmère rouge. Bien après la guerre civile et une fois l'ordre retrouvé, les populations autochtones - qui furent parmi les premières victimes de l'Angkar (Organisation révolutionnaire ultramaoïste) - seront associées sans discernement au génocide khmer rouge. Un tel contre-sens puise ses sources dans un déni de l'histoire mêlé à une forme insidieuse de xénophobie ethnique : cela tient de l'irresponsabilité. Pour rendre mémoire et justice aux populations autochtones du Cambodge, il importe aujourd'hui que cette histoire soit restituée. C'est ce qui est réalisé dans cet ouvrage, en suivant les trajectoires d'un adolescent des hauts-plateaux de Ratanakiri, de sa famille et de son clan.
Aujourd'hui plus que jamais, face aux problèmes auxquels sont confrontées nos sociétés contemporaines, se font évidentes les limites du morcellement et de la spécialisation des domaines du savoir. Des questions vers la science émergent de l'arène sociale, sous l'effet de crises, de contradictions, de défis pratiques aussi bien que conceptuels qui les font naître. De ce métissage des origines, ces problèmes tirent leur caractère hétérogène, leur complexité. Le seul regard d'une discipline ne peut suffire à les embrasser. Leur traitement exige le croisement des angles d'approche, l'articulation des niveaux d'analyse, la collaboration des compétences. Parmi ces questions, celles qui touchent au développement des sociétés humaines apportent une illustration exemplaire de cette hybridation, de cette complexité. L'idée même de développement entraîne dans son sillage des considérations économiques, techniques, environnementales, sanitaires, politiques, culturelles, éthiques. La pratique interdisciplinaire constitue par conséquent un enjeu majeur dans ce champ de réflexion et de recherche. Réunis par une même filiation intellectuelle, par un lien partagé avec une expérience institutionnelle pionnière, les auteurs de cet ouvrage témoignent, par leurs réflexions théoriques, par leurs recherches, par leurs innovations pédagogiques, de la fécondité de l'idée interdisciplinaire et de la constance de son cheminement, par delà les obstacles que sa mise en pratique rencontre, bien qu'elle soit, depuis longtemps déjà, un sujet majeur de la réflexion scientifique et pédagogique.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.