Voici la révolte des gueux, celle qui conduisit à l'indépendance de l'Algérie. Elle est racontée dans ce roman d'une façon que nous n'avions jamais entendue. On est du côté des "parias", en plein Atlas, où les fellahs étouffent sous des lois séculaires, encerclés, assaillis, menacés sans répit par la colonisation qui les refoule, qui les contient chaque jour un peu plus. Les héros de cette guerre qui commence sont ces mêmes fellahs irréductibles et farouches qui vivent en portant "l'honneur sur le nez", fidèles à leurs traditions et à leurs rites qui n'ont pas changé depuis le temps où ils luttaient contre les Romains ou contre l'Empire ottoman. L'avant-garde, trahie par le Parti, est composée d'une poignée d'hommes. Dans le Nord-Constantinois, l'un d'eux, Si Salah, va de village en village accomplir le travail souterrain qui va permettre de lever une armée de libération nationale autour de laquelle va s'unir et se déchaîner un peuple tout entier. Azzédine Bounemeur nous montre les fellahs avec un lyrisme sans emphase : la moisson, les danses des femmes, un mariage, autant de gestes, de cérémonies où un peuple transcende sa misère et proclame sa foi.
Nombre de pages
348
Date de parution
03/10/1985
Poids
370g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070704613
Titre
Les lions de la nuit
Auteur
Bounemeur Azzédine
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
370
Date de parution
19851003
Nombre de pages
348,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Epopée ou microcosme, l'histoire d'Hassan se passe en Algérie au plus fort de l'ère coloniale. Pour les paysans pauvres qui vivent aux confins de l'Atlas, dépouillés, contenus et refoulés dans l'arrière-pays, sur les pentes arides et raides en lames de couteau, sous le régime des communes mixtes (régime militaire) et la main de fer des caïds, potentats locaux cruels, cyniques et implacables, il n'y a que deux solutions : mourir de faim en travaillant pour une part misérable les années de mauvaise récolte, ou se révolter et devenir un bandit, un hors-la-loi. Hassan se retrouve malgré lui projeté en avant de l'histoire, après le meurtre de son père tué par les hommes de main du caïd. Il connaît la misère la plus noire avant de se joindre à la bande de Boucetta, le chef des bandits, dans l'espoir de se venger. Pris avec eux dans un guet-apens tendu par le caïd, ses hommes de main et les gendarmes, à la lisière de la forêt où ils veulent se cacher, Hassan seul en réchappe. Ayant appris que sa mère et son frère ont péri dans l'incendie criminel de leur maison, il décide d'accomplir son voeu. En tuant le caïd il devient une sorte de héros populaire, magnifié par les paysans et préfigurant le libérateur. Concret et saisissant, fait de brèves scènes âpres, ce roman montre les haines paysannes, la férocité des coeurs et les durs affrontements annonciateurs de grands bouleversements.
Avec le souffle de l'épopée, Azzédine Bounemeur poursuit sa fresque sur la guerre d'Algérie commencée avec Les bandits de l'Atlas et Les lions de la nuit. Il entraîne le lecteur avec lui dans l'Algérie d'alors, traumatisée, secouée, déchiquetée et où chacun finit par trouver son camp. L'armée française s'installe dans les bourgs et prépare le quadrillage. Les insurgés, eux, s'efforcent du mieux qu'ils peuvent d'organiser et d'étendre l'insurrection malgré les privations, l'isolement, le manque crucial d'armes et la trahison. Si Rachid et Si Salah se surpassent pour rassembler dans un seul idéal révolutionnaire tous les fellahs de l'Atlas. La fresque guerrière se hausse ici à un niveau de courage et de cruauté rarement atteint. Azzédine Bounemeur y apporte sa rage de liberté, sa foi, sa force lyrique.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.