Paul Klee, bien souvent, est perçu comme l'artiste qui a tenté une transposition plastique de la musique. S'il ne fait pas de doute que sa formation musicale était des plus solides, que toute sa vie il a été passionné de musique, est-ce cet aspect de son ?uvre qui peut intéresser un musicien? Le passage de l'une à l'autre technique est-il un leurre? Voilà à quoi répond le livre de Pierre Boulez. II découvre Klee en 1947, pendant le premier festival d'Avignon, alors qu'il a lui-même composé plusieurs ?uvres. Les toiles accrochées dans l'exposition organisée par Christian Zervos l'ont tout de suite impressionné. Ce n'est pas tant les correspondances musicales qui le frappent que les problèmes posés par le peintre et les solutions qu'il y apporte. Quelques années plus tard, lisant les cours du Bauhaus, la particulière intelligence de Klee lui deviendra encore plus évidente. Sans être inspiré le moins du monde par lui, il rencontrera chez Klee une réflexion sur le phénomène de la création qui rejoint ses propres préoccupations.Pierre Boulez ne pense pas qu'une quelconque traduction des formes musicales, surtout celles qui sont régies par les règles les plus strictes, puissent avoir une traduction picturale. Mais il est persuadé que tel type d'approche, telle manière de résoudre une difficulté dans les dimensions d'un tableau peuvent à profit se retrouver dans une autre discipline. Plus que tout, il admire le pouvoir de déduction du peintre, il souligne combien la réflexion à laquelle par là il a été lui-même conduit a, plus d'une fois, été une très efficace leçon de composition. Paule Thévenin
Nombre de pages
175
Date de parution
20/03/2008
Poids
960g
Largeur
197mm
Plus d'informations
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EAN
9782070121076
Titre
Le pays fertile
Auteur
Boulez Pierre ; Klee Paul ; Thévenin Paule
Editeur
GALLIMARD
Largeur
197
Poids
960
Date de parution
20080320
Nombre de pages
175,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Pierre Boulez (1925-2016) demeure l'un des plus grands et des plus prestigieux musiciens de notre temps. Mais aussi l'un des plus "abstraits" dit-on : il est exact qu'il serait bien difficile de trouver dans sa musique, comme il l'avoue lui-même, des éléments un tant soit peu personnels, "l'arrière-histoire", aurait dit René Char, de l'une des démarches créatrices les plus radicales du siècle. Ces conversations à bâtons rompus - sur le modèle des Entretiens de Francis Bacon avec Michel Archimbaud (Folio Essais n° 289) - sur la musique, et plus largement la culture, permettent au lecteur de découvrir derrière l'austère théoricien, le polémiste véhément, le chef admiré et mondialement connu, un homme enthousiaste et chaleureux que la passion de la musique et de la vie sous toutes ses formes constamment anime. Point n'est besoin de grandes connaissances musicales : ceux qui sont déjà familiers de l'oeuvre y retrouveront le rythme de la phrase, le martelé de la voix, l'ardeur du propos de Boulez. Les autres, grâce aux qualités didactiques bien connues du musicien et à l'enthousiasme communicatif de sa conversation, suivront le parcours d'un créateur solaire et trouveront des repères pour la musique d'hier, d'aujourd'hui et de demain, tracés avec l'acuité du spécialiste et les bonheurs du passionné.
Pierre Boulez, compositeur, a toujours su conjuguer en lui-même le poète des sons et le praticien se dotant des tables de la loi musicale pour les briser dès que possible. A divers moments de son itinéraire de créateur, il a éprouvé la nécessité d'écrire comme pour soumettre à l'épreuve du verbe ses intuitions étayées d'analyses parfois méticuleuses avant d'aller au-delà d'elles en composant. Ce livre rassemble des conférences données à Darmstadt au début des années 60 alors que Boulez élabore Pli selon Pli. Elles correspondent à ce qu'écrivait naguère de Boulez son ami Michel Foucault : "L'essentiel pour lui était là : penser la pratique au plus près de ses nécessités internes sans se plier, comme si elles étaient de souveraines exigences, à aucunes d'elles. Quel est donc le rôle de la pensée dans ce qu'on fait si elle ne doit être ni simple savoir-faire ni pure théorie ? Boulez le montrait : donner la force de rompre les règles dans l'acte même qui les fait jouer."
Pierre Boulez n'est pas seulement le compositeur d'oeuvres marquantes du XXème siècle, Le Marteau sans maître, Pli selon Pli, Répons, Sur Incises... C'est aussi un des plus grands chefs d'orchestre de sa génération : de l'Opéra de Paris à Covent Garden et Bayreuth, du Domaine Muscial à l'Ensemble InterContemporain, il aura aussi dirigé les orchestres les plus prestigieux : l'orchestre de la BBC, le London Symphonic Orchestra, et les orchestres de Berlin, Chicago, Cleveland, Los Angeles, Vienne, New York... Dans ces entretiens avec Cécile Gilly sur la direction d'orchestre, il évoque non seulement les grands moments de sa carrière comme chef, mais pénètre les arcanes du métier : l'apport des grands compositeurs-chefs d'orchestre (Berlioz, Wagner, Mahler, Strauss), le rapport entre son expérience de compositeur, la partition et le geste du chef et l'enseignement de la direction.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.