Pierre Boulez (1925-2016) demeure l'un des plus grands et des plus prestigieux musiciens de notre temps. Mais aussi l'un des plus "abstraits" dit-on : il est exact qu'il serait bien difficile de trouver dans sa musique, comme il l'avoue lui-même, des éléments un tant soit peu personnels, "l'arrière-histoire", aurait dit René Char, de l'une des démarches créatrices les plus radicales du siècle. Ces conversations à bâtons rompus - sur le modèle des Entretiens de Francis Bacon avec Michel Archimbaud (Folio Essais n° 289) - sur la musique, et plus largement la culture, permettent au lecteur de découvrir derrière l'austère théoricien, le polémiste véhément, le chef admiré et mondialement connu, un homme enthousiaste et chaleureux que la passion de la musique et de la vie sous toutes ses formes constamment anime. Point n'est besoin de grandes connaissances musicales : ceux qui sont déjà familiers de l'oeuvre y retrouveront le rythme de la phrase, le martelé de la voix, l'ardeur du propos de Boulez. Les autres, grâce aux qualités didactiques bien connues du musicien et à l'enthousiasme communicatif de sa conversation, suivront le parcours d'un créateur solaire et trouveront des repères pour la musique d'hier, d'aujourd'hui et de demain, tracés avec l'acuité du spécialiste et les bonheurs du passionné.
Résumé : Pierre Boulez, compositeur, a toujours su conjuguer en lui-même le poète des sons et le praticien se dotant des tables de la loi musicale pour les briser dès que possible. A divers moments de son itinéraire de créateur, il a éprouvé la nécessité d'écrire comme pour soumettre à l'épreuve du verbe ses intuitions étayées d'analyses parfois méticuleuses avant d'aller au-delà d'elles en composant. Ce livre rassemble des conférences données à Darmstadt au début des années 60 alors que Boulez élabore Pli selon Pli. Elles correspondent à ce qu'écrivait naguère de Boulez son ami Michel Foucault : "L'essentiel pour lui était là : penser la pratique au plus près de ses nécessités internes sans se plier, comme si elles étaient de souveraines exigences, à aucunes d'elles. Quel est donc le rôle de la pensée dans ce qu'on fait si elle ne doit être ni simple savoir-faire ni pure théorie ? Boulez le montrait : donner la force de rompre les règles dans l'acte même qui les fait jouer."
Pierre Boulez n'est pas seulement le compositeur d'oeuvres marquantes du XXème siècle, Le Marteau sans maître, Pli selon Pli, Répons, Sur Incises... C'est aussi un des plus grands chefs d'orchestre de sa génération : de l'Opéra de Paris à Covent Garden et Bayreuth, du Domaine Muscial à l'Ensemble InterContemporain, il aura aussi dirigé les orchestres les plus prestigieux : l'orchestre de la BBC, le London Symphonic Orchestra, et les orchestres de Berlin, Chicago, Cleveland, Los Angeles, Vienne, New York... Dans ces entretiens avec Cécile Gilly sur la direction d'orchestre, il évoque non seulement les grands moments de sa carrière comme chef, mais pénètre les arcanes du métier : l'apport des grands compositeurs-chefs d'orchestre (Berlioz, Wagner, Mahler, Strauss), le rapport entre son expérience de compositeur, la partition et le geste du chef et l'enseignement de la direction.
Dans ce récit mettant en scène une adolescente aux prises avec des réalités qui la dépassent, Jean Molla revient sur un des épisodes les plus tragiques du siècle dernier. Ce roman, au succès critique et populaire, a été récompensé par plus de dix prix littéraires et a été traduit en six langues.4e de couverture : Emma est une jeune femme atteinte d'anorexie. Appréhendée dans un supermarché pour vol, elle ne peut qu'expliquer : "Je l'ai fait pour qu'on m'arrête." Pourtant, Emma veut savoir, Emma veut comprendre. "Sobibor", ce nom, prononcé par sa grand-mère polonaise peu avant sa mort, lui apportera plus que de simples réponses. Dans ce récit mettant en scène une adolescente aux prises avec des réalités qui la dépassent, Jean Molla revient sur un des épisodes les plus tragiques du siècle dernier. Ce roman, au succès critique et populaire, a été récompensé par plus de dix prix littéraires et a été traduit en six langues.Notes Biographiques : Jean Molla est né en 1958 à Oujda, au Maroc. Il a fait des études de lettres à Tours et à Poitiers puis, un peu par hasard, des études de tourisme. Il a été successivement apiculteur, professeur de guitare classique et guide dans un musée pour finalement devenir professeur de lettres. Après avoir enseigné dans de nombreux établissements de la Vienne et du Nord de la France, il exerce aujourd'hui dans un collège de ZEP, à Poitiers. Ce n'est qu'en 2000 que Jean Molla a commencé d'écrire, juste avant la naissance de son troisième garçon.
Mia, va-t'en et ne rentre pas. Ces histoires de racines, ce n'est rien d'autre qu'une manière de te clouer au sol, alors peu importent le passé, la maison, les objets, les souvenirs. Allume un grand incendie et emporte le feu. " Mia et Inès, enfants de la troisième génération de la famille Belhaj, grandissent dans le Maroc des années 1980 et 1990. Eprises d'indépendance comme leur grand-mère Mathilde, leur mère Aicha ou leur tante Selma, elles font face à un dilemme : pour être libres, faut-il partir ou rester ? Dans l'exil ou dans la solitude, elles devront se faire une place, apprendre de nouveaux codes, affronter les préjugés, le racisme parfois. Troisième et dernier volet du Pays des autres, J'emporterai le feu offre un dénouement splendide à une saga familiale puissamment poétique et romanesque.
Vous voulez vous venger de l'avarice de votre maître ? Faites-lui croire qu'une troupe imaginaire de spadassins est à sa poursuite et que vous avez trouvé un moyen de le sauver. Prenez un sac. Mettez l'homme dans ce sac et prenez soin de bien le fermer. Promenez-le un peu sur votre dos à travers la ville. Profitez-en pour le rouer de temps à autre de coups de bâton. Mais prenez garde que votre victime ne découvre la supercherie...
Résumé : 1er septembre 1977, Maria Callas est chez elle, dans son grand appartement parisien de l'avenue Georges-Mandel, seule. Rideaux tirés, elle regarde les photos de ses rôles, réécoute ses disques et se souvient de sa vie. Elle disparaît le 16 septembre au matin. On a dit que le grand air de Tosca, Vissi d'arte, vissi d'amore ("J'ai vécu d'art, j'ai vécu d'amour") résumait toute son existence : elle a vécu d'art, c'est certain, mais d'amour ? Dans ce récit émouvant en forme de journal imaginaire, Alain Duault revit les deux dernières semaines de la diva. Il se glisse dans sa peau comme dans ses rôles, explore son existence flamboyante et douloureuse passée aux côtés de personnalités qui, chacune à sa manière, partagèrent sa vie, tels Luchino Visconti ou Aristote Onassis. Des vivas sur les plus grandes scènes d'opéra du monde aux turpitudes de sa vie amoureuse, Maria Callas dévoile ainsi, dans ce qui pourrait être son testament, une partie de ses mystères et de ses ombres.