Survivre aux empires. Islam, identité nationale et allégeances politiques en Bosnie-Herzégovine
Bougarel Xavier
KARTHALA
28,01 €
Sur commande en 6-8 jours
EAN :9782811113070
Entre 1992 et 1995, la Bosnie-Herzégovine a été le théâtre d'une guerre sanglante, symbolisée par le siège de Sarajevo et le massacre de Srebrenica. Depuis, elle reste tiraillée entre les aspirations divergentes de ses trois communautés bosniaque (musulmane), serbe (orthodoxe) et croate (catholique). Toutefois, l'histoire post-ottomane de la Bosnie-Herzégovine n'est pas seulement marquée par la montée des idéologies nationalistes, mais aussi par la rémanence des logiques impériales. Du reste, de 1918 à 1992, la Yougoslavie fut-elle autre chose qu'un petit Empire sud-slave ? Dans ce contexte, l'histoire des musulmans bosniens reste singulière. Jusqu'aux années 1960, ceux-ci restent en effet étrangers à toute identification nationale et se replient sur leur identité religieuse. En 1968 seulement, la Yougoslavie communiste reconnaît l'existence d'une nation musulmane. Mais, dans le même temps, la modernisation accélérée de la société bosnienne se traduit par sa sécularisation rapide. En 1993, alors que la guerre fait rage, le nom national "Musulman" est abandonné au profit du nom "Bosniaque", mais la mise en avant de l'islam comme élément central de la nouvelle identité bosniaque s'accompagne de diverses tentatives de réislamisation. Finalement, les dirigeants bosniaques n'assurent la survie de leur communauté qu'en internationalisant le conflit bosnien et, jusqu'à aujourd'hui, ils restent confrontés aux paradoxes constitutifs de l'identité nationale bosniaque. Basé sur de nombreux séjours sur le terrain et sur une connaissance intime des sources écrites, cet ouvrage constitue une analyse novatrice de l'histoire post-ottomane et post-communiste des musulmans bosniens. Il explore des aspects méconnus de la crise yougoslave, rend compréhensibles les ambiguïtés autour desquelles s'est constituée l'identité nationale bosniaque, reconstitue les transformations de l'islam bosnien, de la fin de l'époque ottomane à nos jours. Ce faisant, il renouvelle les réflexions sur les guerres et les après-guerres de l'espace yougoslave, sur la constitution des identités nationales et la force des héritages impériaux en Europe de l'Est, et sur la présence de l'islam en Europe.
Nombre de pages
384
Date de parution
21/05/2015
Poids
610g
Largeur
160mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782811113070
Auteur
Bougarel Xavier
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20150521
Nombre de pages
384,00 €
Disponibilité
Sur commande en 6-8 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
La 13e division SS Handschar, créée en 1943, est une troupe musulmane originaire de Bosnie-Herzégovine. Recrutée par les Allemands, elle regroupe des Bosniaques chargés de lutter contre les partisans yougoslaves. Une fois entraînés sur le territoire français, ces combattants sont déployés dans les campagnes de Bosnie et contribuent aux plus grandes violences et exactions perpétrées contres les populations civiles durant la Seconde Guerre mondiale. Pour la première fois, un ouvrage va au-delà des clichés qui président à l'histoire de cette division. Xavier Bougarel, grand connaisseur des archives locales, s'intéresse aux motifs réels de la création de cette division SS, au profil et aux motivations de ses combattants, à la vie religieuse en son sein, aux formes de son engagement contre les partisans de Tito, et aux raisons de sa dislocation finale. Ce faisant, il propose aussi une nouvelle lecture de la Seconde Guerre mondiale dans les Balkans, marquée par l'importance des enjeux matériels, la multiplicité des stratégies individuelles de survie, et les changements incessants d'alliance et d'allégeance politiques et militaires.
Les polémiques qui ont porté sur le conflit bosniaque, souvent perçu comme incompréhensible, ont laissé dans l'obscurité des mécanismes essentiels de cette guerre. Cet ouvrage contribue à les éclairer. Quelle est l'histoire du communautarisme en Bosnie ? Cette république pouvait-elle survivre à l'éclatement de la Yougoslavie ? Comment le voisin d'hier a pu se transformer en criminel ? Pourquoi cette guerre a connu des situations militaires si complexes ? Pourquoi, au lieu d'une " économie de guerre ", s'est développée une " économie mafieuse "...
Qui se souvient encore des partisans yougoslaves de Tito, le plus important mouvement de résistance armée dans l'Europe occupée ? Adulé hier par les uns, dénigré aujourd'hui par les autres (ou par les mêmes), il reste largement inconnu du public français. Cet ouvrage permet au lecteur de découvrir ce mouvement au plus près, non par le récit de batailles épiques, mais par la reconstitution minutieuse de la vie dans les territoires libérés. Comment les partisans ont-ils restauré la communauté des peuples yougoslaves ? Comment organisaient-ils la participation politique de la paysannerie, de la jeunesse, des femmes ? Quel était le rôle du Parti communiste ? Sur quelles bases reposait l'économie des territoires libérés ? Quelle conception les partisans avaient-ils de la justice, de la vengeance et du pardon ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles l'auteur entreprend de répondre.
L'Europe du Sud-Est, qui s'étend de la Croatie à la Grèce et de l'Albanie à la Bulgarie, compte environ huit millions d'habitants de culture musulmane. Albanais, Bosniaques, Turcs, Roms, ils sont les descendants de populations converties à l'islam ou installées là pendant la période ottomane. Dans cet ouvrage sont présentées les transformations sociales, politiques et religieuses rencontrées par ces populations aux XIXe et XXe siècles, période marquée par la disparition des Empires ottoman, austro-hongrois et russe, et par la formation des différents États balkaniques. Sur le plan politique, les musulmans de l'Europe du Sud-Est ont connu une lente et complexe cristallisation de leurs identités nationales respectives. Celle-ci s'est accélérée après 1945 sous les effets de la modernisation communiste et a débouché à la fin du XXe siècle sur des mobilisations nationalistes symbolisées par l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine et du Kosovo, dans le cadre de l'éclatement de l'ex-Yougoslavie. Sur le plan religieux, ils sont longtemps restés liés aux institutions religieuses de l'Empire ottoman, ainsi qu'à divers réseaux scolaires, confrériques et intellectuels. Après la parenthèse communiste, de nouveaux réseaux sont apparus, de type néosalafiste ou néo-confrérique notamment. Mais les musulmans balkaniques n'ont pas échappé aux processus de sécularisation à l'œuvre dans l'ensemble de l'Europe. Cet ouvrage éclaire ainsi d'un jour nouveau les bouleversements qu'a connus le continent européen au cours des deux derniers siècles et renouvelle les réflexions actuelles sur la place de l'islam en Europe. Nathalie Clayer et Xavier Bougarel sont chercheurs au Centre d'études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBAC). Nathalie Clayer est spécialiste des questions religieuses et nationales dans l'Europe du Sud-Est aux époques ottomane et post-ottomane. Xavier Bougarel est spécialiste de l'islam en Europe du Sud-Est et des guerres et après-guerres en ex-Yougoslavie.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.