Denis Levioux passe en Cour d'Assises pour avoir cambriolé et à demi assommé son patron, Dupré. Il ne sera acquitté que sur la demande généreuse de Dupré lui-même, qui pousse la grandeur d'âme jusqu'à reprendre avec lui son employé repentant. Entre Denis, ivre de reconnaissance, et Dupré, ivre de magnanimité, la vie reprend. Mais de tels sentiments sont un peu lourds à porter longtemps ; l'atmosphère parfois s'épaissit ou se trouble. La petite Marcelle, sans penser à mal, introduira dans ce mélange en mauvais équilibre un corps nouveau qui le troublera définitivement. Les remords mêmes qu'a entretenus Denis lui ont rendu plus pénible encore le poids de la reconnaissance ; peut-être aussi la générosité de Dupré n'est-elle pas toujours très pure. La présence de Marcelle place les deux hommes sur un plan plus humain que celui où des sentiments trop graves les retenaient, un peu malgré eux. Méfiances et rivalités les rendent à eux-mêmes. Et quand Denis se retrouvera dans des circonstances qui lui rappelleront sa première faute, ce sera à la fois la colère, la passion, et même, encore, son remords, qui le guideront vers un inévitable dénouement... Le vrai sujet de Porte-malheur, plus encore que l'évolution des sentiments chez les héros, c'est l'évolution même de ce crime inachevé. Le premier drame, incomplet, portait en soi le drame définitif des dernières pages. Dupré et Denis Levioux, à travers tout ce récit, ne peuvent que travailler à l'accomplissement parfait de la catastrophe. Quand Denis s'y jette enfin, c'est pour se venger de tout et de soi-même, pour fuir, fût-ce dans la mort, des événements qui le cernent de toutes parts. Le mot fatalité n'est pas trop lourd, même pour cette aventure qui se déroule dans un petit garage d'un quartier populaire. Le "court métrage" de ce récit ne permet pas de l'appeler : roman. Ce n'est pourtant pas exactement une nouvelle ; il faudrait pour cela que l'anecdote fût plus resserrée dans le temps, ou que le portrait d'un personnage, au premier plan, fût le centre unique de ce livre. S'il n'est pas de mot exact qu'on puisse appliquer à ce petit volume, je dirai seulement que c'est un récit qui s'est imposé à moi, comme un repos et une préparation, entre le long effort du Scandale et un autre effort, aussi long, et déjà commencé". Pierre Bost.
Nombre de pages
160
Date de parution
16/06/1932
Poids
250g
Largeur
118mm
Plus d'informations
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EAN
9782070208982
Titre
Porte-malheur
Auteur
Bost Pierre
Editeur
GALLIMARD
Largeur
118
Poids
250
Date de parution
19320616
Nombre de pages
160,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le mauvais train qui mentraînait passait très haut au-dessus de la plaine couverte de neige. Couvertes de neiges aussi les montagnes, et très haut au-dessus de la neige nous passions. Des villages étaient en bas, très loin de moi, et jai essayé contre vous, petites lumières si bas sur la neige toutes les métaphores et toutes les images, et jen ai trouvé de nouvelles qui me plaisaient, mais jamais je nai pu faire de vous autre chose que, là-bas, les feux des villages sur la plaine couverte de neige, car cest cela que vous étiez. Jarrivais de loin, jallais plus loin encore et doù je venais, jemportais des choses pour ne pas les oublier. Plus haut, dans la neige, javais laissé des maisons ; les unes avaient un toit de bois où la neige restait épaisse, dautres avaient un toit de zinc et la neige en avait fondu, laissant aux gouttières pendre des pointes de glace. Des hommes et des femmes restaient là-haut après moi, qui continuaient une vie où je nétais rien, mais que javais voulu regarder un moment. Des hommes et des femmes, et des bêtes aussi puisque cest des chats que je veux vous parler".
Recueil de six nouvelles : Un grand personnage ou Monsieur le Président ; Crime passionnel ; Allô ! Allô ! ; Orage sans orage ; Une femme nature ; Un billet de Troisième.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.