Un homme d'une quarantaine d'années, Milo, s'installe dans une maison familiale, située dans les Bouches-du-Rhône et abandonnée depuis longtemps. Il y vit en marginal, travaillant au noir à l écart des habitants du village. On le découvre hanté par des cauchemars fratricides et le souvenir d'une ancienne compagne. Parce qu il refuse d avoir un enfant avec celle qu il aime et qui le lui demande, Milo a fait délibérément un pas de côté par rapport au cours logique de l existence. En opposant un refus radical au destin qui lui semblait assigné, Milo s aventure, tel un funambule sur le fil fragile de l existence, en quête d une vie nouvelle. Milo pourrait s apparenter à un roman d apprentissage. Or, de cheminements hasardeux en errances volubiles, c est à un roman de la reconstruction que le lecteur s avère convié. Par un véritable travail de sape, en usinant ou en coupant, en découpant, puis en clouant, le personnage cherche comment il pourra à nouveau prendre part à la vie. Bien plus qu un cheminement individuel, c est la fresque entière d une époque qui prend forme sous nos yeux. On lit certains romans pour savoir; Milo, il s agirait plutôt de l écouter. La voix du personnage et celle du narrateur-auteur s entremêlent au point de faire apparaître, en poussant la dissonance jusqu à son paroxysme, de terribles moments de crise mais aussi de véritables états de grâce. D ailleurs, cette voix ne manque pas de faire écho, parfois, à l écriture de Samuel Beckett. Sous l apanage d une tournure littéraire foncièrement classique auquel l auteur prend un malin plaisir à tordre le cou, entre autodafé et feu de joie, Milo nous donne à voir le parcours d un homme qui a choisi l errance afin de se réconcilier avec le monde.
Date de parution
21/08/2009
Poids
207g
Largeur
116mm
Plus d'informations
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EAN
9782844853189
Titre
MILO
Auteur
BOSC DAVID
Editeur
ALLIA
Largeur
116
Poids
207
Date de parution
20090821
Disponibilité
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L?écrivain et critique David Bosc tente dans ce court texte de penser le rapport singulier que les écrivains peuvent entretenir avec le langage. Son texte s?ouvre sur l?adage fameux de Nicolas Boileau, selon lequel « Ce que l?on conçoit bien s?énonce clairement ». Cette affirmation est d?emblée mise en regard d?autres citations qui constituent autant de témoignages d?écrivains sur leur expérience. David Bosc, en lecteur et en écrivain, entre en dialogue avec ces voix plurielles et s?interroge avec elles sur la place de l?intention et du rythme dans l?écriture, sur ce qui peut pousser à écrire, ou sur ce qu?on peut entendre ou désigner par auteur ou créateur. Il se fraie un chemin à travers des mots dont il fait entendre toute l?épaisseur de sens : celui d?instance, par exemple, qui serait peut-être plus juste que celui d?auteur pour penser la création. Il fait ainsi résonner, dans ce tissage de voix d?autres «praticiens» et penseurs, , et ce depuis leur singularité, une expérience commune de l?écriture, celle d?un non-savoir, et d?une aventure qui relève moins d?une intention maîtrisée que d?un perdre pied au sein du langage. Ce texte reprend une conférence prononcée au Banquet du livre d?automne de Lagrasse, le 29 octobre 2016.
Sonia cherche à se perdre dans les rues ravagées de Londres, dans la ville rendue à la nuit par le black-out, dans les forêts environnantes, dans les caves à jazz, dans l'emmêlement des corps et dans les méandres de ses propres dessins. Poursuivant un désir à quoi rien ne saurait répondre, elle amorce un envol qui n'aura pas de fin. Quand on a vécu son enfance dans une absolue liberté et que l'entrée dans l'âge adulte ne s'est assortie d'aucun harnais, d'aucune obligation ni désir de servir, de consacrer les bonnes heures du jour au travail, aux soins des enfants ou des animaux, alors la faim de liberté se déplace, elle mute, elle trouve aussitôt d'autres murs à quoi se heurter, d'autres insuffisances : la société, bien sûr, la liberté qu'on n'a pas d'y faire ceci, d'y être cela, mais aussi la limitation du corps et la limitation de l'esprit. Sonia voudrait ne plus avoir de nom, ne plus avoir de langage, ne plus avoir de visage. Elle croit qu'il y a mieux à faire que d'être à son tour une personne et que chacun peut devenir une suite ininterrompue d'événements : par contagions et par alliances, en trahissant l'espèce, le genre et la communauté.
Voici quelques mois, Jean François Billeter a perdu Wen, son épouse. Face à ce drame, l'auteur a décidé de faire oeuvre utile, de partager les sentiments qui l'ont traversé et les observations qu'il a pu faire dans cette période agitée. Dans ce récit entre confession et journal de bord, il décrit les "opérations salvatrices" qui se produisent en lui au fil du temps. Mais ces observations ne touchent ni la seule personne de l'auteur, ni celle de son épouse en particulier, mais quiconque se trouve confronté à une telle situation. De tels bouleversements sont riches en enseignements : ils nous apprennent "de quoi nous sommes faits". A la précision de l'observation s'ajoute la clarté du style, dans cet ouvrage qui répond à la nécessité de partager une expérience intime à caractère universel.
Mahomet eut beau vouloir relever, en théorie, la condition du sexe dont les charmes ont agi si profondément sur sa sensibilité poétique, en dépit de ses intentions, l'islam la dégrada. Il a protégé les femmes contre l'agression de l'homme, mais il les a étouffées en rendant difficile l'échange entre elles et la société qui les entoure, et par là, il leur a ôté es moyens mêmes d eprofiter de cette protection". Mansour Fahmy
En 1881, le professeur Lacassagne réalisait une enquête consistant à relever et classer les tatouages sur des criminels. Ce document précieux constitue la seule trace qui nous reste de cet art de l'éphémère. Le tatouage, c'est l'autobiographie de ceux qui ne savent pas écrire : première femme aimée, amant disparu, mère adorée, tous se retrouvent inscrits, à fleur de peau. La présente anthologie, présentée par Philippe Artières, offre l'enquête du professeur Lacassagne proprement dite, qui constitue une véritable typologie des différentes sortes de tatouages (soldats, prisonniers, marins, prostituées, etc.), accompagnée de remarques sur les individus qui les arborent, ainsi que plusieurs "vies de tatoués", où l'on apprend les péripéties, le plus souvent criminelles qui se rattachent à ces inscriptions, et enfin la reproduction d'une cinquantaine de tatouages choisis parmi les plus extraordinaires.