« Que devient la paroisse ? Quel est son avenir ? La paroisse est née et s'est développée dans un régime de chrétienté au point de donner lieu à ce qu'il est convenu d'appeler la civilisation paroissiale". Jusqu'à il y a peu, sous son clocher, les gens naissaient, demeuraient, travaillaient, priaient, festoyaient, et goûtaient au repos éternel. Sous l'autorité du curé, tous partageaient un fort sentiment d'appartenance locale. C'est dans ce cadre que la foi s'est transmise. Depuis le 19e siècle, la paroisse n'a cessé d'être malmenée. L'urbanisation et la technicité de nos sociétés ont contribué à instaurer un autre rapport au temps et à l'espace. L'avènement d'une culture du sujet, un sujet qui construit son identité plus qu'il ne la reçoit (qui, peut-être, voudra choisir sa paroisse) prend l'institution ecclésiale à contre-pied. La foi se privatise, les États modernes se déconfessionnalisent. Aujourd'hui, la paroisse est profondément bouleversée. Le réseau paroissial hérité du passé apparaît par conséquent comme un costume trop large : moins de catholiques se référant à la paroisse de leur résidence et, corrélativement, moins de catholiques participant à la vie et au rayonnement de leur paroisse. À bien des égards, la réalité paroissiale est ainsi devenue le lieu symbolique de bouleversements qui affectent la place et le rôle de l'Église dans nos sociétés. L'Église n'est plus "au milieu du village". [...] Depuis une trentaine d'années, plus de trois quarts des diocèses français ont procédé à un remodelage paroissial, soit en regroupant ou fédérant des paroisses sous la houlette d'un même curé avec des appellations différentes (secteurs pastoraux, communautés de paroisses, unités pastorales, etc.), soit en créant formellement de "nouvelles paroisses", après suppression des anciennes. La réalité paroissiale actuelle est donc "multicampanaire" elle intègre plusieurs clochers sous lesquels sont assurés collectivement les fonctions et services de l'institution paroissiale. [...] Ce dossier ne prétend pas épuiser un si vaste sujet. Il offre d'abord un éclairage historique puis des éléments de réflexion qui permettent aux lecteurs d'affronter avec un certain recul leur propre réalité paroissiale et de se poser avec audace et sérénité la question de l'avenir dans un monde sécularisé et une société multireligieuse. » [Alphonse Borras]--?What is becoming of the parish? What is its future? The parish was born and developed in a Christian regime to the point of producing what is commonly called the "parish civilisation". Until a short time ago, people were born, lived, worked, prayed, celebrated and enjoyed eternal rest under its steeple. Under the authority of a priest, people felt a strong awareness of local belonging. It was in this framework that faith was transmitted. Since the 19th century, the parish has been in constant decline. Urbanisation and the technical aspect of our society have contributed to create a different relation with time and space. A culture of the subject has emerged, a subject whose identity is built more than received (and who, perhaps, would prefer to choose his parish). The ecclesial institution was ill-prepared for this change. Faith has become a private affair, fewer modern States are confessional. Today, the parish is deeply altered. ?The parish network inherited from the past consequently appears to be too big: fewer Catholics refer to the parish of their residence and, correspondingly, fewer Catholics participate in the life and the well-being of their parish. In many ways, the parish has become a symbol of all the upsets that affect the role of the Church in our societies. The Church is no longer "in the centre of the village" [...] ?For the last thirty years, more than three-quarters of the dioceses in France have re-organized their parishes, either by regrouping or federating them under the same priest with different names (pastoral sectors, parish communities, pastoral unities, etc.), or by formally creating "new parishes" after dissolving the old ones. In reality, this means integrating several churches and congregations whose functions and services are provided by a collective parish institution. [...] ?This dossier does not claim to give an exhaustive account of the subject. Firstly, it offers a historical view then some elements for reflection which will help readers view their own pastoral reality from a certain distance and reflect, with boldness and serenity, on the future of the parish in a secularised world and a multi-religious society.' [Alphonse Borras]"
Le peuple de Dieu a du "flair", a dit le pape François (17 octobre 2015). Ce qui permet de "discerner les nouvelles routes que le Seigneur ouvre à son Eglise". La plupart des diocèses d'Europe occidentale et d'Amérique du Nord sont confrontés à une diminution croissante du nombre de prêtres. Beaucoup de catholiques sont désarçonnés devant cette évolution. Certains s'en réjouissent. Elle ouvrirait la voie à l'Eglise de demain. Il n'empêche que la précarité relative - bientôt absolue dans certains diocèses - interpelle les évêques qui doivent pourvoir à la direction pastorale des paroisses et aumôneries. Par l'écoute - et l'écoute réciproque - les différents acteurs de la vie de l'Eglise, les fidèles et leurs pasteurs, sans oublier théologiens et canonistes, sont appelés à discerner les réponses et ripostes qui s'imposent. A cet effet, la théologie et le droit canonique offrent des ressources utiles pour examiner la situation propre à chaque Eglise locale, stimuler la réflexion et le débat en Eglise et dégager les voies pour assumer judicieusement et opportunément la présidence ecclésiale et eucharistique des communautés. La question est sérieuse.
J'ai tenu à parler de la paroisse et de la famille au pluriel pour mettre en avant qu'aussi bien l'institution paroissiale que l'institution familiale traversent le temps selon une diversité de figures et de modèles. C'est vrai pour la réalité paroissiale. C'est tout aussi vrai pour la famille qui ne se laisse pas enfermer dans un moment historique ni figer dans un modèle sociologique. Je songe en particulier au modèle de la bonne famille chrétienne, digne et nombreuse née au 19e siècle pour laquelle l'instauration par Pie XI de la fête de la Sainte Famille devait, dans le paradoxe de sa singularité, encourager les familles catholiques à tenir bon dans la foi à travers les bouleversements sociaux et culturels. J'ai donc choisi de parler au pluriel en offrant une pastorale des couples et des familles sensible à la diversité de la parentalité vécue aujourd'hui : familles biparentales, monoparentales, voire homoparentales, dans leur version composée, décomposée et recomposée selon les itinéraires de vie, les choix des individus, les destinées des couples et les vicissitudes de leur existence. La pluralité des configurations familiales est un fait dont il faut prendre acte, en vertu du principe de réalité. Elle ne peut se laisser résorber par la valorisation d'une configuration, fut-ce celle de la bonne famille chrétienne, digne et nombreuse. L'Eglise et, concrètement sur le terrain, les paroisses doivent se tenir ouvertes et accueillantes à toutes les familles, pour accompagner ce qui s'y vit. Cette exigence est d'autant plus marquée que les figures familiales, passées et présentes, n'échappent pas à la provocation de la mémoire évangélique. Qui est ma mère ? dit Jésus, qui sont mes frères ? (Mc 3,33). "
Quel est l'avenir de la paroisse au moment où se répartissent autrement les responsabilités entre laïcs et prêtres ? Comment assurer une correcte et audacieuse distribution des rôles des uns et des autres ? Comment penser et vivre la présence de nouveaux acteurs : diacres permanents, animatrices et animateurs en pastorale ? Comment articuler réalité paroissiale et vie associative ? Comment assumer institutionnellement l'apport des communautés nouvelles ? Quelles sont les conséquences des assemblées dominicales en l'absence de prêtres sur la vie des paroisses ? Quels sont les enjeux des regroupements de paroisses ? Autant de questions auxquelles ce livre de droit canonique s'efforce de répondre.
Délibérer... ce verbe couvre un large éventail de sens : de " consulter " à " décider " en passant par " examiner ensemble une question avant de prendre une décision " et " réfléchir avant de prendre un engagement ". Délibérer, c'est toujours participer à une décision, que l'on soit mêlé à son élaboration ou habilité à la prendre. Cette distinction entre l'élaboration et la prise de décision permet de dépasser la catégorie quelque peu réductrice de " voix seulement consultative " utilisée par le Code de droit canonique de 1983. Elle permet de comprendre que l'acte de délibérer en Église est une action complexe et dynamique, parfois même déconcertante. Cette action ecclésiale repose nécessairement sur l'écoute, juste et judicieuse, et sur le discernement des esprits et de l'Esprit. La délibération recherche le consensus, témoignant ainsi de la nature communionnelle du peuple de Dieu. Ce livre est un hommage à l'abbé Raphaël Collinet, official et vicaire épiscopal du diocèse de Liège, à l'occasion de son 70e anniversaire. Il offre un ensemble de contributions de biblistes, de théologiens, d'historiens, de canonistes et de juristes, susceptibles d'alimenter le débat et d'instruire le dossier en faveur d'une délibération en Église.
A la croisée de l'histoire religieuse, de l'innovation technologique et des Humanités numériques, ce volume monumental retrace une aventure intellectuelle et humaine hors du commun : celle d' "Informatique et Bible" à l'abbaye bénédictine de Maredsous, de 1968 à 2018. Dans un format exceptionnel et sur près de 800 pages abondamment documentées, l'ouvrage rassemble témoignages, archives, analyses et textes fondateurs autour d'une expérience pionnière qui marquera durablement l'histoire de l'informatique appliquée aux textes. Bien avant l'essor du numérique contemporain, des moines bénédictins visionnaires développèrent, avec le soutien d'IBM-Belgium et d'un vaste réseau international de chercheurs, des outils novateurs pour l'étude, l'édition et la diffusion des textes bibliques et scientifiques. Des premières concordances bibliques informatisées aux bases de données textuelles multilingues, des cartes perforées au Minitel, voici racontée l'aventure d'une véritable "conversion" de la culture alphabétique vers la culture numérique. Structuré en quatre grandes parties complémentaires - chronique historique, notices encyclopédiques, textes majeurs et inventaire patrimonial - ce livre constitue à la fois une somme documentaire, une mémoire vivante et un outil de référence. Le lecteur y découvre les grandes réalisations qui firent la renommée de Maredsous : la Table Pastorale de la Bible (1974), les premières concordances analytiques françaises, le Dictionnaire Encyclopédique de la Bible publié simultanément sous forme imprimée et numérique dès 1987, ainsi qu'un demi-siècle de réflexions sur les mutations culturelles engendrées par les technologies de l'information. Notamment porté par le Fr. Robert-Ferdinand Poswick, osb, cet ouvrage s'impose déjà comme une contribution majeure à l'histoire des Humanités numériques européennes. Comme l'écrit Pierre Mounier-Kuhn : "Il aura sa place dans toutes les bibliothèques et bibliographies d'Humanités numériques".
La Bible de Jérusalem est le fruit de la traduction collective des textes hébreux et grecs par l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem qui lui a donné son nom. La première version est parue en 1956. La version actuellement imprimée date de 2000. La qualité des introductions, des traductions et des notes reflète le meilleur de la recherche exégétique contemporaine. La mise en pages réjouit l'oeil tout en facilitant l'intelligence du texte - l'usage de strophes signalant par exemple les passages poétiques. Cette disposition est devenue un modèle pour toutes les bibles modernes ultérieures. Des références dans les marges renvoient à d'autres passages. La Bible de Jérusalem est actuellement la traduction biblique la plus répandue en France, et fait figure de classique. La fidélité aux textes originaux en fait une bible d'étude. La qualité littéraire de sa traduction, la grande attention portée à son vocabulaire et à son style en font une bible pour la lecture, adaptée à tous les publics. Les livres présentés sont ceux du canon catholique.
2019 marque le neuvième centenaire de la Carta caritatis, ou plus exactement de la confirmation de ce texte cistercien essentiel par le pape Calixte II le 23 décembre 1119. Maillon essentiel dans la construction de l'édifice cistercien, la Charte de charité entend préserver l'esprit de Cîteaux, alors que le " Nouveau Monastère " s'était mis à essaimer. Sa préoccupation est de garantir charité et unanimité entre l'abbaye-mère et ses abbayes-filles. L'enjeu est majeur et le rythme des fondations justifie que le texte soit en évolution durant plusieurs décennies. Il est d'ailleurs en pleine gestation au moment de sa première approbation pontificale en 1119. Texte incontournable de la genèse cistercienne, la Carta caritatis a fait l'objet de nombreuses études. Son élaboration a ainsi suscité de riches discussions, tout comme l'emprise de ce document constitutionnel sur l'histoire cistercienne. Les aspects historiques et législatifs de la Charte de charité ne doivent pas pour autant faire oublier les principes spirituels d'un texte dont l'essence est de protéger l'esprit d'amour entre les communautés. Le présent volume constitue les actes du colloque organisé par l'Association pour le rayonnement de la culture cistercienne (ARCCIS), en partenariat avec le Collège des Bernardins et fait le point sur ces questions qui ont touché et qui touchent aujourd'hui encore les membres de la Famille cistercienne. La rencontre a également été l'occasion d'appréhender la Charte de charité en tant que source d'inspiration dans le monde religieux, mais aussi lai ? c, notamment entrepreneurial.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Un document pour accompagner les adultes au sacrement du baptême. Une proposition d'itinéraire en plusieurs rencontres, qui peut élargie aux recommençants.