Joseph Addison, Richard Steele. "The Spectator" et l'essai périodique
Bony Alain
KLINCKSIECK
11,60 €
Epuisé
EAN :9782864603702
Les premières décennies du XVIIIe siècle, au c'ur du néoclassicisme anglais, ce n'est pas seulement l'âge de Swift de Pope, de Defoe : c'est aussi et peut-être surtout celui de la presse et de l'" essai périodique ", periodical essay. Entre le Tatler et le Guardian, qui portent la marque de leur initiateur, Richard Steele, le Spectator (quotidien, mars 1711-décembre 1712) est redevable d'une bonne part de son succès considérable à la politique éditoriale de son co-auteur et principal inspirateur, Joseph Addison, par qui l'essai périodique est devenu un instrument de formation culturelle et de réforme morale d'une efficacité décisive. Tout le siècle s'est mis à l'école de cette ?uvre collective dont l'influence a été aussi durable qu'immédiate. Elle s'est fait sentir aussi bien dans l'évolution des m'urs et des manières de penser que dans l'histoire des formes et des styles en littérature, et notamment dans l'émergence du " nouveau " roman anglais, novel. Cette étude propose une introduction générale à l'étude du Spectator et de l'essai périodique d'Addison et de Steele, replacés dans leur milieu historique et idéologique, ainsi qu'une analyse approfondie de leur thématique et de leur stratégie narrative, au service d'un projet culturel ambitieux et novateur.
Nombre de pages
343
Date de parution
01/01/2000
Poids
250g
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EAN
9782864603702
Titre
Joseph Addison, Richard Steele. "The Spectator" et l'essai périodique
Auteur
Bony Alain
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
0
Poids
250
Date de parution
20000101
Nombre de pages
343,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Gulliver se vante (ou s'excuse) de n'avoir rien que de très " commun " à raconter contrairement aux autres auteurs de récits de voyages, qui ont tant de choses extraordinaires à dire. De fait, ce dont il parle, ce n'est pas de pygmées ou de géants, d'île volante ou de chevaux qui pensent : c'est de ce qu'il y a de plus commun entre les hommes, puisqu'il s'agit de l'espèce humaine, de la définition de la " nature " de l'homme, et de ce que l'homme a fait de cette nature au cours de son histoire individuelle et collective. Tout le livre illustre et dénonce l'abjection à laquelle l'homme n'a cessé de consentir, cette " perte du propre " (J. Kristeva) qui le condamne à la dérive loin du lieu de la Vérité, dans les errances d'un discours qui l'en éloigne à mesure qu'il cherche à s'en rapprocher. Cette malédiction se manifeste dans les vicissitudes du texte même que Gulliver offre au lecteur, texte sans origine ni autorité, dans le langage qui l'oblige à dire " la chose qui n'est pas ", dans l'état de la cité livrée à la corruption, dans l'histoire du monde mené au désastre par l'intrigue et le mensonge. L'homme est ainsi condamné à une inéluctable dégradation que les errements de la modernité politique, idéologique, épistémologique aggravent au-delà de toute rémission. La quête de la Vérité bascule de l'utopie à la dystopie, de la satire à la métaphysique, de l'ingénuité à l'horreur, tout au long des voyages du marin le plus catastrophique de la littérature. Gulliver est amené pour finir à porter témoignage d'une expérience de l'impossible, dont sa santé mentale fait les frais, au terme de ce " Grand Tour " paradoxal dans l'envers du monde.
Ce manuel inédit propose un apprentissage de la traduction et une méthode fondée en priorité sur une familiarisation avec le texte pour repérer ce que les auteurs nomment sa tonalité ou son registre, avant d'en aborder les aspects plus techniques. Il comporte soixante-douze versions et thèmes, certains entièrement traduits, avec de nombreuses annotations expliquant les subtilités lexicales et grammaticales. Les sujets abordés sont variés, les textes choisis ont un intérêt culturel ou littéraire et font la part belle à la langue contemporaine. Une méthode dynamique pour renforcer ses compétences et acquérir de l'aisance dans la pratique des deux langues.
Au détour des années 1740, l'engouement du public anglais pour la Pamela de Samuel Richardson (Pamela, Or Virtue Rewarded, novembre 1740) transforme un succès de librairie en un véritable phénomène de société. Henry Fielding est de ceux, plutôt rares, qui d'emblée refusent de participer à ce concert de louanges trop unanime pour ne pas être l'effet d'un malentendu. Dans Shamela, il dénonce la fausse ingénuité de la jeune héroïne de Richardson, qu'il décrit comme une servante calculatrice qui réussit à se faire épouser par son maître, désarmé par sa fausse vertu (The Apology for the Life of Mrs. Shamela Andrews, avril 1741). Le débat se prolonge dans The History of the Adventures of Joseph Andrews, And of his Friend Mr. Abraham Adams (février 1742) mais sur des données inversées : Fielding fait de Joseph le frère de Pamela, et c'est sa pruderie qui est soumise aux assauts d'une maîtresse dévergondée. Mais le roman ne tarde pas à trouver sa logique autonome pour devenir, sous l'égide de Cervantès, l'un des textes fondateurs du roman moderne, préludant au triomphe prochain de Tom Jones (1749). Cette étude propose des clés pour l'interprétation de Joseph Andrews : elle invite à une lecture du roman de Fielding, attentive à son mode de fonctionnement sur le plan générique, formel et idéologique, puis une série d'analyses particulières de sa stratégie narrative et satirique. Elle révise, chemin faisant, certaines idées reçues sur le " nouveau " roman anglais, novel, et s'attache à montrer la spécificité et l'importance d'un ouvrage qui, pour des raisons très différentes de celles qui ont assuré le triomphe de Pamela, mais aussi décisives, a fait date dans l'histoire littéraire.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.