Qu'est-ce que La nuit abolie ? Un lyrisme dévolu d'abord à la figuration du monde ; un lyrisme qui s'atténue, se fait plus fragmentaire, évoquant une sorte de "Mal" (celui, inexorable, de vivre à travers l'écrit) - un lyrisme qui s'éprend, pour finir, d'une métrique qui canalise un ordre arbitraire et lui offre des rives. S'il n'y a plus de nuit, c'est que le temps n'est plus, et que le poème redevient cet objet parfaitement inutile à la croissance du coeur, vide d'un sens général ou particulier, et qu'il s'érige donc, au sommet de toute idée de littérature, en une sorte de preuve que l'immobilité du monde en est l'expression la plus criante, et que le corps du verbe, pour imagé qu'il se donne, se prête à tous les imaginaires et les évocations.
Nombre de pages
144
Date de parution
27/11/2020
Poids
179g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343218229
Titre
La nuit abolie
Auteur
Bonnot Simon-Gabriel
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
179
Date de parution
20201127
Nombre de pages
144,00 €
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Ce recueil est né d'une rencontre fugace et brûlante qui a dévasté le poète. Deux heures durant, dans l'allongement des ombres, il a vu sa vie épanchée dans l'étreinte des bras de la Géographe mexicaine, attaché aux épices de ses lèvres - et le poète déclare à la louve douce : "T'écrivant, je n'ai plus d'âge ; je n'ai plus de fond, plus d'épaisseur. Je suis moi. Je suis ce monde".
Chaque poème est un objet nu, clos, inerte, qui attend le regard du lecteur pour entrer en mouvement. La signification d'un poème n'est pas pour autant spécifique à son lecteur, car au c'ur des vers palpite toujours la présence de l'auteur, modulant la pensée de celui qui le lit. Ce premier recueil crée un imaginaire hanté par la chair du sensible qui se déploie dans l'espace, par la possibilité d'un univers contenue dans les objets du quotidien et l'incitation à se risquer et s'éprouver à travers le langage.
Ce second recueil, de façon parfois plus lyrique que le premier s'inscrit dans une volonté de maintenir l'image à son stade de beauté pure. A travers la conception d'une trame continue, le livre se fait livre-amant qui, pour peu que l'on accepte d'y mêler notre chair, livre les interprétations poético-philosophiques de l'auteur sur le monde qui l'entoure d'une sensibilité charnelle.
Convaincu, sinon qu'elle sauvera le monde, que le monde serait, sans elle, perdu pour de bon, l'écriture poétique tient lieu, pour Simon-Gabriel Bonnot, d'ascèse et de prière. On pourrait dire des Faces chaulées qu'elles sont, de l'auteur, ces masques que l'on porte pour ne point se confronter, visage nu, à l'infini. Chaulées, ces faces, oui blanchies d'insomnie, comme la nuit du précédent ouvrage était abolie par la simple volonté d'écrire, pour ne pas perdre son souffle, pour ne pas perdre son feu, pour multiplier la vie, dans les mots, et la dresser, comme une multitude, devant l'immensité.