B..., la soixantaine, est un homme secret à la parole rare. Son beau-frère, un débile, dort dans un réduit sur un matelas de feuilles de maïs. La fille de B..., Marthe, tient un commerce de fruits et légumes.Tout est tranquille. En rentrant chez lui, B... aperçoit son beau-frère qui gesticule. "Morte, elle est morte", gémit-il inerte, la femme de B... gît sur le parquet de la chambre. Alors commence, simple et comme au ralenti, le cérémonial de la séparation.Les objets de tous les jours prennent une lourdeur surprenante. Une bobine de fil noir a roulé sous le buffet. Les bas de la morte pendent sur le dossier d'une chaise. Le cadavre lui-même devient étrangement lointain. Marthe s'en occupe, elle range et fouille dans les tiroirs.Une paire de bottes blanchies de terre séchée, une pendulette achetée sur catalogue, une goutte d'eau qui tinte dans l'évier, l'alliance usée, ces choses se mêlent à des souvenirs, des odeurs, des instants de presque bonheur. B... pleure enfin, le visage contre le coeur de sa chienne.Ce chant funèbre, si particulier, si universel, est poignant. Tout est là, en quelques mots: un monde paysan qui s'efface, des sentiments qui finissent par sourdre, une angoisse digne des "vanités", ces tableaux où des objets, un crâne, une Bible ouverte, rappellent aux vivants leur condition de mortel.
Nombre de pages
153
Date de parution
31/08/2000
Poids
185g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782080679994
Titre
Un si bel été
Auteur
Bonnet Georges
Editeur
FLAMMARION
Largeur
135
Poids
185
Date de parution
20000831
Nombre de pages
153,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce récit commence peu après l'armistice de la grande guerre. Les canons viennent à peine de se taire. II règne sur les campagnes un étrange silence. Au cour de la Saintonge, un enfant vient au monde par une tiède nuit de juin. Un vieux docteur aide à sa naissance. II est en bras de chemise, son petit gilet est barré par la chaîne d'argent d'une montre de gousset, la sueur perle sur son front. L'odeur d'un tilleul en fleurs envahit la chambre par la fenêtre ouverte. Une brume légère recouvre les prés. " Et l'enfant grandit, roi d'un monde solitaire rythmé par les saisons et les travaux de la ferme, tandis qu'un drame se joue derrière les portes closes. D'un trait juste, poétique, Georges Bonnet saisit l'essence d'une vie minuscule.
Elle ne meurt pas, elle s'éloigne jour après jour, se détache de la rive pour se fondre en des brumes au-delà desquelles se trouve peut-être une île lumineuse. Son très vieux compagnon lui tient les mains, non pour la suivre, c'est impossible, mais pour la rassurer et lui transmettre jusqu'à l'ultime seconde des paroles de chair... Des paroles d'amour, des paroles d'amour fou, car il ne s'agit que de cela et l'on sait bien, dès les premières lignes de ce récit, qu'un jour Orphée retrouvera son Eurydice... "Sa main dans la mienne est muette. Les heures passent, le crépuscule s'achève. Plus haute que le jardin, comme chaque soir une lampe s'allume au loin. Il lui reste les mots que le coeur a pu retenir. Tranquille, elle se retire à l'intérieur de ses limites."