Dire le "sonore" a été l'une des gageures de l'écriture esthétique et, au XXe siècle, on aura plus largement insisté sur la structure et la forme, au détriment de la sensation, en affirmant la toute-puissance du discours. Mais il suffit de porter l'oreille à une conque marine pour que le son de la mer qui s'y entend ébranle les édifices, renverse les échafaudages rhétoriques de " ce qu'entendre veut dire ". Dans Les mots et les sons, François J. Bonnet explore les voix fantômes, l'inframince du son, la phonographie et les résonances dont notre univers est peuplé et qui échappent aujourd'hui à la forme traditionnelle de l'écoute. Il ouvre sur des archipels sonores inouïs, éphémères comme les TAZs (Zones autonomes temporaires), mais riches de nouvelles expériences d'écoute distendues, propres à mieux entendre l'imperceptible.
Nombre de pages
230
Date de parution
19/04/2012
Poids
377g
Largeur
150mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782841622788
Titre
LES MOTS ET LES SONS - UN ARCHIPEL SONORE
Auteur
Bonnet François ; Szendy Peter
Editeur
ECLAT
Largeur
150
Poids
377
Date de parution
20120419
Nombre de pages
230,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
La déflagration de Petrograd provoqua des destinées extrêmes. Des femmes et des hommes se jetèrent à corps perdu dans cette envie révolutionnaire, portant leurs engagements jusqu'à l'incandescence. Beaucoup s'y consumèrent. Voici quatorze portraits de destins exceptionnels, forgés dans la tourmente d'Octobre-17. Ils ne sont pas tous acteurs de premier plan, mais chacun se saisit de l'événement pour l'amplifier ou pour se construire une vie nouvelle. La future diplomate Alexandra Kollontaï imposa à Lénine la libération des femmes. L'affairiste truand Naftali Frenkel participa à la construction du Goulag. Nestor Makhno organisa le premier grand soulèvement anarchiste. Yakov Blumkine, tout à la fois poète, espion, tueur et martyr de Staline. Jeanne Labourbe, l'institutrice française tuée à Odessa, Larissa Reisner, déesse guerrière de l'Armée rouge, Roman von Ungern-Sternberg, le baron fou de Sibérie, Isaac Babel, l'écrivain juif s'enrôlant comme soldat sur les conseils de Gorki, pour " courir le monde "...
L'infra-monde est un ouvrage exceptionnel à plusieurs titres. D'abord par sa méthode qui procède par touches successives, déployant peu à peu, négativement et positivement, son objet. Il l'est ensuite par la diversité de ses références, que François J. Bonnet trouve autant du côté de la théorie (philosophie, psychanalyse, histoire des sciences, etc.) que de celui des arts (littérature, cinéma, performance, etc.). Il l'est enfin par la précision et la plasticité de son écriture qui se fait tour à tour analytique, poétique, philosophique, épousant les linéaments troubles et mouvants de son sujet. Il s'agit en effet d'un livre au projet particulièrement ambitieux : cerner puis esquisser une description, en un peu moins d'une centaine de pages, du fonds brumeux et tourbillonnaire de nos perceptions, de cet infra-monde qui, au bord du monde ordonné de la conscience ordinaire, est une menace et un vertige. Cet ouvrage trouve idéalement sa place dans la collection Inventions dont tout l'enjeu est de permettre aux philosophes d'être un peu romanciers (et dessinateurs, poètes, monteurs, etc.) tout en demeurant philosophes et aux écrivains d'explorer des formes spéculatives (et scientifiques, logiques, dissertatives, etc.) sans quitter le champ de la fiction : aux uns et aux autres d'expérimenter formes et écritures. Ce que fait éminemment L'infra-monde.
L'institution du Shabbat est la plus importante contribution du judaïsme à l'humanité, tout en étant le fondement de la vocation spécifique d'Israël. Résistance à l'oubli de l'origine, appel à la maîtrise du temps pour assurer la liberté de l'homme, évocation d'un jour futur "qui sera tout entier Shabbat et repos pour une vie du monde qui vient", il introduit dans l'existence une dimension essentielle, dont le monde contemporain, livré à la démesure, doit absolument prendre conscience. A un projet prioritairement économique, obsédé par la satisfaction du besoin et le culte de la croissance, il oppose une vision d'avenir liée non à un manque, mais à une plénitude. Il rappelle l'indispensable valeur de la limite et du lien entre les générations.