Dans les cités marseillaises, on continue d'observer le même ballet, de l'approvisionnement dans de discrets sacs en plastique à la gestion des ressources humaines ??guetteurs avec talkies-walkies, vendeurs munis de sacoches, superviseurs et gérants de terrain faisant leurs rondes. Pour autant, si le deal marseillais n'a cessé de se développer, c'est bien parce qu'il s'est adapté à la répression tout en intégrant les lois les plus débridées du capitalisme, du premier au dernier maillon.Pendant plus de trois ans, Coralie Bonnefoy, Benoît Gilles et Clara Martot Bacry, membres du journal d'information indépendant Marsactu, ont mené une enquête panoramique sur la drogue à Marseille. Faisant parler vendeurs et acheteurs, policiers et juges, détenus et habitants, ils montrent comment la deuxième ville de France est devenue à la fois épicentre et laboratoire du trafic de stupéfiants et de sa répression. Ce livre rassemble les seize articles parus dans la série «?L'emprise?» et des textes inédits. Il montre à quel point le commerce de la drogue reflète et préfigure un monde où le néolibéralisme n'a plus aucune contrainte et où l'argent motive toutes les violences, jusqu'à la mort.
Le folklore japonais regorge de contes et de fables mettant en scène samouraïs, animaux farceurs, esprits, monstres et autres sorcières. La collection "Mukashi mukashi" (Il était une fois, en japonais) vous propose de découvrir ces histoires très populaires au Japon mais souvent méconnues hors de l'archipel. - Momotaro : un jeune samouraï part sur une île maléfique combattre des démons. ; - Kuma et Kitsuné : un ours et un renard décident de cultiver un champ ensemble, mais rien ne se passe comme prévu. ; - Le démon et la jeune fille : une jeune fille se retrouve, malgré elle, à combattre un démon qui terrorise le royaume.
Par un impitoyable glissement sémantique, les mots d'ordre "Ne me libère pas, je m'en charge" ou "L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes" sont devenus "Prenez-vous donc en main : quand on veut on peut" . L'ambition d'émancipation et de transformation sociale est balayée par une injonction à se débrouiller, le pouvoir d'agir est devenu devoir d'agir. Dans la start-up nation, loin du vieux monde de l'Etat social et du syndicalisme, chacun est sommé de devenir entrepreneur de soi-même. De l'affaiblissement de l'emprise idéologique du capitalisme à la construction d'une culture d'émancipation, de la communication non-violente au regroupement entre premiers concernés, d'une action menée depuis l'intérieur du système à l'instauration d'un rapport de force, Adeline de Lépinay, spécialiste de l'éducation populaire et du community organizing, repose les bases de l'organisation collective. S'appuyant notamment sur les mouvements sociaux récents, elle propose des questionnements et des pistes concrètes au service d'une lutte à la fois efficace et démocratique, qui ne tombe pas dans le piège néolibéral.
Blézat Mathilde ; Desquesnes Naïké ; El Kotni Moun
Ce livre s'adresse à toutes les femmes, et parle de ce qu'elles ont toutes en commun : le corps. Puberté, sexualité, contraception, avortement, accouchement, vieillesse, mais aussi riposte et émancipation... A travers de multiples récits d'expérience, des témoignages récoltés lors de groupes de parole et d'entretiens, mais aussi des données médicales et scientifiques, ce manuel féministe propose des outils permettant aux femmes de mieux se connaître et de se sentir plus sûres et plus fortes, ensemble. Paru pour la première fois aux Etats-Unis en 1973, rédigé par un collectif de femmes, Notre corps, nous-mêmes a été adapté dans trente-cinq langues, dont le français en 1977. Ce livre en est une version entièrement réactualisée, écrite par un nouveau collectif, formé de Mathilde Blézat, Naiké Desquesnes, Mounia El Kotni, Nina Faure, Nathy Fofana, Hélène de Gunzbourg, Marie Hermann, Nana Kinski et Méléna Perret.
Les moyens de communication les plus puissants et les plus modernes offrent au mensonge, désormais s mécanisé ', des possibilités susceptibles de le rendre à peu près irrésistible. Les mots sont plus que jamais capables de se transformer en armes meurtrières, au pouvoir de destruction quasiment illimité. Pendant les années de la guerre, les plumes ont été trempées dans le sang, et les épées dans l'encre. Des Derniers Jours de l'humanité (1922) à Troisième nuit de Walpurgis (1933), l'écrivain et satiriste autrichien Karl Kraus n'a cessé de démonter les techniques visant à s'emparer des esprits pour écraser et détruire l'humanité. Le philosophe Jacques Bouveresse revient ici à ses analyses pour les confronter au monde actuel. Une propagande fondée sur l'émotion et la destruction de l'intellect, par laquelle on augmente la tolérance des peuples au mensonge et à la brutalité, accuse ses adversaires des atrocités qu'on commet, et fait croire ses électeurs à une revanche sociale qui n'est en réalité rien d'autre qu'une destruction de la démocratie : voilà qui n'est pas sans résonances avec le comportement de certains dirigeants contemporains.
Ami noir [ami nwar] loc. Généralement utilisé comme gilet pare-balles dans une conversation stérile. Exemple : "Je ne peux pas être raciste, j'ai un ami noir". A travers ce lexique irrévérencieux, véritable guide de survie dans une société dite post-coloniale, Piment, collectif formé de quatre passionnés de cultures afro-diasporiques animant depuis 2017 une émission culturelle désormais diffusée sur Radio Nova, proposent de nouvelles définitions pour des mots et des expressions anciens ou modernes, nécessaires ou superflus, politiques ou humoristiques.