Notre Décennie dessine le parcours d'un personnage (est-ce le même ? ) se déployant d'un texte à l'autre à travers une dizaine d'années (de 2009 à nos jours) autour des bouleversements technologiques et de leurs conséquences individuelles et sociétales. 25 interroge le monde du travail qui génère les suicides à répétition des salariés d'Orange. L'Immobile est la parole d'un homme dans l'espace public qui s'arrête un instant pour reprendre son souffle et qui reste là, hors des flux. Dans Rudimentaire, une femme et un homme monologuent dans deux espaces-temps et finissent par se rejoindre sur la grande place d'une ville, déjouant l'affolement médiatique et financier qu'ils ont provoqué. Avec cette trilogie, Stéphane Bonnard interroge l'impact des grandes mutations technologiques sur notre quotidien à travers trois gestes, intimes, résilients, dans un environnement toujours plus contraignant et anxiogène. Son écriture, par sa forme, rend compte des perturbations induites dans nos relations au réel, au temps, au monde, à l'autre. Une plongée poétique.
Nombre de pages
91
Date de parution
06/09/2018
Poids
168g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782847051698
Titre
Notre décennie
Auteur
Bonnard Stéphane
Editeur
ESPACES 34
Largeur
130
Poids
168
Date de parution
20180906
Nombre de pages
91,00 €
Disponibilité
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La sensibilité mesure la durée de vie moyenne d'une obligation. Un homme à la sortie de son bureau s'arrête et ne repart pas. A la manière d'un moteur qui même immobile reste parcouru d'infimes mouvements, commence un soliloque où l'homme décrit ce qu'il voit, ce qu'il est, ce qu'il devient. A côté, des formules de finances quantitatives, des déclarations du P. D. G d'une entreprise mondialement connue, des inserts plus fictionnels, égrènent une autre musique... L'Immobile a reçu l'aide à la création de textes dramatiques du Centre National du Théâtre en mai 2014. Des extraits du texte ont été présentés le samedi 4 octobre 2014 à la friche la Belle de Mai dans le cadre du Festival Actoral de Marseille. La fiction radiophonique de l'Immobile a été enregistrée en public par France Culture dans le cadre de la semaine "la radio sur un plateau" en partenariat avec Théâtre Ouvert le 11 décembre 2014 à 20h à Théâtre Ouvert et diffusée sur France culture.
Rouge Brut "? Homme de moi, je veux en avoir le coeur. Jusqu'où croire les mots écrits, marqués, répétés sur le front de sa boite, qui me prouve que il n'y a pas autre chose dans le fond de sa boite, Homme de moi livre le vrai, voilà? " Os "Je ne supporte pas le bruit de mastication de la Bouche Enorme derrière sa forêt de micros, trou béant qui, de mots frais, se nourrit. Elle harponne le mot, l'engouffre, puis crache le noyau : un os. De mot". Rouge Brut, Os, deux textes joués, plutôt performés, à deux époques différentes. Deux textes de Stéphane Bonnard qui se répondent sur son obsession de la langue comme lieu du monde.
Au commencement, il y avait un homme enfermé dans une cage, et qu'on pouvait croire seul, unique survivant. Il s'efforçait un temps de nous le faire croire : c'était Odipe, avatar d'histoire et de mythologie, déjà châtré en Od. Od, c'était le nom de cet homme. Et puis il y avait aussi l'autre : Créon. L'autre avatar tragique, aussitôt châtré lui aussi en Créo. Plus rien à dire à cette heure, sinon : les actrices qui joueront Od et Créo - car ce sont deux actrices - accepteront de se mutiler en portant les attributs, terme ô combien exact, de la masculinité. Que par avance, elles en soient remerciées.
En 1959, Vittorio Gassman passe commande à Pier Paolo Pasolini d'une traduction de l'Orestie d'Eschyle, pour la mise en scène au Théâtre grec de Syracuse des trois tragédies qui la composent : Agamemnon - Choéphores - Euménides. Le grand poète italien délivre alors un objet à la fois fidèle à l'original et très personnel. Il dira : "Je me suis jeté sur le texte en le dévorant comme un fauve, tranquillement : tel un chien sur un os, un magnifique os de viande maigre, bien serré entre les pattes, à l'abri des regards". Cette plongée dans l'oeuvre d'Eschyle constitue la matrice de nombre d'oeuvres théâtrales, poétiques et cinématographiques à venir : de Pylade (suite exacte de cette trilogie) au Carnet de notes pour une Orestie africaine (essai cinématographique) en passant par les deux chefs-d'oeuvre que sont Odipe Roi et Médée.
C'est en sondant l'âme de ces laissés pour compte que Sophie Merceron nous bouleverse. Avec un don pour installer les décors presque cinématographiques. Elle nous transporte dans un monde rongé par une violence faites aux êtres qui y vivent mais paradoxalement irradiant de douceur et tendresse. Sophie Merceron a beaucoup écrit pour la jeunesse (deux fois Grand prix de littérature dramatique Jeunesse, en 2020 et 2021), mais ici elle aborde l'entre-deux âges, l'entre-deux mondes, à l'attention de tous·tes. Les personnages sont des adolescents fracassés par la vie mais diablement vivants.
Matthieu, un adolescent, passe de plus en plus de temps devant sa console de jeu. Depuis qu'il s'est plongé dans les aventures du Batman, il entend une voix qui s'adresse à lui de façon répétée et envahissante. Elle lui raconte des souvenirs d'enfance, lui parle de sa famille, et fait resurgir des événements qu'il croyait oubliés, des émotions qui lui échappent. Peu à peu, Matthieu recompose une histoire, son histoire, à travers une parole intime et brutale qui ne fait plus la part entre le réel et le monde virtuel dans lequel évolue son double, le Batman. Un soliloque sensible qui explore notamment la construction de la personnalité au moment de l'adolescence.