On n'y pense pas au verbe habiter. Pourtant, tout se passe comme s'il y avait sur la Terre plusieurs catégories d'humains : ceux qui habitent, qui sont " chez eux " parce qu'ils ont un toit et ceux qui, " sans toit " vivent de " passage ", " en transit " ou " sans domicile fixe ". Or habiter, ce n'est pas être figé quelque part. Ce n'est pas non plus passer son temps à buter contre des murs et des barbelés, sans trouver de chemin ouvert, sans voir un horizon. Il y a donc des images-chocs qui se rappellent à nous, qui nous interpellent. Images de migrations partout dans le monde, comme si des milliers d'humains ne savaient plus où aller, où habiter. Or migrer est-ce habiter ? C'est d'abord faire l'expérience d'un monde difficile à vivre, c'est affronter ses lois. Donc, au 21ème siècle, pour de nombreux humains qui traversent les mers, les vents et toutes sortes d'intempéries, rien n'est moins sûr que l'habiter. Et pourtant, les migrants habitent le monde, ils ont des histoires, des valeurs qui leur permettent de résister. On ne sait plus qui ils sont. Ils n'ont plus de pays, plus de provenance. Parfois, ils ont brûlé leurs pièces d'identité. Pourtant des bribes de cultures continuent de les habiter. Ainsi, Habiter n'est pas un verbe comme les autres. Il raconte qui nous sommes et où nous sommes. Il dit le sens du temps et de l'espace. Il exprime l'essentiel de notre rapport au monde : prendre possession, peupler, construire, bâtir, être relié, vivre, se nourrir, créer, utiliser des outils, laisser traces et empreintes, mourir. Habiter ou créer un chez soi quelque part : en pleine forêt, dans une région froide, dans un désert, faire monde avec la nature, ou un no man's land ou avec une mégapole du futur. De ce point de vue, les animaux et les plantes n'habitent pas la Terre, même s'ils ont d'ingénieux modes de vie. J'ose dire que l'habiter est une spécificité humaine. J'ose dire aussi que toute culture est une variété de l'habiter. Dans ce livre, chaque chapitre est construit comme un récit de voyage et la narratrice raconte de petites histoires de l'habiter : la découverte en Côte d'Ivoire, par une paysanne, de traces (pierres sculptées) d'une civilisation disparue ; la case d'une grand-mère et la vie qui l'entoure, comme mode de résistance à la colonisation ; villes et bidonvilles qui se côtoient mais ne se ressemblent pas. Le plastique envahissant qui transforme les modes de vie après les indépendances des pays africains. Et que signifie ces noms de quartiers et de bidonvilles (Dallas, Washington, Petit-Paris...) qui renvoient au rêve de l'ailleurs et particulièrement au rêve américain ? Tout comme fait, l'imaginaire et le rêve jouent un rôle important dans la manière d'habiter le monde...
Nombre de pages
143
Date de parution
18/10/2018
Poids
220g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782373750751
Titre
Habiter selon Tanella Boni
Auteur
Boni Tanella
Editeur
MUSEO
Largeur
150
Poids
220
Date de parution
20181018
Nombre de pages
143,00 €
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(...) faire tilt dans les yeux d'un jeune qui se demande pourquoi il appartient à ce continent, (...) retrouver des étincelles auxquelles rêver pour continuer à vivre. Aider à produire ces étincelles. Provoquer ces sourires en coin. (...) Voilà le sens d'une rencontre entre un écrivain et un public de jeunes, sur ce continent. Notre place est ici. Dans ces interstices. Dans ces marges brouillées où prennent palce la peur et l'angoisse quand il n'y a plus de repères et que les valeurs ne sont plus ce qu'elles étaient. (...)"
Ce numéro de Diogène vise à contribuer à la prise de conscience des valeurs qui fondent le vivre-ensemble, la bonne gouvernance et le respect de l'équilibre entre tous les vivants. Socle de la vie en société, la dignité est une notion plurielle, que chacun peut définir et appréhender différemment. Néanmoins, elle est ce qui rassemble les êtres humains. La Déclaration universelle des droits de l'homme nous le rappelle. Or, aujourd'hui, pas seulement en Afrique mais dans le monde entier, la dignité est bafouée à travers de multiples formes d'oppression et d'exclusion. Embrassant divers axes de réflexion, ce numéro cherche à mettre en évidence les dimensions historique, philosophique, politique et sociale de la dignité pour mieux comprendre les enjeux que soulève ce concept essentiel à notre humanité.
Que faire lorsqu'on a connu la guerre et l'exil, un "premier départ / en pays étranger", puis d'autres guerres, d'autres départs ? Que dire à ces "vies précaires", ces "vies fauchées pour rien", ces "visages de femmes / enveloppés d'un voile de contraintes" ? Comment lutter contre barbares et fous de dieu ? Où trouver la force de sonder les abysses de la mémoire négrière ? Quelle prière offrir au corps de l'enfant mort, ce "visage de l'innocence" échoué sur la plage ? La réponse à ces questions tient en une phrase prononcée dès le premier des sept poèmes du recueil de Tanella Boni : "Tu n'as pas d'autres armes que les mots". Et l'auteure de nous rappeler que les mots aiment le dialogue, la tolérance et la paix ; et que la poésie possède la capacité, rare, de réenchanter la vie.
Yéyés, mélopées amérindiennes, incantations bushinenguées et scats volubiles, sont les couleurs sonores de cette narration d'un féminin au coeur des années 70. Intrigue au souffle romanesque, insolites et improbables s'y déploient, inscrits dans leurs temps, entre drame psychologique et illuminations, nouvelles de comptoir et milieux interlopes, maternité lacunaire et amour tutélaire. Une aventure enracinée dans les circonvolutions de l'Histoire, sur fond de standards de jazz, au rythme de deux continents, la vieille Europe et les Amériques, comme l'évocation sensible d'une destinée transatlantique, d'un chorus éthéré, d'une offrande lyrique qui aurait pu ne jamais voir le jour.
Il est l'heure de rénover bien mieux et bien plus. Un monde nouveau se dessine, qui doit nous engager dans des nouveaux modes de faire, afin de rendre nos villes et territoires bas carbone et plus solidaires. Nous avons collectivement un double devoir ? : celui d'innover et de dupliquer plus vite pour relever ces défis de société. EnergieSprong est un process de rénovation qui marque une étape précieuse ? : il faut "? oser essayer ? " pour passer du "? dire ? " au "? faire ? ". Il est clé de tester et d'expérimenter, avec humilité, dans des dynamiques embarquant citoyens, collectivités, entreprises et bailleurs sociaux. La transition réussie est un sport collectif. Nous sommes ravis de partager ici les retours d'expérience de cette première en France, aux Pays-Bas, en Europe et aux USA d'une rénovation EnergieSprong compatible, pour que cela donne à d'autres la force de s'engager à leur tour, faisant ainsi avancer la démocratisation au plus grand nombre de l'accès à des rénovations très performantes.
Le projet d'ouvrage rassemble la traduction de 15 textes inédits en français d'Alberto Magnaghi, architecte et urbaniste et professeur émérite de l'Université de Florence, sa postface « La pensée critique. Pour université de la liberté » ayant été rédigée spécifiquement pour intervenir en conclusion de l'ouvrage. Ces traductions constituent une valorisation d'un travail de recherche initié dans le cadre d'une recherche de doctorat (2012-2016) sur l'école territorialiste italienne mais non directement retranscrits dans la thèse (https://theses.hal.science/tel-01508526). Leur présentation, annotée et introduite, vise à éclairer la posture et le parcours d'Alberto Magnaghi sur plus de trente ans (1982-2020) entre recherche, action et formation. Ce parcours articule en effet étroitement positionnement théorique, action pratique et mise à l'épreuve des méthodes et des concepts à travers d'une part, la participation à des démarches institutionnelles et/ou citoyennes d'urbanisme et d'aménagement et d'autre part, la réforme des enseignements en matière de planification et de projet urbain et territorial au service d'une « transformation écologique des établissements humains ». L'ouvrage distingue trois époques. La première intitulée « Recherche et Projet » retrace le passage d'une recherche engagée en faveur d'une refondation biorégionale de l'urbanisme à l'expérimentation d'une démarche de projet territorial mobilisant les « énergies » de la société locale. La seconde « Didactique et Politique » est marquée par l'arrivée d'Alberto Magnaghi en Toscane où il reçoit un accueil favorable des institutions locales lui permettant de développer un parcours de formation propre au sein de l'université et de développer ses théories-pratiques en appui sur un réseau volontaire d'élus et de techniciens. La troisième et dernière partie « Réflexivité et Paysage » témoigne des expériences menées dans un contexte d'évolution du cadre légal sur la protection et la valorisation du paysage qui devient un levier pour la mise en oeuvre de l'approche territorialiste dans la planification territoriale dans un rapport de réflexivité permanent aux travaux menés précédemment. A la différence des précédents ouvrages de l'auteur publiés en français qui livrent sans les distinguer des expériences pédagogiques, institutionnelles et des apports théoriques, ce projet a pour objectif de porter un regard analytique sur une posture réflexive constitutive la démarche de recherche en urbanisme, aménagement architecture et paysage, aujourd'hui méconnue en France et porteuse d'enseignement dans un contexte d'évolution des pratiques comme des formations.