Le monde ne sera plus jamais le même " : depuis le jour tragique du 11 septembre, le récit de la catastrophe s'apparente à un discours sur les origines. On s'attendait à ce que la société américaine fût profondément transformée : la colère, le patriotisme exacerbé y compris pour une intervention lointaine en Afghanistan, l'auto-censure de la presse, l'abdication par quatre Américains sur cinq de leurs libertés, New York profondément meurtrie, les débats incessants sur " le pourquoi nous haïssent-ils ? "... L'Amérique n'était plus la même. Et pourtant, si tout a changé, en apparence, le 11 septembre est un révélateur de tendances lourdes dans la société américaine. Les notions d'élection et de Manifeste Destinée, la tolérance implicite de la corruption économique, la méfiance envers l'État fédéral et les organisations internationales, le repli communautaire, l'auto-défense par les armes : les singularités américaines n'ont pas été ébranlées par le 11 septembre. Toutefois, malgré la désignation répétée d'ennemis combattants ou infiltrés et l'incitation gouvernementale à la délation, les citoyens, dans leur grande majorité, ne sont pas dupes de la manipulation des risques par leurs gouvernants. Quant aux réactions de New York, elles montrent les continuités et l'accélération de processus à l'?uvre. La reconstruction du Lower Manhattan, sur laquelle s'articule le livre illustre les luttes de pouvoir sous des apparences démocratiques au sein d'un mode de gouvernante pluraliste. Au cours de l'année écoulée, l'opportunisme politique a joué à plein et le 11 septembre a fourni un excellent prétexte aux multiples entrepreneurs publics et privés qui avancent leurs pions sur l'échiquier du pouvoir.
Nombre de pages
138
Date de parution
13/11/2002
Poids
170g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782724608854
Titre
La société américaine après le 11 septembre
Auteur
Body-Gendrot Sophie
Editeur
SCIENCES PO
Largeur
115
Poids
170
Date de parution
20021113
Nombre de pages
138,00 €
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Les villes européennes vont-elles vers des explosions à l'américaine dans leurs quartiers défavorisés ? Les facteurs de convergence sont visibles : déréliction, délinquance, drogue, bandes, violence individuelle, affrontements collectifs avec la police... Cette violence au premier regard apparaît comme une ressource de groupes minoritaires : la politisation de l'exhibition de la violence civile se produit par le truchement des médias utilisés comme voix des exclus et moyen de pression sur les autorités. Pour autant, les désordres qui font la " une " des journaux télévisés procèdent-ils de la même logique que la rage - type Malcolm X - exprimée par les Noirs américains quand ils brûlent le drapeau américain ... Seule une approche comparative permet de répondre à ces questions. Dans chacun des pays étudiés - Etats Unis, Royaume-Uni et France -, l'analyse des configurations socio-politiques spécifiques et des outils dont disposent les gouvernants, tant à l'échelon national que local, révèle, en effet, de fortes divergences très éclairantes sur le fonctionnement de nos démocraties.
Faut-il se fier aux discours et aux données officielles annonçant une stabilisation, voire un recul de la délinquance ? La violence urbaine serait-elle un phénomène dépassé ? Que met-on derrière ces termes ? L'approche comparative de l'ouvrage tente de répondre à ces questions. Dans chacun des pays étudiés - France, Royaume-Uni, Etats-Unis -, l'enjeu sécuritaire révélé par la ville permet de cerner des macro-mutations de société. La mondialisation n'est toutefois pas la seule cause des bouleversements susceptibles d'induire des troubles urbains, et elle ne s'exprime pas sous les mêmes formes d'un pays à l'autre. L'analyse de cas concrets à laquelle se livre l'auteur éclaire les changements intervenus au cours des vingt dernières années dans les politiques de prévention et de sécurité urbaine. Elle suggère que la construction de réponses à " la ville dangereuse " vise à déplacer des demandes toujours plus fortes (et insaisissables) de certitude et de sécurité. Les attitudes envers l'innovation et le soutien apporté aux habitants dans la " co-production " de la sécurité font apparaître de fortes divergences dans les modes de gouvernance et éclairent le fonctionnement de la démocratie locale.
La police est-elle facteur de discrimination raciale ? Des témoignages de victimes recueillis sur le numéro vert du 114 laissent à penser que les principes citoyens et les traitements d'égalité pour tous sont de moins en moins respectés. Plus grave encore, les plaintes des victimes de ces discriminations n'ont quasiment jamais de suites judiciaires et disciplinaires. L'ethnicisation des relations sociales et des territoires, la criminalisation des jeunes assimilés à des voyous, auxquelles s'ajoute un racisme acquis sur le tas, expliquent en partie ce constat alarmant. Les conditions de travail difficiles des policiers, l'ambiguïté et le flou de leurs missions sont aussi en cause. Comment lutter contre ces attitudes discriminantes indignes de la République ? Alors que des pays étrangers tels que le Royaume-Uni et les États-Unis ont choisi de former et de sensibiliser les policiers à ce problème, la France préfère le taire. En formulant des propositions pour mettre fin à ce tabou, ce livre lance le débat : comment la police peut-elle mettre fin aux discriminations à l'égard des usagers ?
Cette synthèse sur la théorie des relations internationales les situe dans leur environnement intellectuel et historique. Elle passe en revue les modèles de référence généraux ainsi que les divers concepts de cette science politique, avant de détailler les débats sectoriels de la discipline. Cette édition intègre notamment les derniers développements sur le marxisme et l'intégration européenne.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du "non" irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l'Union européenne dans une crise grave. II a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels. Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des Etats membres, exige d'affronter la complexité de l'Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l'originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la "fédération d'Etats" et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l'équilibre institutionnel original du "modèle communautaire" et sur les mécanismes de décision qu'il génère. Il se penche sur la "vie politique" qui s'ébauche dans l'Union et s'interroge sur la manière dont cette fédération d'Etats peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l'Union européenne.