Les techniques de parfumerie et les caractères politiques et sacrés des parfums sont nés en Mésopotamie et en Égypte à l'âge du Bronze. Les parfums, produits de luxe et marqueurs culturels participent aux grands échanges méditerranéens aux côtés des textiles, des métaux ou du vin. Ils accompagnent, dès le VIIIe siècle, l'installation des Grecs sur le pourtour méditerranéen avant de se démocratiser à l'époque hellénistique avec de nouvelles sources d'approvisionnement en matières premières ouvertes en partie par les conquêtes d'Alexandre. La paix romaine permet une nouvelle diffusion des parfums avec une gamme de plus en plus riche de techniques et de produits. Le parfum, s'il peut être familier, confectionné à partir d'essences locales, est aussi un produit rare, raffiné, précieux, lointain qui est tout à la fois un objet culturel et un produit économique. Utilisés par les hommes et les femmes, les parfums sont offerts aux dieux et aux défunts, les effluves formant un lien sensible entre le monde matériel et les autres mondes. Intégrés dans les cultes, dans les cérémonies publiques et dans les rituels funéraires, ils donnent à ceux qui les utilisent, vivants ou morts, cette odeur, cet aspect lumineux et charismatique si caractéristiques du divin. Ils offrent des sensations tactiles et olfactives tout autant que des projections imaginaires. Le pouvoir des odeurs est certes symbolique, mais il s'appuie aussi sur des combinaisons subtiles de senteurs, sur des contenants aux formes et aux matières spécifiques. L'ouvrage associe des historiens, des historiens de l'art, des philologues, des archéologues, des botanistes et des chimistes afin de multiplier les sources et de donner aux parfums et aux odeurs la cohérence nécessaire d'un objet de recherche. Pour cela cinq entrées ont été retenues: la matière du parfum, les odeurs du culte, le statut et le pouvoir des odeurs, les objets du parfum, et le parfum comme objet culturel et produit économique. Reste alors au lecteur à suivre ce sillage des odeurs parfumées qui conduit dans les contrées anciennes où "les parfums, thumiamata, étaient du cinnamome, de l'encens et du safran; les fleurs, des narcisses, des roses et des myrtes; l'exhalaison des fleurs rivalisait avec l'odeur des parfums qui brûlaient, le souffle qui montait dans l'air mélangeait l'odeur, et c'était un vent de délice" (Achille Tatius, Leucippé et Clitophon, II, 15).
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Nombre de pages
279
Date de parution
04/09/2008
Poids
990g
Largeur
218mm
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EAN
9782753506381
Titre
Parfums et odeurs dans l'Antiquité
Auteur
Bodiou Lydie ; Frère Dominique ; Mehl Véronique ;
Editeur
PU RENNES
Largeur
218
Poids
990
Date de parution
20080904
Nombre de pages
279,00 €
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Résumé : Dans l'immense majorité des sociétés, passées comme présentes, les femmes font l'objet de maltraitances avérées, de traitements iniques, et sont élevées dans une culture de l'infériorité. Les violences exercées contre elles, du mariage forcé aux coups répétés, sont des violences de genre qui induisent une sorte de banalité, voire d'impunité, conduisant au crime de sang. Le féminicide est un crime de haine contre les femmes en raison de leur sexe, pour ce qu'elles sont ou ce qu'elles représentent. Du continent asiatique auquel les filles "manquent" à l'Amérique du Nord, en passant par les pays européens qui tentent de légiférer ou des pays d'Amérique latine qui ont fait figurer la notion de féminicide dans leurs législations nationales, sans oublier l'Afrique et les organisations internationales, une prise de conscience s'est fait jour : le féminicide est un fléau universel et l'un des défis majeurs des sociétés du XXIe siècle. On tue une femme est un ouvrage pour dénoncer l'insoutenable et un outil permettant de penser, de comprendre et d'agir contre les féminicides.
Attiré par le fumet de viande rôtie, Zeus se laisse tromper par Prométhée; au creux du cou de sa belle l'amant vient chercher un avant-goût d'extase et si Rufus n'a pas de succès avec les femmes, la raison en est simple: ses aisselles abritent un bouc, insoutenable. L'Antiquité est un monde d'odeurs, un pot-pourri de senteurs méditerranéennes, volatiles mais tenaces, qui accompagnent chaque moment de la vie quotidienne, la toilette bien sûr, mais aussi le mariage, le banquet, la mort et la prière. Ouvrez grands vos yeux et vos narines pour suivre les parfums enfouis de la boutique d'un apothicaire, de l'ombre du gymnase, de l'intimité du gynécée ou du brouhaha des cuisines, extraits d'une centaine de textes de l'Antiquité, connus parfois, surprenants souvent, qui sentent ou puent, embaument ou encensent, se répandent et se partagent même une fois le livre fermé.
Résumé : L'imaginaire collectif contemporain perçoit l'Antiquité comme sanguinaire. Sur scène, dans l'arène, sur le champ de bataille ou dans les sanctuaires, le sang coule. Porteur de vie et de mort, il est autant souillure qu'élixir, il a quelque chose de mystérieux ; il coagule ou non, il pervertit ou soigne. Le sang, c'est celui que l'on transmet à ses fils, celui des liens familiaux qui déterminent l'appartenance à une lignée ou l'exclusion, c'est aussi le grand baromètre de la vie, celui des saisons du corps féminin ou qui sourd de la blessure du guerrier, l'un donne la vie, l'autre la reprend. Ambivalent, impur et vital, mortifère et magique, le sang recèle tous les fantasmes et toutes les peurs de l'Antiquité. Mais la fascination et la répulsion qu'il exerce sur les Anciens nous sont-elles si étrangères ?
Ces contributions montrent comment le corps, paré de ses ornements, de ses objets et de ses artifices, dit la condition humaine dans ses hiérarchies et ses cloisonnements. Il séduit, attire et fascine comme il dérange. Les parures et artifices sont ainsi autant de manières dexposer, par le corps et sur le corps, lêtre et le paraître des Anciens.
Humbert-Amemiya Hiroko ; Cabel Eflamm ; Numajiri R
Le japonais... comme au Japon. Chotto Nihongo vous offre : des explications en français facilitant l'auto-apprentissage, un lexique de plus de 1 300 mots et une centaine d'idéogrammes (Kanji) pour découvrir et pratiquer l'écriture japonaise ; un accès aux structures de base de la langue et de la grammaire japonaises avec des exercices corrigés ; des dialogues et de petits textes inspirés de la vie quotidienne avec les expressions usuelles pour se débrouiller dans la vie réelle. Ils sont suivis par des exercices de compréhension et leurs corrigés en fin de volume ; des présentations du contexte socioculturel japonais comme dans aucun autre manuel. Chotto Nihongo est un excellent outil interactif entre étudiants et enseignants dans un cursus d'apprentissage du japonais. C'est dans un tel cadre qu'il a été élaboré, au cours de plusieurs années, par l'auteur.
Cohen Evelyne ; Gangloff Anne ; Giuliani Jean-Domi
Comment fabrique-t-on des héros et des héroïnes ? Comment expliquer que certains processus d'héroïsation aboutissent à la reconnaissance publique d'un individu comme supérieur, digne d'un culte (au sens propre ou métaphorique), alors que d'autres échouent ? Le livre qui étudie à la fois des textes et des images fixes ou en mouvement porte sur le phénomène de l'héroïsation conçu comme un processus de construction développé par un réseau d'acteurs. Il s'attache aux processus d'héroïsation eux-mêmes en examinant divers attributs, acteurs et obstacles. Il analyse différentes figures d'héroïnes et de héros à une période donnée, dans le temps long ou bien dans une perspective genrée. Il interroge la temporalité des héroïsations : certaines périodes historiques, certains régimes politiques, certaines sociétés ont été plus propices que d'autres au phénomène de l'héroïsation, et c'est précisément le cas de notre époque où l'on parle de plus en plus souvent de héros, comme on le constate depuis la Covid et la guerre en Ukraine. Il s'inscrit de façon pluridisciplinaire dans une vaste perspective chronologique, depuis l'Antiquité grecque, grande pourvoyeuse de héros, jusqu'à Zelenski, héros de la série télévisée "Serviteur du peuple" . Publié dans le cadre de la chaire Jean Monnet FABER de l'université Rennes 2
Résumé : Chaque jour depuis plus de 20 ans, le docteur Vincent Morel accompagne des patients qui vont mourir. Comment ces malades abordent-ils cette phase ultime de leur existence ? Quelles questions posent-t-ils ? Comment les accompagner et les soulager ? Comment leurs expliquer ce que sont réellement les soins palliatifs trop souvent assimilés à l'échec des traitements ? Ces questions se doublent aujourd'hui de celle de l'euthanasie et du suicide assisté. Cette question posée par les patients eux-mêmes fait aussi partie de son quotidien. Et elle mobilise autant les soignants qu'elle anime la société. Au lieu de s'enfermer dans une réponse binaire qui chercherait à soutenir une position militante, l'auteur invite au doute et à la réflexion. A partir de ses rencontres au chevet des malades, il présente les différents arguments qui agitent le débat public. Dans une société en mouvement, il apporte les outils cliniques, historiques, éthiques, conceptuels, juridiques nécessaires à la prise de position que chacun prendra librement.
L'histoire du serment politique en Occident est celle d'un long dévoiement. Ce rite habillé d'oripeaux antiques, médiévaux et religieux, avait été pensé comme l'instrument de la conjuration des hommes libres. Il sera devenu un des moyens de conjurer leur liberté. Alliance des hommes libres et égaux sous le regard de Dieu, il est progressivement encadré par les puissances politiques et ecclésiales, puis capté par l'Etat moderne à partir du XVIIe siècle. L'expérience révolutionnaire cherchera à redonner au serment son caractère démocratique et égalitaire, avant qu'au XIXe il ne devienne un rite de sujétion bureaucratique. Dans les régimes autoritaires et totalitaires, il exprime non seulement une fidélité politique mais il est la marque d'un biopouvoir par lequel l'individu abdique sa conscience et jusqu'à son propre corps dans le peuple, le parti, l'Etat, l'idéologie, le chef. C'est à une histoire politique enracinée dans les pratiques juridiques et les doctrines religieuses propres à l'Occident, et aujourd'hui négligée, que ce livre s'attache à donner une lecture originale et novatrice, puisqu'il s'agit de la première synthèse en français sur l'histoire du serment.