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Le Décaméron
BOCCACE/LAURENS
FOLIO
13,90 €
En stock
EAN :9782070401925
Boccace a trente-cinq ans en 1348 quand, « juste effet de la colère de Dieu », éclate la grande peste qui flagelle l'Italie, brisant les attachements les plus forts (en cette année mourut la Laure de Pétrarque) et détruisant pour un temps tout lien social. Composé dans les années qui suivent, le « Livre des dix journées », premier chef-d'oeuvre de la prose littéraire, s'ouvrira sur ce tableau apocalyptique, dont la force grandiose et terrible, n'a rien à envier à la description de la peste d'Athènes chez Thucydide. C'est en effet dans ce contexte que sept jeunes filles courtoises et trois jeunes hommes qui ont conservé leur noblesse d'âme se retirent sur les pentes enchanteresses de Fiesole pour fuir la contagion de Florence, devenue un immense sépulcre, et pendant deux semaines se réunissent à l'ombre des bosquets, partageant le temps entre repas, danses et promenades, et se distrayant chaque jour, à l'exception des jours fériés, par le récit de dix nouvelles, une pour chacun, tantôt sur un sujet libre, tantôt sur un sujet fixé à l'avance pour tous, par la reine ou le roi de la journée. On a employé le terme italien de cornice ou cadre pour désigner cette façon de lier entre eux les cent récits qui suivent au sein d'une nouvelle portante ou d'une « super-nouvelle », modèle souvent imité depuis... Trois grands thèmes traversent ces histoires ; face à la Fortune, deux forces, dont on s'aperçoit qu'à elles deux elles impliquent l'être tout entier : instinct et raison, - le coeur et l'intelligence, toute-puissance d'Éros et force foudroyante de l'Esprit. Le dénominateur commun à des sujets aussi divers est la toute-puissance d'un instinct où le désir charnel est toujours engagé. Ce qui s'oppose diamétralement à l'éthique chrétienne du Moyen Âge, avec l'absence, dans ce monde gouverné seulement par la nature et la Fortune, de toute préoccupation concernant le salut, c'est avant tout son naturalisme, sa morale sexuelle, sa revendication sans fard d'une liberté des sens. Ajoutons la confiance en cette autre grande force motrice qu'est l'Esprit. Ce poème de l'initiative humaine, de l'industrie, de l'agir humain se jouant dans les limites et avec les sollicitations que lui offrent la Fortune et les autres hommes, dans la trame complexe des rapports en société, est aussi et d'abord le poème de l'Intelligence. « Le Décaméron », salué à juste titre comme le premier chef-d'oeuvre de la prose littéraire en langue vulgaire, est en même temps et avant la lettre un modèle brillantissime de « conversation civile » (Stefano Guazzo) ou de « conversation conteuse ». Préface de Pierre Laurens, professeur émérite à la Sorbonne. Traduction nouvelle de Giovanni Clerico. Dossier de Claude et Pierre Laurens.
En ce temps-là, on croyait par erreur en des dieux mauvais, pervers et menteurs ; cette croyance était si répandue que tous pensaient qu'ils étaient dans les cieux aussi bons et gracieux qu'ils semblaient l'être ; on leur offrait sacrifices et fêtes, en très grande pompe on les honorait, Jupiter surtout, ici comme ailleurs. Régnait alors aussi une déesse qui Diane se faisait appeler ; et bien des femmes lui étaient vouées ; celles qui la luxure haïssaient, souhaitant préserver leur virginité, et désirant lui être consacrées, Diane les accueillait en grande joie, les gardant près d'elle dans les forêts.
Vous voulez vous venger de l'avarice de votre maître ? Faites-lui croire qu'une troupe imaginaire de spadassins est à sa poursuite et que vous avez trouvé un moyen de le sauver. Prenez un sac. Mettez l'homme dans ce sac et prenez soin de bien le fermer. Promenez-le un peu sur votre dos à travers la ville. Profitez-en pour le rouer de temps à autre de coups de bâton. Mais prenez garde que votre victime ne découvre la supercherie...
Après « Les huit montagnes », nous retrouvons avec plaisir les thèmes chers à Paolo Cognetti - la montagne, la nature, les liens familiaux... Son récit s’articule autour d’un axe, comme un miroir dans lequel se répondent des mondes opposés : monde sauvage et civilisé, montagne et vallée, nature et constructions humaines – structure qui met en exergue la complexité et la richesse de nos existences.
Ferrante Elena ; Damien Elsa ; Mileschi Christophe
Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. C'était la vie, un point c'est tout : et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile". Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu'elles soient douées pour les études, ce n'est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l'école pour travailler dans l'échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s'éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition. L'amie prodigieuse ouvre la saga d'Elena Ferrante, qui se poursuit avec Le nouveau nom puis Celle qui fuit et celle qui reste et se conclut avec L'enfant perdue.
Tout dans ce roman est un peu « trop », et c’est ça que j’ai adoré. L’histoire se passe à Naples, où il ne fait pas juste chaud mais où les personnages suffoquent. La nourriture (parce qu’il est très souvent question de cuisine!) n’est pas juste généreuse, elle est abondante, dégoulinante et grasse, les odeurs enveloppent les personnages et les ruelles de la ville. L’amour aussi déborde dans ce roman, pas toujours bienveillant, souvent défaillant même. Un roman qui colle à la peau et aux pensées.