Blumenberg Hans ; Trierweiler Denis ; Rusch Pierre
CERF
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EAN :9782204083522
C'est par son scepticisme si particulier consistant à se méfier avec raison des déviations de la raison que Hans Blumenberg (1920-1996) est entré en émigration intérieure. Une émigration qui, après 1945, a refusé une certaine Allemagne; celle de Heidegger et de Gadamer, de Hölderlin lu par eux, l'Allemagne de Jünger le "grand écrivain" et de Carl Schmitt le "grand juriste". Or l'émigration intérieure est un acte de résistance, et celui qui prend cette voie est assuré d'écrire du fond des ténèbres - de profundis! C'est aussi ce qui donne à l'oeuvre de Blumenberg sa profondeur unique, on le verra dans ce livre-ci comme dans tous les autres qui seront un jour traduits. Ainsi sa solitude aussi est-elle relative: "Elle seule, la philosophie, écrit Blumenberg, permet de comprendre ce quelque chose qui, sans elle, nous ferait face comme étant de part en part inconnu et... unheimlich.Que voulions-nous savoir? pourrait être la question traitée dans ce livre-ci, la question qui s'est glissée, depuis les deux siècles qui nous séparent de la Critique de la raison pure de Kant, à la place de sa question fondamentale: Que pouvons-nous savoir? Il est permis de supposer que les déceptions dans la quête du savoir valent aussi d'être étudiées, parce que leur indétermination qui ronge représente un moment de tonalités historiques fondamentales sur une échelle qui va de la résignation jusqu'à la colère contre le monde. Qu'était-ce donc que le savoir semblait proposer, quelles promesses représentait-il? Comment le monde devait-il, aurait-il dû se présenter, si l'incertitude à son égard ne devait plus engendrer le malaise? Ce sont là des questions qui ressemblent à des choses que nous aurions presque oubliées. Elles ont été profondément enfouies comme ce qui ne saurait plus avoir d'importance. La" métaphorologie est un procédé pour débusquer les traces de tels désirs, de telles exigences, qu'il est inutile de qualifier de refoulées pour les trouver intéressantes. Même des attentes qui n'ont pas été comblées et qui ne le seront sans doute jamais sont des faits et des facteurs historiques, des incitations pour des séductions qui se reconstruisent constamment, jusqu'au délirant vogliamo tutto! Le désir souterrain, qui n'a pas été comblé, d'une expérience du monde plus intense, se donne alors des maîtres exotiques. Le thème de la Lisibilité du monde ne permet de traiter que des épisodes. Mais que quelque chose reste un épisode ne suffit pas encore à lui donner tort. L'obstination avec laquelle certaines choses reviennent et s'inventent leurs métamorphoses donne davantage à penser que la stabilité avec laquelle d'autres choses se contentent de simplement rester là. Mais ce qui est en jeu aussi, ce sont les risques de folie préparés par ce qui revient et tient à disposition son énergie désirante pour le moment historique opportun: alors apparaît comme futur tangible ce qui ne peut pourtant être que le correctif d'un présent. Pourtant un désir ne devient pas encore insensé du seul fait que l'on ne saurait le prendre pour la promesse d'un accomplissement possible. Voilà pourquoi le complexe métaphorique de la Lisibilité du monde est aussi un fil d'Ariane de la lucidité. Biographie de l'auteur Hans Blumenberg est né à Lübeck en 1920. Il se fait connaître en 1966 avec La Légitimité des Temps modernes. Auteur d'une bonne trentaine d'ouvrages (dont plus de la moitié posthumes), il a été professeur de philosophie à l'université de Münster. Il meurt en 1996.
Nombre de pages
414
Date de parution
15/11/2007
Poids
643g
Largeur
146mm
Plus d'informations
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EAN
9782204083522
Titre
La lisibilité du monde
Auteur
Blumenberg Hans ; Trierweiler Denis ; Rusch Pierre
Editeur
CERF
Largeur
146
Poids
643
Date de parution
20071115
Nombre de pages
414,00 €
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Ce livre d'Hans Blumenberg (1920-1996) est l'un des classiques du débat contemporain sur les origines de la modernité et sur les conditions de formation de la rationalité scientifique qui en constitue le coeur. Initialement paru en 1966, il est traduit ici d'après la deuxième édition de 1988 qui intègre les discussions qu'il a suscitées. L'investigation se déploie selon quatre axes : 1. Une critique de la catégorie de "sécularisation" mise en vogue par Eric Voegelin, Karl Löwith ou Carl Schmitt. 2. Une analyse du rôle de l? "absolutisme théologique" de la fin du Moyen-Âge : ou comment la radicalisation de la transcendance divine conduit à la découverte de l'absolu immanent. 3. Une histoire de la curiosité à l'égard des secrets de la nature. 4. L'examen de deux auteurs illustrant "deux manières de rapporter au seuil d'une époque" : Nicolas de Cues, avant Copernic, et Giordano Bruno, après Copernic. Foisonnant, subtil, imaginatif : un ouvrage à lire !
Dans les cavernes qui ont été ses premiers abris, l'homme dessine sur les parois les objets de son désir et de sa lutte pour la vie. Le concept surgit dans la vie d'êtres qui sont chasseurs et nomades. Sans doute peut-on montrer le plus clairement ce dont un concept est capable lorsque l'on songe à la fabrication d'un piège : il est en tous points conçu en fonction de l'aspect, des mesures, du comportement et de la démarche d'un objet qui est seulement espéré, qui n'est pas présent et qu'il faut d'abord amener à être capturé et appréhendé. Cet objet est à son tour lié à des besoins qui ne sont pas ceux du jour même, qui ont donc une dimension temporelle. Une théorie anthropologique du concept est un réquisit urgent, car elle seule permet de prendre en compte sur un mode fonctionnel aussi bien la performance d'un concept que son déficit face à des exigences qui ne procèdent pas d'une forme de vie nomade, mais présupposent le loisir du sédentarisme. Car l'état de choses étonnant est que, certes, le concept est un produit de la vie des chasseurs et des nomades, mais la théorie, qui semble le condensé de ce que permettent de réaliser les concepts, a pour condition la sédentarité urbaine et la division du travail. "
« Philosophe cultivant le secret, volontairement éloigné de la place publique, Hans Blumenberg bénéficie d un capital de sympathie de la part de ceux qui ne l ont pas encore lu mais en ont entendu parler... On dit qu il est un des plus importants penseurs allemands contemporains, on dit que sa réflexion philosophique est à la hauteur de sa discrétion, on dit beaucoup de choses le concernant... Avec Le souci traverse le fleuve, les on-dit deviennent des certitudes. » (Thierry Paquot, La Quinzaine littéraire)
Philosophe étonnant, déroutant, anti-systématique, Hans Blumenberg est l auteur d une uvre immense. Cet ouvrage en restitue l une des principales lignes directrices: la « métaphorologie », où l image se montre comme la racine de toute pensée conceptuelle. L étude porte ici sur le « naufrage » comme métaphore de l existence humaine, de ses périls, de ses limites. Naufrage qui ne prend son sens qu au regard d un spectateur, fasciné ou contemplatif, distancié ou impliqué, dans le spectacle de la faillite des aventures humaines, du désordre de l Histoire. Une image très simple que celle du naufrage. Blumenberg, à sa manière inimitable, en déploie toute la richesse, convoquant ceux qui l ont travaillée, déplacée, retournée. De Lucrèce à Nietzsche, en passant par Voltaire, Goethe et d autres, il nous invite à une véritable traversée du sens.
La Bible de Jérusalem est le fruit de la traduction collective des textes hébreux et grecs par l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem qui lui a donné son nom. La première version est parue en 1956. La version actuellement imprimée date de 2000. La qualité des introductions, des traductions et des notes reflète le meilleur de la recherche exégétique contemporaine. La mise en pages réjouit l'oeil tout en facilitant l'intelligence du texte - l'usage de strophes signalant par exemple les passages poétiques. Cette disposition est devenue un modèle pour toutes les bibles modernes ultérieures. Des références dans les marges renvoient à d'autres passages. La Bible de Jérusalem est actuellement la traduction biblique la plus répandue en France, et fait figure de classique. La fidélité aux textes originaux en fait une bible d'étude. La qualité littéraire de sa traduction, la grande attention portée à son vocabulaire et à son style en font une bible pour la lecture, adaptée à tous les publics. Les livres présentés sont ceux du canon catholique.
Depuis la vague d'attentats de janvier 2015 jusque dans des tragédies plus récentes, une incompréhension mine notre société : comment des jeunes, français ou installés en France de longue date, peuvent-ils adopter des positions haineuses à l'égard de ceux qu'ils décrivent comme leurs ennemis ? Comment des campagnes de harcèlement peuvent-elles se développer sur les réseaux sociaux pour dénoncer les contenus de certains cours ? Les questions sont complexes, et n'appellent pas des réponses simplistes. Cet ouvrage - élaboré dans une perspective interdisciplinaire (droit, philosophie, psychologie, sciences de l'éducation, sociologie, théologie) - aborde concrètement les difficultés et les actions possibles, associant chercheurs et acteurs du terrain éducatif. Le monde éducatif est, en effet, confronté à la problématique du décalage entre discours se voulant scientifiques et dogmes religieux, menant dans certains cas au dysfonctionnement de l'institution scolaire (avec notamment le refus de participer à certains cours). La réflexion et l'action sur ce thème supposent donc de ne pas prendre de position surplombante, mais de pallier la méconnaissance du phénomène religieux chez une partie de ceux qui se confrontent à ses manifestations contemporaines, et de prendre la mesure des failles psychiques, intellectuelles, voire spirituelles de nos dispositifs collectifs d'éducation et de transmission du savoir. Les expressions religieuses contemporaines les plus extrêmes seraient alors à penser dans ce cadre du déficit des valeurs symboliques partagées qui feraient lien...