La Fondation Custodia met en lumière son propre fonds en proposant un florilège de ses dessins français du XIXe siècle à l'automne 2022. L'exposition Dessins français du XIXe siècle de la Fondation Custodia présente des oeuvres d'artistes majeurs de l'art français (Ingres, Delacroix, Corot, Rosa Bonheur) et remet à l'honneur des talents célèbres en leur temps, injustement oubliés de nos jours (Achille Benouville, Eugène Buttura, Lionel Le Couteux) ou totalement méconnus (Caroline Defontenay, Charles Eustache). Les feuilles sont dévoilées ici suivant un fil chronologique qui souligne tour à tour diverses thématiques : l'observation naturelle au début du siècle (Michel Mandevare, Jean Antoine Constantin), la variété des techniques, le sentiment romantique, le réalisme du milieu parisien (Auguste Péquénot, Gabriel Prieur), la fraîcheur de coloris des aquarellistes (Paul Huet, Henri Harpignies), l'inventivité et la poésie des artistes du milieu du siècle (Gavarni, Gustave Doré) et les impressions lyriques des plus modernes (Pierre Prins, Auguste Cabuzel). Ce survol du siècle est ponctué de focus sur des artistes dont la Fondation conserve un ensemble important, tels que François Marius Granet, Eugène Isabey ou encore les frères Flandrin. Le catalogue comprend près de 150 oeuvres, choisies parmi les quelque 1800 feuilles du fonds XIXe de la Fondation Custodia (carnets d'esquisses compris), qui rendent compte de la grande qualité de cette collection, éclectique et cohérente, héritière des goûts de son créateur.
Nombre de pages
349
Date de parution
04/11/2022
Poids
2 068g
Largeur
280mm
Plus d'informations
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EAN
9782958323424
Titre
Dessins français du XIXe siècle
Auteur
Blok Rhea Sylvia ; Cortes Antoine ; Guichané Maud
Editeur
CUSTODIA
Largeur
280
Poids
2068
Date de parution
20221104
Nombre de pages
349,00 €
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Résumé : 1880-1921 : un destin de poète par grande accélération de l'histoire. Monde bouleversé, société secouée de fond en comble, vies qui s'improvisent entre exaltation et ravage... Alexandre Blok est l'un de ceux qui eurent à traverser l'épreuve, éblouissante et atterrante, de la révolution. Mais, comme le souligne Pierre Léon dans sa préface, ce poète semble requis par des mutations plus radicales encore. Il "a l'oreille collée à la terre, et il écoute. Il écoute et il attend. Quoi ? l'Apparition. De quoi ? De qui ? Difficile de répondre à cette question. On serait tenté de dire : la Belle Dame, l'Inconnue, la Russie, les trois Epouses espérées sur le chemin poétique... Mais on serait encore bien en-deça de la vérité. Dans un monde dévasté, le poète n'attend ni quelqu'un ni quelque chose ; il attend. Que ce monde se repeuple. Ou plutôt qu'il entende le bruit sourd du "torrent souterrain" qui menace de submerger l'horreur phénoménale. Le poète entend ce bruit avant tout le monde. Ce bruit, il l'appelle musique, et sa voix s'ouvre, s'enfle, chante et se fond dans "l'orchestre de l'âme du monde""... Pour Blok, le monde connu, le monde des travaux et des jours, c'est le "monde terrible" dans lequel il faut beau vivre, mais qu'il faut traîner comme un boulet, traverser comme un enfer. Cette traversée, c'est précisément le parcours que propose ce livre qui, pour la première fois en français, explore l'ensemble d'une oeuvre parmi les plus intenses et les plus fortes du début du XX ? siècle.
Alexandre Blok (1880-1921) est considéré comme le plus grand poète de la période symboliste. Publié à la fin de 1904, le premier recueil de Blok a imposé d'emblée un titre inoubliable. On a suivi le texte de la première publication. En la lisant dans son premier état, on découvre que cette oeuvre, dont on dit trop souvent qu'elle est préraphaélite, séraphique et monotone, joue sur d'infinies variations de couleurs.
Alexandre Blok (1880-1921), première grande voix dudit Age d'argent de la poésie russe, apparut comme le maître de récole symboliste dès le cycle De la Belle Dame, jusqu'à des chefs-d'oeuvre tels que La jeune fille dans le choeur chantait et L'Inconnue. Toutefois, sa poésie d'une incomparable musicalité, non sans écho verlainien, n'allait pas tarder à dépasser le cadre du symbolisme pour s'imprégner d'une vision tragique, puissamment prophétique des réalités de son temps, en particulier dans les poèmes sur la Russie, "épouse et mère", où il retrouve l'acuité lucide et cristalline d'un Pouchkine et d'un Lermontov. D'abord favorable aux révolutions de février et octobre 1917, dont il attendait avant tout une "transfiguration de l'homme", il écrivit en janvier 1918 Les Douze et Les Scythes, deux grands poèmes restés parmi les plus célèbres, où il s'était efforcé de saisir la "musique de la révolution". Bientôt déçu, "déserté par les sons", il cessera pratiquement d'écrire et, rongé d'un mal mystérieux, sans doute autant moral que physique, s'éteindra à Petrograd le 7 août 1921. C'est cette trajectoire qu'épouse la présente anthologie bilingue, où il a été tenté de restituer autant que possible une instrumentation verbale, rythmique et prosodique, qui explique en grande partie l'envoûtement exercé par les vers d'Alexandre Blok sur des générations de lecteurs russophones. En guise de préface, on pourra lire les souvenirs du grand critique Kornei Tchoukovski, qui connut bien le poète et fut un des premiers à montrer son rôle primordial dans l'avènement de la poésie russe moderne.
Résumé : Dans une grande hallucination, Alexandre Blok rédige Douze entre le 8 et le 28 janvier 1918. La publication de ce texte provoque une vraie tempête. Peu d'écrivains ont osé faire aussi vite de la Révolution le thème central d'une oeuvre littéraire. Dans les rues de Petrograd, les murs sont placardés d'affiches où figure un vers du poème : "Marquez le pas révolutionnaire ! " Relayés par la critique soviétique, les bolcheviques font de Douze leur étendard. Cependant, le poème s'attache à l'âme de la Révolution plus qu'à la révolution politique elle-même. C'est une oeuvre inaugurale au sens où il invente le langage nouveau de la modernité poétique en Russie. Par ses recherches rythmiques, Douze est lié à toute l'oeuvre antérieure de Blok, dont il est l'aboutissement et le dépassement. Son rythme novateur crée le vers tonique libre en russe : la distinction entre la cadence du vers et celle de la langue parlée s'efface. Les poèmes, au nombre de douze, n'en forment qu'un, liés entre eux par la continuité narrative de l'avancée des douze soldats dans la tempête de neige.