Dans une ville africaine, le consulat français se trouve sous le contrôle d'une bande rebelle. Cinq personnes à bout de nerfs y sont retenues : le consul et son épouse, un aventurier d'affaires, un entomologiste tourmenté et une jeune institutrice idéaliste. La nuit est tombée. Les rebelles, qui vont se retirer sous la pression des forces gouvernementales, exigent, pour protéger leur retraite, que l'un des Français les accompagne. Comment désigner un " volontaire " ? Au cours d'une éprouvante nuit blanche, chacun déploie ses stratégies de survie : jeu cruel et cocasse de séduction et de manipulation, où tous les personnages se révéleront en s'entre-déchirant. Satire truculente d'une certaine politique africaine, ce huis clos tropical met à nu le comportement de l'homme civilisé lorsque le chaos du monde frappe à sa porte.
Nombre de pages
178
Date de parution
26/08/1999
Poids
185g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782080678218
Titre
FENETRE SUR JUNGLE
Auteur
Blanc Henri-Frédéric
Editeur
FLAMMARION
Largeur
135
Poids
185
Date de parution
19990826
Nombre de pages
178,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Une nuit d'été, au c'ur d'une forêt provençale en proie à l'incendie, un homme se confie au répondeur de sa psychiatre. C'est un acteur de cinéma en bout de course qui s'offre enfin le luxe de tout dire. Sous le regard des étoiles, il va dénoncer avec une verve corrosive la " cabale des normaux ", dont il est victime, tout en brossant un tableau au vitriol d'un monde hystérique dominé par les faux-semblants et les idoles de sucre. Paranoïaque délirant ou inspiré génial ? Faut-il franchir les garde-fous de la raison pour s'approcher de la vérité ...
Que vaut un homme pour un canon ? Des clous. Et pourtant, il a fallu beaucoup d'intelligence pour fabriquer un canon. Un canon c'est de la raison bien calibrée, de la logique en acier trempé. La raison fait de grandes choses mais elle penche du côté de l'inhumain : ses serviteurs sont les chiffres, et les chiffres ignorent notre souffrance. Au bout du compte, la position la plus logique, pour l'homme, c'est la position allongée raide. Un cadavre, au moins, c'est clair. La guerre de Quatorze, mademoiselle, ce ne fut pas le triomphe de la sauvagerie mais celui de la raison pure.
Je veux le monopole de la dérision ! Le Prince du monde doit être le seul autorisé à se moquer du monde ! Votre mission sera de transformer tout rire en grimace dans le sixième arrondissement de Paris, d'écraser dans l'?uf toute tentative de création, toute aspiration à la vérité, toute ébauche de courage, toute esquisse d'ironie ! Je veux des romans après lesquels le verbe ne repousse pas, des livres qui donnent envie de se taire, qui sentent la cave, la désolation, l'impuissance et le découragement, je veux que pour la jeunesse l'intelligence pue le renfermé ! La littérature est une potiche fêlée, mais elle peut encore contenir du poison, réduisez-la en poudre ! "
Longtemps il balança entre les chaleureuses horreurs de l'intérieur et les glaces de la réalité. Finalement, il ouvrit les yeux. Surprise : rien. Le rien de chez Rien. L'extrême noir. Le four. Le trou du derrière de madame la Nuit. Le fond du o de l'obscurité. Vite, on cligne des paupières avec l'habituelle terreur d'être aveugle, on pousse un petit gémissement, histoire de se dire bonjour, on se dresse pour... et bing ! on se heurte le front à un élément solide et soyeux, une sorte de rembourrage. Gagné ! Il s'agit en effet d'un rembourrage. Le terme exact est capiton. Le capiton est utilisé notamment pour garnir les divans de psychanalyste et les cercueils. Il n'était pas sur un divan de psychanalyste. " Un homme s'éveille dans un cercueil. Il ne se souvient de rien. Suffoquant, en proie à l'angoisse et à la soif, il trouve un téléphone mobile dans la poche de son pantalon. Commence alors une terrible odyssée immobile pour tenter de sortir de la tombe...