Quels sont les contenus des savoirs géographiques au moment de l'émergence des sciences humaines ? Cette question constitue l'objet de ce livre. A cette période, la géographie paraît à la fois diffuse et insaisissable, car elle s'intègre mal dans les opérations de remembrement disciplinaire survenues au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. C'est pourquoi l'histoire de la géographie commence généralement avec l'entrée de la discipline à l'Université et la mise en place de la géographie vidalienne. L'impression dominante forgée par les Vidaliens eux-mêmes, consiste donc à dire qu'avant la fin du XIXe siècle, la géographie n'existait pas comme science. Cette approche a souvent conduit à négliger des pratiques et des efforts théoriques qui, certes, n'ont pas nécessairement abouti à un savoir formalisé, mais dont l'identification paraît néanmoins essentielle à la connaissance du champ. C'est l'un des enjeux de ce recueil. L'éclatement apparent des pratiques géographiques, la richesse des discours et des échanges avec d'autres disciplines au moment de leur naissance institutionnelle, l'oscillation essentielle de la géographie entre science physique et science humaine constituent les bases de cette réflexion collective consacrée à la construction, à l'identification et à la singularité des savoirs sur l'espace. A partir de leur expérience des sources de la période, des historiens et des géographes ont tenté de cerner au plus près les lieux, les discours et les pratiques des savoirs sur l'espace et les expressions de la géographie institutionnelle. A une problématique commune répond ainsi l'esquisse d'une grande variété d'usages et de visages de la géographie, esquisse qui permet de formuler de nombreuses questions nouvelles pour l'histoire des sciences humaines.
Nombre de pages
349
Date de parution
15/03/2006
Poids
496g
Largeur
155mm
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EAN
9782296001572
Titre
Géographies plurielles. Les sciences géographiques au moment de l'émergence des sciences humaines (1
Résumé : Lorsque les troupes françaises débarquèrent à Alger en 1830, le territoire qui s'étendait devant eux leur était à peu près inconnu. Quelques récits de voyageurs, les traités des géographes antiques : le bagage était mince. La conquête allait commencer, mais aucun Français ne savait ce qu'était l'Algérie. Quelles étaient ses limites, à l'est et à l'ouest, en direction de la Tunisie et du Maroc ? Fallait-il se contenter d'occuper une bande de terre côtière ou pénétrer en direction du mystérieux Sahara ? Comment établir des frontières dans les confins traversés par des populations nomades ? Et, dans l'immédiat, sur quelles cartes s'appuyer pour assurer le contrôle du territoire, identifier les populations locales et nommer les régions occupées ? Mirages de la carte renouvelle en profondeur l'histoire de la conquête de l'Algérie, en suivant au plus près les travaux des géographes et des cartographes chargés d'arpenter ce territoire et d'en tracer les contours dans le sillage de l'armée. Hélène Biais montre que la géographie coloniale sert à prendre possession d'un territoire, aussi bien militairement que symboliquement, mais qu'elle ne se réduit pas à imposer une domination. En nous conviant à l'invention de l'Algérie coloniale, à la croisée des pratiques savantes et des ambitions impériales, ce livre original et novateur démontre brillamment comment l'histoire des savoirs peut renouveler celle des empires coloniaux.
Pour avoir été dédiées à la découverte et à la science, les grands voyages de découverte autour du monde du XVIIIe siècle ont acquis un immense prestige. Au lendemain des guerres napoléoniennes, la Marine française tente de renouer avec cette tradition. De grands marins comme Freycinet, Dumont d'Urville ou Dupetit-Thouars partent alors sur les traces de Bougainville et de Lapérouse. Le monde a cependant changé. De 1815 à 1845, les ambitions coloniales renaissent. L'océan Pacifique, qui reste un réservoir de mythes et de rêves pour les Européens, devient simultanément un terrain de convoitise. Il faut répondre à la fois aux normes modernes de précision et aux impératifs géostratégiques qui se modèlent dans cette partie du monde. En 1842, la mainmise française sur les archipels des Marquises et de Tahiti donne aux reconnaissances géographiques une orientation coloniale soudain explicite. C'est l'histoire encore méconnue de ces voyages océaniens, où les visées impérialistes se mêlent aux objectifs scientifiques, qui est ici racontée. Quels étaient les objectifs politiques et les visées scientifiques de ces explorations ? Que faisaient au juste les voyageurs sur le terrain ? Quels nouveaux savoirs géographiques ont-ils élaboré ? Quel usage a-t-on fait des informations rapportées ? Hélène Blais montre comment la curiosité géographique et les ambitions coloniales s'articulent de façon inattendue et parfois ambiguë. Les marins comblent les blancs de la carte, donnant ainsi naissance à des géographies du Pacifique qui se distinguent par leurs usages et leur réception. Mais au-delà, ces voyages au Grand Océan font apparaître, à travers le choix des échelles et les découpages internes, les différents facteurs qui président à l'invention d'un territoire dans un contexte d'expansion coloniale.
L'Empire de la nature est une histoire des jardins botaniques établis dans les colonies européennes des Caraïbes, d'Asie et d'Afrique entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XXe siècle. En tous lieux, ces jardins, enclaves de nature ordonnée, symboles d'une sauvagerie domptée, donnent à voir la maîtrise du monde naturel et sont institués comme des outils de la domination coloniale. Lieux de savoir botanique, pépinières de vente de plantes pour la colonie, espaces de contact pour les sociétés coloniales, les jardins botaniques sont envisagés dans leur dimension savante globale, leur fonction politique et leurs usages économiques. Aux mises en réseau entre les institutions métropolitaines et les jardins coloniaux répond une microhistoire de sites dont les destinées varient en fonction des empires et des territoires. L'Empire de la nature est également une histoire des jardins à ras de terre, se penchant sur les choix d'aménagement de l'espace, d'ordonnancement des espèces, d'ouverture ou de fermeture sur la ville coloniale. Celles et ceux qui traversent le jardin, qui y vivent, et surtout qui y travaillent sont au coeur de l'enquête. Savants étrangers, collecteurs et collecteuses de plantes, colons, planteurs, populations colonisées, travailleurs engagés sont mobilisés dans des entreprises qui reflètent et mettent en oeuvre les ressorts de l'impérialisme européen. Dans les jardins, à l'ombre des allées de palmiers, lors des concerts dans les kiosques à musique, à l'herbarium ou dans la bibliothèque, au coeur des baraquements des jardiniers, dans la mise en ordre de la nature, mais aussi dans ses désordres, s'exprime toute la complexité des rapports entre savoirs, pouvoirs et construction sociale en situation coloniale.
Fondée en 1899, la Revue d'histoire moderne & ; contemporaine est aujourd'hui la principale revue scientifique de référence pour les époques moderne et contemporaine. Elle publie chaque trimestre les contributions inédites d'historiens français et étrangers. Son objectif est de contribuer à la diffusion de la recherche historique récente, menée en France et à l'étranger sur les mondes moderne et contemporain (XVIe-XXe- siècles). Sa spécificité réside dans le dialogue permanent qu'elle a instauré entre les périodes moderne et contemporaine. Elle s'attache à éviter les cloisonnements réducteurs, en intégrant les apports des travaux les plus récents, sans jargon ni ésotérisme. Elle s'inscrit à rebours d'une certaine tendance à l'hyperspécialisation qui fractionne les savoirs et cloisonne les perspectives : l'objectif de la synthèse demeure une condition de l'intelligibilité du passé.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Cet ouvrage aborde un sujet crucial pour les économies modernes à une époque où les échanges commerciaux internationaux se multiplient et où les frontières économiques deviennent de plus en plus pénétrables. Le texte met en lumière les enjeux complexes de la régularisation du commerce mondial, tout en proposant des pistes de réflexion pour adapter les pratiques douanières à ces nouvelles réalités. La réflexion de l'auteur est profonde et bien documentée, tant dans les recherches que dans les analyses. Le lecteur y est amené à réfléchir aux nouvelles stratégies à mettre en place et à comprendre les spécificités du caractère douanier.
La pensée de Dostoïevski a joué un rôle essentiel de charnière entre la philosophie rationaliste héritée de Descartes et les développements de la philosophie au XXe siècle. Elle part d'une réflexion critique sur le cogito cartésien, dans Crime et châtiment ; puis elle pose, dans L'Idiot, la question de l'être, d'une manière qui a profondément influencé la conception de l'ontologie de Heidegger - cette étude est historiquement la première qui démontre cette influence ; et enfin, dans Les Frères Karamazov, Dostoïevski développe la notion de "visage" , qui nourrira toute l'ontologie de Levinas.
L'histoire se raconte souvent au rythme des batailles. Pourtant, une autre trame la traverse : celle de la médiation, art de dépasser le conflit sans violence, pour préserver la cohésion du groupe. Des premiers rituels collectifs aux dispositifs contemporains, elle apparaît comme une fonction vitale : transformer l'affrontement en parole, organiser l'écoute, restaurer l'équilibre, éviter l'escalade. Une question anthropologique et politique est posée dans laquelle deux logiques s'opposent et se complètent : la contrainte (avec les lois, les sanctions, les institutions) qui protège mais peut aussi opprimer, et l'autonomie (avec la maîtrise de soi, la responsabilité) qui libère mais peut vaciller face aux passions. La médiation ouvre un espace intermédiaire : un tiers accompagne, les parties restent actrices, et la solution devient une justice partagée plutôt que subie. En cinq parties, ce livre suit la médiation à travers les sociétés premières, l'Antiquité, les mondes religieux, la modernité juridique et politique, puis dessine les enjeux actuels. Un fil rouge relie ces parties : comment apprendre à vivre ensemble en transformant la contrainte en responsabilité et la liberté en dialogue.