Ce sont toujours des pensées contradictoires que recouvre l'idée de portrait, quelle que soit - anyway - la manière de la décliner, si tant est qu'elle ne vient jamais à l'esprit de quiconque sans faire peu ou prou écho à cette pensée bizarre que Roland Barthes a traduite ainsi dans sa Chambre claire : " Il est mort et il va mourir. " Paradoxale et grammaticalement trouble, cette incroyable conjonction ne précise-t-elle pas l'absurde et impossible durée en laquelle s'installe tout portrait, autant que le motif et le voeu que forment plus ou moins secrètement, sinon tous les portraits, les plus réussis ? Ce sont ceux-ci qui devraient être les plus haïssables comme l'observe ici Paul Ardenne. Toutefois, hors de cette intolérable idée de portrait réussi, voire de portrait craché, il est tant d'autres occurrences qu'il convient de soutenir encore de la notion de portrait. Parmi celles-ci, Peeter Linnap souligna le charme des erreurs parfois flagrantes de quelques-unes, ainsi toujours amusantes mais rarement rédhibitoires par rapport à l'hypothétique idée d'orthoscopie supposée définir les limites au sein desquelles peut être reconnue à l'idée de portrait la valeur d'un genre auquel une tradition artistique a conféré une certaine noblesse. Mais il est d'autres façons de chérir certaines formes de portrait qui, celles-là, semblent indiquer tout à la fois les limites de l'idée de mauvais genre et des usages convenables des effigies. Dans cette perspective, Jay Ruby proposa d'interroger la pratique du portrait post-mortem devenue de plus en plus confidentielle et peut-être désormais inavouable. C'est aussi vers cette difficile circonscription de la personne - spécialement lorsque passée au crible de ses nouvelles images - que se tourne Margot Burident qui interroge la phénoménologie récente de ses avatars sur des surfaces autrement et plus miroitantes que jamais, faites maintenant de cristaux liquides ou de diodes luminescentes, aujourd'hui à l'enseigne virtuelle de Facebook et consorts. C'est une bonne part de ces questions qu'abordent les textes ici rassemblés, comme le firent aussi, à titre d'hypothèse et de quelques autres façons, les oeuvres rappelées dans cet ouvrage.
Nombre de pages
112
Date de parution
01/12/2012
Poids
343g
Largeur
225mm
Plus d'informations
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EAN
9782919077144
Titre
Portrait anyway
Auteur
Bismuth Serge
Editeur
DIAPHANE
Largeur
225
Poids
343
Date de parution
20121201
Nombre de pages
112,00 €
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Proudhon qualifia l'œuvre de Courbet de " joyeuseté picturale ". Il est vrai que c'est par un immense rire qu'il fut accueilli. Ludwig Wittgenstein était certain que : " Les problèmes philosophiques naissent quand le langage est en fête ". On aura tout lieu de penser que Courbet mit effectivement en fête le langage des arts plastiques à un moment où l'idéal formel des Davidiens réglait la tradition académique. Le problème ne serait qu'affaire de mode ou de goût si cette tradition n'avait institué dans quelques esprits, comme celui de Wilhelm Worringer, la certitude que " le paradigme de toute esthétique (...) est et demeure l'art classique ". C'est probablement encore, pour beaucoup, cette certitude qui fonde toute expérience esthétique. Mais elle ne permettra jamais d'aborder bien des œuvres contemporaines autrement que par le rire ou la stupeur et de ne les considérer, a priori, que comme régressives.
Si Paul Valéry s'étonna " qu'aux extrêmes des Lettres ", Mallarmé et Zola " se fussent tant énamourés " de l'art de Manet, il restait à interroger quelques affirmations du poète qui suggèrent que son uvre apporta " un parallèle " à celui du peintre et qu'une intime relation les liait. Durant dix années, il vit le peintre tous les jours, tenant à laisser aussi en mémoire qu'il reçu son " enseignement ", dont il se dit le " témoin inoublieux ". En disant cela, plus qu'à laisser penser qu'il savait le " sous-entendu, impliqué par sa démarche ", n'indiquait-il pas que son uvre poétique le contenait aussi ?
Depuis un demi-siècle, Gérard Pétremand a constamment renouvelé sa technique et sa pratique de la photographie. Formé à Paris auprès d?Edouard Boubat et de Jean-Philippe Charbonnier à la revue Réalités, il travaille pour des magazines et des éditions d?art, puis touche au domaine du design, du cinéma et de la télévision, avant de collaborer avec de grandes agences internationales de publicité. Sa recherche personnelle est nourrie par l?art contemporain. Etabli à Genève, il connaît une belle renommée internationale. De nombreux prix couronnent son parcours (2000 Prix Européen de la photographie-Prix Kodak, 2001 Prix de la jeune photographie-voies off Arles, Grand Prix 5e Award 2000 Zurich?).
1871 : Auguste Blanqui est enfermé dans une prison bretonne cernée par la mer, dans la baie de Morlaix. Alors que la Commune enflamme Paris en s'inspirant de ses oeuvres, le penseur révolutionnaire occupe son temps d'emprisonnement à élaborer une vaste spéculation astronomique, L'Eternité par les astres. Cet homme écrit sur le ciel alors que le peuple n'a jamais été aussi près de ses droits. A partir de cette situation unique d'énonciation, un brin paradoxale, une intuition guide l'enquête de Léa Bismuth : la nuit étoilée serait-elle un véritable outil d'émancipation politique ? Entre l'essai et le récit, Etoiles communes raconte cette histoire au présent, voyageant entre la Bretagne et le Texas, à l'heure de l'astrocapitalisme et pendant que des milliers de satellites hantent l'orbite basse. Serait-il possible de monter des barricades cosmiques ? s'interroge l'autrice. Une constellation résistante se dessine dans l'obscurité : celle de la puissance de l'intelligence-artiste, seule en mesure désormais de se soulever et d'écrire un contrat sidéral. Vers une écologie politique et cosmique.