La chance de vieillir. Essai de gérontologie sociale
Billé Michel
L'HARMATTAN
26,00 €
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EAN :9782747560801
Serons-nous capables de faire de l'allongement de la durée de la vie non seulement une chance personnelle mais une chance collective? La population vieillit. Les familles se recomposent sur le modèle du réseau et dans des rapports à cinq générations dont nous n'avons pas l'expérience. La place des personnes âgées s'y trouve redéfinie. La fonction grand-parentale s'y présente de manière renouvelée. Les traitements et retraitements sociaux dont, vieillissant, nous faisons l'objet, à domicile ou en établissement ont, parfois, de quoi inquiéter. La notion de dépendance, en désignant la personne, lui assigne une place dépréciée et brise le lien social au moment où, devenue très âgée, elle a le plus besoin de se sentir reliée, interdépendante. Un fragile espoir peut naître dès l'instant où nous regardons le vieillard non par rapport à son utilité, réelle ou supposée, mais bien par rapport à la fonction qu'il assume encore, si nous savons la lui reconnaître... Nous ferons de nos vieillesses une chance si nous acceptons l'investissement nécessaire.
Nombre de pages
254
Date de parution
02/05/2004
Poids
270g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782747560801
Titre
La chance de vieillir. Essai de gérontologie sociale
ISBN
2747560805
Auteur
Billé Michel
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
270
Date de parution
20040502
Nombre de pages
254,00 €
Disponibilité
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Et si la maladie d'Alzheimer était d'abord une atteinte du corps social avant d'être une atteinte des personnes chez qui elle fait l'objet d'un diagnostic ? Et si la maladie d'Alzheimer était comme une métaphore qui parle moins, peut-être, du malade que de la société dans laquelle il se débat ? Avançant en âge, certains d'entre nous développent des signes de vieillissement dit pathologique, dans leur corps et dans leurs comportements. Ces symptômes de vieillesse visibles dans l'instant racontent une vie, parlent d'une histoire et d'un contexte dans lequel elle s'est déroulée. Se pourrait-il que le mal dont ils souffrent nous donne à comprendre quelque chose de notre société, de son fonctionnement, des rapports qui s'y nouent ou s'y dénouent, de la manière dont cette société traite ceux qui la composent et leur donne à vivre des situations qui, potentiellement au moins, les rendent malades ? Perturbation du rapport au temps, à l'espace, amnésie collective, perturbation de la langue et de la capacité à nouer des relations sont autant de symptômes d'une société malade, société de déliaison qui peine à nouer pour ses vieux et avec eux des relations de solidarité. Alors "symptômes de vieillesse ou vieillards symptômes", de quoi nous parlent donc les malades d'Alzheimer ...
Le couple deviendrait-il un attelage bancal quand on devient vieux ? Quelles sont les raisons de ce déséquilibre ? Le lien conjugal porte ses secrets que la maladie donne parfois à connaître. Ceux qui, dans l'exercice de leurs métiers, accompagnent des personnes âgées sont, bien malgré eux parfois, les témoins de vies, jusque dans leurs dimensions les plus intimes. L'histoire du couple, ses grandeurs, ses difficultés, ses vicissitudes sont alors à comprendre pour pouvoir accompagner jusqu'au bout de l'âge ceux qui vivent encore en couple ou dans le souvenir de celui-ci. Autour de Michel Billé, des professionnels du monde de la santé et du médico-social réunis dans le réseau gérontologique Ville Hôpital du Grand Poitiers témoignent des situations dans lesquelles ils interviennent, de la souffrance qu'ils y côtoient. Ils montrent comment le travail en réseau permet de trouver des solutions pour mieux aider, accompagner et soigner, sans recourir à une réponse exclusivement médicale devant les situations de crise.
Extrait Extrait de l'avant-propos «Toute gérontologie devrait commencer par une éonologie, c'est-à-dire une réflexion sur les âges.» Michel Philibert Les livres sur l'âge se multiplient, les publications sur la vieillesse, le grand âge sont désormais très nombreuses. Cet ouvrage et la collection qui le porte : «L'âge et la vie» voudraient pourtant marquer une différence. Un style d'abord : il se veut simple, abordable, sans jargon ni vocabulaire inaccessible. Cet ouvrage et cette collection s'adressent à tous ceux qui s'intéressent aux questions de l'âge, quel que soit leur parcours professionnel ou personnel préalable. Écrire pour ceux qui souhaitent s'ouvrir à des approches diverses de questions qui traversent nos vies. En effet la collection retient, dans son intitulé, et l'âge, et la vie. Il s'agit de regarder celui qui vieillit comme un vivant jusqu'au bout de l'âge, et par conséquent comme un de nos semblables profondément habité de la même humanité que tous les hommes, quel que soit leur âge. Cet ouvrage et cette collection s'adressent, au fond, à ceux qui ont appris - parce que leur expérience, leur vie le leur ont appris - que derrière les phénomènes que l'on étudie il y a des hommes et des femmes qui les vivent... Derrière le «vieillissement de la population», il y a des hommes et des femmes qui vieillissent. Avec bonheur pour les uns, avec angoisse pour d'autres, avec avidité pour les uns, avec difficultés pour d'autres... Derrière la «vieillesse» qu'il nous faut sans cesse essayer de comprendre, il y a des vieux, déjà vieux, très vieux peut-être... Des vieux qui vont bien ou qui souffrent, que l'on soigne ou que l'on accompagne quand on ne les réduit pas à un statut d'objet pris en charge, placé, maintenu et finalement réduit à un corps quasi déshumanisé. Dans cet ouvrage et dans cette collection, les lecteurs sentiront parfois de la révolte. Le refus d'accepter l'inacceptable dans le traitement social et médico-social de la vieillesse. De la révolte et de l'indignation quand la prise en compte des situations que vivent les plus âgés de nos contemporains ne semble digne ni de ceux qui les produisent ni de ceux qui les subissent. L'âge qui nous apparaît d'abord comme une sorte de donnée objective, un chiffre peu contestable, est en réalité bien plus que cela, bien autre chose que cela. Construction intime, personnelle et construction sociale, culturelle, nous faisons de l'âge un usage, des usages sociaux qu'il nous faut tenter de comprendre si nous espérons saisir ce que vivent les plus âgés d'entre nous. «L'âge est une donnée biologique, socialement manipulable et manipulée», écrivait Pierre Bourdieu.
Billé Michel ; Bonicel Marie-Françoise ; Martz Did
Et si la dépendance n'était pas seulement l'affaire des vieux mais bien celle de la communauté humaine ? Les trois auteurs, avec trois lectures de la même réalité, trois registres d'analyse et trois référentiels différents, refusent la notion de dépendance telle qu'elle est ordinairement admise en particulier dans le monde professionnel de l'action sociale et médicosociale. Ils ouvrent la réflexion qui aurait dû, depuis longtemps déjà, présider aux divers protocoles de prise en charge ou de placement, et interrogent à la fois le mot et l'idée de dépendance en l'articulant notamment avec son antonyme officiel, la fameuse autonomie, hautement prisée, mais qui elle aussi relève du mythe ou du fantasme collectif. Cette analyse sociologique, philosophique et psychologique permet de construire un regard critique sur nos pratiques sociales et de donner des bases pour penser autrement notre rapport personnel, professionnel et citoyen aux personnes dont on a vite fait de dire qu'elles sont devenues dépendantes. Bienvenue donc au pays de la dépendance, matérialisé dans une étonnante carte du tendre où chacun trouvera ses repères !