Doué d'un oeil aigu, l'auteur - né à la fin du XIXe siècle et dont l'enfance s'est déroulée en Russie - a su capter et retenir sous le signe de la plus chaleureuse fidélité les figures parisiennes que sa profession de journaliste et de romancier mettait tout naturellement sur sa route. De nombreuses rencontres, animées par un percutant humour, l'intelligence et la familiarité, sont rassemblées et relatées dans ce livre. Elles retracent et reconstruisent l'entre-deux-guerres et son atmosphère étrange, comme suspendue dans l'intervalle de deux catastrophes. Valery Larbaud et Léon-Paul Fargue, Saint-John Perse et Paul Morand, Gaston Gallimard dès le début de sa Maison située alors rue de Grenelle, Robert Desnos et Max Jacob, Louis Jouvet et Jean Giraudoux, Drieu la Rochelle et Roger Martin du Gard, ainsi que Picasso et Jean Cocteau surgissent au restaurant, au bureau, chez l'un ou chez l'autre, se parlent, mangent, s'amusent ou se concentrent sur leur travail avec le naturel de la vie quotidienne. On croirait voir se dérouler un film relatant une époque riche en esprit et marquante en oeuvres. Il sera difficile désormais de comprendre cette époque sans se référer à ce témoignage d'André Beucler. Sa grâce légère, son caractère d'intimité charmante en disent plus que bien des thèses.
Nombre de pages
264
Date de parution
02/10/1980
Poids
317g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070217540
Titre
De Saint-Pétersbourg à Saint-Germain-des-Prés
Auteur
Beucler André
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
317
Date de parution
19801002
Nombre de pages
264,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Beau comme un jour ensoleillé... Bercé par une rumeur de tendresse... Lucien Bourache plaît. Jusqu'à son surnom, Gueule d'amour, qui contribue à ses bonnes fortunes. Pourtant, il n'est que simple soldat, quelque part dans les Ardennes. Séduire, il sait. Aimer, en revanche, le précipite dans la désolation. Le met au pouvoir d'une passion... Un amour pour une inconnue rencontrée après l'Armistice : Madeleine. Tout à la fois nonchalante et farouche. En un mot désirable. Une fille qu'on reçoit comme une balle en plein c'ur. Une femme perdue qui vit à l'hôtel, voyage, vagabonde, sensible à tous les sourires, obéissant au hasard... Hasard malin ! Car s'ils se croisent, Madeleine et Lucien sont-ils faits pour les mêmes chemins ? A l'image de Carmen, elle se veut libre ! Libre aussi de séduire. Jusqu'à l'irréparable...
Gide au piano, Valéry faisant des calembours, Malraux voulant fréter un avion pour aller trouver Staline et le persuader du danger allemand, à la veille de la guerre... Voilà quelques-unes des nouvelles images que nous livre Beucler. On y retrouve le charme, l'humour, l'insolite qu'offraient déjà les chapitres de son précédent volume de souvenirs, De Saint-Pétersbourg à Saint-Germain-des-Prés. Témoin incomparable, mais acteur aussi, Beucler essaie d'organiser l'attelage de deux célèbres noctambules parisiens, Léon-Paul Fargue et Joseph Kessel. Mais leurs nuits de Paris ne sont pas les mêmes, et, malgré le talent de Beucler pour faire naître des amitiés, cette fois l'entreprise échoue, non sans mélancolie de part et d'autre. Beucler nous parle aussi d'Emmanuel Berl, de Marie Laurencin, de Dunoyer de Segonzac, de Van Dongen, des célébrités qui ont posé pour Jacques Thévenet, de sa visite à Clemenceau. Il raconte comment, pendant la guerre, il a rapporté à Bonnard, de Paris au Cannet, pour un milliard de toiles, roulées comme un vulgaire balot. On aimerait que tous les témoins aient cette grâce, cette légèreté, ce don de sympathie.
Le train foulait un sol sonore et se jetait dans un passage à l'encre de Chine où il pleuvait au premier plan. La fumée éclaboussait un ciel bas qui enserrait le monde jusqu'à lui faire mal. Je savais que nous allions à Paris et rien de plus. Il faisait nuit dans mon passé, et j'aurais voulu que le train me tirât jusqu'à un pays de lumière si intense qu'on y pourrait brûler des souvenirs et des angoisses comme des lettres. Le rythme de ma vie était faible et je n'écoutais plus que lui. Je ne pouvais plus entendre Gueule d'Amour, il me fatiguait, exigeait de moi de trop grands efforts et ne m'apprenait rien. Depuis que Madeleine était partie sans essayer de me revoir ou de retarder d'un jour son départ, les histoires des autres ne m'intéressaient plus.
En 1925, André Beucler faisait avec éclat son entrée en littérature. En mai, paraissait chez Gallimard son premier roman : La ville anonyme. En juillet, la NRF accueillait en son sommaire, entre Rilke, Proust, Gide et G. B. Shaw, sa première nouvelle : Un nouvel amour. En août, les Cahiers du mois de Maurice Darantière publiait un conte fantastique : Entrée du désordre. En octobre, la collection d'avant-garde Cinario offrait aux cinéphiles un synopsis inédit : Un suicide. Quatre oeuvres immédiatement remarquées. Dès le mois de juin, Paul Morand salue le nouveau venu : "Il y a des années que je n'ai pas adhéré à un auteur avec autant de contentement". En août, Max Jacob lui écrit : "Vous êtes un homme nouveau : c'est le plus grand éloge qu'on puisse faire à un artiste". Albert Thibaudet et Edmond Jaloux enregistrent la révélation d'un grand auteur. Un "magicien romanesque" ajoute Hélène Vacaresco. "Comme je voudrais vivre dans votre ville anonyme ! au moins la moitié de ma vie !. ".
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.