Au milieu des années 1980, la nationalité cristallise des débats passionnels, en Europe, autour des angoisses des sociétés nationales à propos de leur "identité" et de la place des étrangers dans la Cité. A la fin des années 1990, les termes du débat ont profondément changé. Maintenant, la nationalité n'apparaît plus comme une barrière qui devrait être dressée contre les populations issues de l'immigration. Le droit du sol devient une règle pour la nationalité de la plupart des Etats européens. Les enfants et petits-enfants des "immigrés" économiques des années 1970 acquièrent un droit automatique à la citoyenneté. Comment évaluer cette transition ? S'agit-il d'une réconciliation entre l'Etat-nation et l'immigration ? En procédant à une analyse comparative du contexte européen de la nationalité, cet ouvrage montre comment de telles évolutions ne sont pas une réconciliation entre la nationalité, la citoyenneté libérale et l'immigration. Elles révèlent plutôt les limites mêmes du principe national à asseoir, aujourd'hui, la mesure démocratique de l'exclusion politique. La discrimination nationale, sur laquelle se fonde historiquement la nationalité, n'est plus compatible avec les citoyennetés disponibles en Europe. Longtemps complémentaire, la relation citoyenneté-nationalité apparaît désormais comme synonyme de l'échec du libéralisme national. Les attentes de citoyenneté se transforment en contestation de la nationalité. Il n'existe plus de consensus sur la manière dont une société libérale doit désigner les étrangers et distribuer les appartenances politiques. Où en est aujourd'hui la négociation sur la citoyenneté en Europe ? Quelle influences la citoyenneté européenne a-t-elle sur cette négociation ? Quelle est la place de la nationalité dans ce contexte ? Comment désigner les étrangers, les citoyens, mais aussi les minorités culturelles dans des espaces réellement démocratiques ? L'enjeu d'une redéfinition des frontières de la citoyenneté en Europe tient, au final, à une refonte globale de la notion de citoyenneté elle-même.
Nombre de pages
300
Date de parution
01/11/2003
Poids
380g
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782747502818
Titre
Les frontières de la citoyenneté en Europe
ISBN
2747502813
Auteur
Bertossi Christophe
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
0
Poids
380
Date de parution
20031101
Nombre de pages
300,00 €
Disponibilité
Sur commande en 6-8 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Lorsqu'il est question d'immigration, sommes-nous certains de bien discerner la réalité à l'endroit des discours politiques, notamment dans un contexte de surenchère médiatique ? En se focalisant sur dix des mots les plus employés dans les débats français sur l'immigration, Christophe Bertossi analyse leurs usages à travers le temps et les contextes politiques, mais surtout les effets discursifs et diviseurs profitant aux locuteurs qui cherchent à orienter notre opinion. Cette analyse lexicale montre aussi que ce décalage entre discours et réalités s'inscrit dans le cadre d'une transformation idéologique plus large, qui concerne tous les pays occidentaux et en particulièrement leur rapport à l'immigration, à l'ethnicité et à l'islam. En substance, le chercheur pose un constat qui nous éclaire sur le modèle de démocratie que l'on souhaite, plus ou moins libérale, plus ou moins égalitaire, inclusive ou solidaire.
La question de la citoyenneté sature depuis trois décennies les débats publics sur la présence de populations issues de l'immigration en France, et plus particulièrement des populations décrites comme " musulmanes " - que celles-ci s'identifient ou non d'ailleurs à la pratique de l'islam. Ces discussions passionnées finissent toutes par recouper les controverses sur le sens à donner à des notions comme " laïcité ", " universalisme ", " égalité " ou " diversité ". Mais comment se constitue ce contenu culturel et moral que l'on désigne habituellement par la notion de " république " ? Dans quelle mesure ce que les acteurs désignent par les notions de " laïcité " et d'" intégration " a-t-il un impact sur les pratiques institutionnelles ? Est-il possible de réduire la culture de la citoyenneté à l'existence établie d'une culture publique nationale ? Bref, comment comprendre aujourd'hui le " modèle républicain " à la française ? C'est en se nourrissant d'une enquête de terrain dans les hôpitaux et l'armée que Christophe Bertossi répond à ces questions. Un ouvrage incisif et ambitieux qui interroge la place de l'islam en République, les notions de " diversité ", d'" intégration ", et les logiques institutionnelles à l'oeuvre dans le traitement du fait religieux.
Les militaires français issus de l'immigration ont longtemps compté sur l'armée pour effacer les préjugés sociaux et culturels dont ils font l'objet. Mais sont-ils des militaires comme les autres ou constituent-ils une population spécifique ? Comment l'armée offre-t-elle à certains l'opportunité de voir disparaître leur " visibilité " derrière l'uniforme et le drapeau ? En ces temps de " menace islamiste ", quelle place est faite aux soldats musulmans ? Pour la première fois en France, deux politologues ont été autorisés à mener une vaste investigation dans l'armée, au ministère de la Défense et auprès de Français issus de l'immigration entrés dans le métier des armes. Les témoignages qu'ils ont recueillis ébranlent bien des idées reçues : alors que l'armée entend leur offrir une " seconde chance ", les militaires issus de l'immigration sont souvent assimilés à un groupe à part. Ethnicisés, mis à distance par leurs homologues et leur encadrement immédiat, ils sont victimes de discriminations sociales, ethniques, religieuses ou sexuelles. Une enquête unique.
Parler aujourd'hui d'immigration ou d'islam, c'est avancer en terrain miné. C'est le cas depuis un certain nombre d'années dans l'arène médiatique et politique. Mais ce qui est nouveau, c'est que ce constat s'applique désormais également à toute forme d'analyse rationnelle du sujet: en témoignent par exemple les accusations d'islamo-gauchisme à l'encontre de certains universitaires et personnalités publiques.Autre nouveauté: l'ultra-droite n'est plus le seul épicentre de la sensibilité extrême de ces thèmes. Tout le spectre politique, de la gauche à la droite, est désormais soumis aux mêmes polémiques, généralement traversées par la question de la laïcité. Il n'est plus d'espace où l'on puisse appréhender sereinement et sérieusement ces réalités.En comparant le modèle français (dit républicain) et le modèle néerlandais (dit multiculturel), souvent opposés comme "universaliste" et "communautariste", on prend conscience que ces clivages n'ont plus ? voire n'ont jamais eu ? d'assise réelle. Émerge alors la notion de "nativisme", ce présupposé selon lequel plus votre présence et celle de votre famille sont anciennes dans un pays, plus vous y avez de droits.L'analyse de cette idéologie, développée ici par deux sociologues et un député engagé pour les droits humains, permet de comprendre les nouveaux mécanismes d'exclusion qui minent nos sociétés, pour mieux lutter contre eux.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...