Parler aujourd'hui d'immigration ou d'islam, c'est avancer en terrain miné. C'est le cas depuis un certain nombre d'années dans l'arène médiatique et politique. Mais ce qui est nouveau, c'est que ce constat s'applique désormais également à toute forme d'analyse rationnelle du sujet: en témoignent par exemple les accusations d'islamo-gauchisme à l'encontre de certains universitaires et personnalités publiques.Autre nouveauté: l'ultra-droite n'est plus le seul épicentre de la sensibilité extrême de ces thèmes. Tout le spectre politique, de la gauche à la droite, est désormais soumis aux mêmes polémiques, généralement traversées par la question de la laïcité. Il n'est plus d'espace où l'on puisse appréhender sereinement et sérieusement ces réalités.En comparant le modèle français (dit républicain) et le modèle néerlandais (dit multiculturel), souvent opposés comme "universaliste" et "communautariste", on prend conscience que ces clivages n'ont plus ? voire n'ont jamais eu ? d'assise réelle. Émerge alors la notion de "nativisme", ce présupposé selon lequel plus votre présence et celle de votre famille sont anciennes dans un pays, plus vous y avez de droits.L'analyse de cette idéologie, développée ici par deux sociologues et un député engagé pour les droits humains, permet de comprendre les nouveaux mécanismes d'exclusion qui minent nos sociétés, pour mieux lutter contre eux.
Nombre de pages
126
Date de parution
07/10/2021
Poids
162g
Largeur
136mm
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EAN
9782363833143
Titre
Nativisme. Ceux qui sont nés quelque part... et qui veulent en exclure les autres
Lorsqu'il est question d'immigration, sommes-nous certains de bien discerner la réalité à l'endroit des discours politiques, notamment dans un contexte de surenchère médiatique ? En se focalisant sur dix des mots les plus employés dans les débats français sur l'immigration, Christophe Bertossi analyse leurs usages à travers le temps et les contextes politiques, mais surtout les effets discursifs et diviseurs profitant aux locuteurs qui cherchent à orienter notre opinion. Cette analyse lexicale montre aussi que ce décalage entre discours et réalités s'inscrit dans le cadre d'une transformation idéologique plus large, qui concerne tous les pays occidentaux et en particulièrement leur rapport à l'immigration, à l'ethnicité et à l'islam. En substance, le chercheur pose un constat qui nous éclaire sur le modèle de démocratie que l'on souhaite, plus ou moins libérale, plus ou moins égalitaire, inclusive ou solidaire.
La question de la citoyenneté sature depuis trois décennies les débats publics sur la présence de populations issues de l'immigration en France, et plus particulièrement des populations décrites comme " musulmanes " - que celles-ci s'identifient ou non d'ailleurs à la pratique de l'islam. Ces discussions passionnées finissent toutes par recouper les controverses sur le sens à donner à des notions comme " laïcité ", " universalisme ", " égalité " ou " diversité ". Mais comment se constitue ce contenu culturel et moral que l'on désigne habituellement par la notion de " république " ? Dans quelle mesure ce que les acteurs désignent par les notions de " laïcité " et d'" intégration " a-t-il un impact sur les pratiques institutionnelles ? Est-il possible de réduire la culture de la citoyenneté à l'existence établie d'une culture publique nationale ? Bref, comment comprendre aujourd'hui le " modèle républicain " à la française ? C'est en se nourrissant d'une enquête de terrain dans les hôpitaux et l'armée que Christophe Bertossi répond à ces questions. Un ouvrage incisif et ambitieux qui interroge la place de l'islam en République, les notions de " diversité ", d'" intégration ", et les logiques institutionnelles à l'oeuvre dans le traitement du fait religieux.
Les militaires français issus de l'immigration ont longtemps compté sur l'armée pour effacer les préjugés sociaux et culturels dont ils font l'objet. Mais sont-ils des militaires comme les autres ou constituent-ils une population spécifique ? Comment l'armée offre-t-elle à certains l'opportunité de voir disparaître leur " visibilité " derrière l'uniforme et le drapeau ? En ces temps de " menace islamiste ", quelle place est faite aux soldats musulmans ? Pour la première fois en France, deux politologues ont été autorisés à mener une vaste investigation dans l'armée, au ministère de la Défense et auprès de Français issus de l'immigration entrés dans le métier des armes. Les témoignages qu'ils ont recueillis ébranlent bien des idées reçues : alors que l'armée entend leur offrir une " seconde chance ", les militaires issus de l'immigration sont souvent assimilés à un groupe à part. Ethnicisés, mis à distance par leurs homologues et leur encadrement immédiat, ils sont victimes de discriminations sociales, ethniques, religieuses ou sexuelles. Une enquête unique.
Hannezo Guillaume ; El Karoui Hakim ; Pech Thierry
En 2030, la France est dirigée par une extrême droite vieillissante, ayant exclu jeunesse et immigrés. Le pays sombre dans l'autoritarisme, la crise sanitaire et économique. Des résistances émergent. Sans eux dépeint une dystopie glaçante mêlant satire et politique-fiction, proche d'un futur possible. France 2030 : extrême droite, chaos, résistance.
La guerre d'Algérie est une guerre coloniale." Ainsi commence le manifeste du Mouvement anticolonialiste français, diffusé en 1960. Et il se termine par ces mots: "Français, Françaises! Plus un homme, plus un sou pour le colonialisme. Plus de morts à vingt ans. Guerre à la guerre coloniale." Il figure dans ce livre aux côtés du célèbre Manifeste des 121 et d'un tract du Parti socialiste unifié enjoignant aux jeunes soldats de désobéir aux ordres si on leur demande de pratiquer la torture... On y trouvera également des textes de chansons, des articles de journaux et d'émouvantes lettres de jeunes appelés, telle celle d'Henri Maillot, qui a livré des armes aux Algériens "en ayant conscience d'avoir servi les intérêts de son pays". En préface, l'historien Tramor Quemeneur contextualise ces textes et donne les clés nécessaires à leur compréhension. En postface, l'éditeur Nils Andersson revient sur les auteurs et éditeurs censurés durant la guerre d'Algérie, tel Jérôme Lindon, des éditions de Minuit, publiant La Question d'Henri Alleg en 1958. C'est Nils Andersson lui-même qui, alors que ce témoignage sur la torture avait été interdit par le gouvernement français, le rééditera en Suisse (La Cité-Éditeur) avec le texte de Jean-Paul Sartre Une victoire.