L'Histoire occidentale est jalonnée de mythes de fondation reprenant le système romain. Selon ce système, le pouvoir politique est né d'une apothéose : Romulus, roi de Rome disparaît lors d'un violent orage. Le roi devient du même coup, fils de Dieu et père de Rome. Cette fondation mythique sera reprise et développée par Tite-Live ou Virgile. Elle servira d'appui à la légende troyenne des Romains, mais aussi des Francs. Si les poètes ont chanté la fondation politique de Rome, le droit - celui des pontifes, celui des princes, mais aussi le droit coutumier - y a puisé la source légitimante de son pouvoir coercitif. Curieusement, l'Europe, qui réclame aujourd'hui davantage d'intégration juridico-politique, semble ne relever d'aucun mythe de fondation et donc a fortiori semble échapper au système romain. Il n'est pas sûr que les poètes, malgré Victor Hugo et d'autres, aient forgé une mythologie européenne. Mais, comment l'Europe peut-elle, indépendamment du recours au logos du mythos, accéder à une véritable existence politique ? Comment peut-elle prendre conscience d'elle-même et s'imaginer sans utiliser la force fondatrice du mythe ? Est-il possible qu'elle se contente de donner plus de place au consentement au nom d'une nécessaire démocratisation en n'ayant aucun enracinement dans quelques symboles ou mythes ? Bien sûr, il ne s'agit pas de tenter de mythologiser l'Europe. Il s'agit plutôt de revenir aux mythes d'origine pour comprendre comment se fabrique et se légitime le pouvoir occidental. Nous pourrons alors espérer mieux comprendre les faiblesses de l'Europe juridicopolitique d'aujourd'hui et sonder sa fragilité ontologique.
Nombre de pages
322
Date de parution
24/01/2013
Poids
480g
Largeur
150mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782364410435
Titre
Les mythes de fondation et l'Europe
Auteur
Bernabé Boris ; Camy Olivier
Editeur
EUD
Largeur
150
Poids
480
Date de parution
20130124
Nombre de pages
322,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Ce dossier d'"Histoire de la justice" semble parler abondamment de droit, et fort peu d'histoire. Fausse impression. Les différents récits juridiques proposés, bien que portant pour la plupart sur notre époque contemporaine, traitent d'une histoire universelle : celle, dans notre approche de la justice, de la victime. Car la fonction de la victime, tragique place, est de fonder la société en amorçant l'histoire : "Or quand le roi sauvage d'Albe [Tiberinus] meurt au milieu des eaux, il ôte à ces eaux leur pouvoir d'oubli, le fleuve, jamais, ne sera plus blanc, ne sera plus jamais Albula. [...] L'histoire vient de commencer". (Michel Serres, Rome. Le livre des fondations, Paris, Grasset, 1983). C'est ce que nous dit aussi le meurtre de Cacus par Hercule (ill. en couverture), autant que le sacrifice du boeuf fabuleux que Cacus avait volé : les deux victimes participent de la fondation de Rome ; les deux victimes archétypiques rassemblent à elles seules toutes les autres. Elles en sont le miroir étincelant. L'avènement juridique de la victime est au fond le récit à rebours du trajet de la victime dans l'histoire de notre société : où l'on pense que le droit se saisit trop récemment de la victime. Au contraire, le droit n'a jamais ignoré la victime, qu'il nommait autrement. Seulement dans les dernières années du XXe siècle, le droit a offert un nouveau statut à la victime en l'institutionnalisant et en l'objectivant : il en a organisé l'avènement, c'est-à-dire la toute-puissance.
La persécution, vocable aussi ancien que la réalité qu'il désigne, compte au nombre des constantes dramatiques de l'Histoire. Si son acception juridique est attestée dès le droit romain, la persécution trouve une pleine signification, intégrant notamment sa composante religieuse, avec celle des chrétiens dans l'Empire romain, longtemps reliée, voire confondue, avec le martyre. Cet alliage théologico-politique - décelable dès le procès de Socrate - visant à la "poursuite" et à l'élimination de personnes perçues comme menaçant la communauté ou l'ordre à raison des doctrines qu'elles professent ou de leurs comportements déviants, paraît former un cadre pertinent pour appréhender les persécutions, leurs formes et leurs significations, de l'Antiquité à nos jours. Devenue une notion du droit pénal international, la persécution et ses expressions plurielles, historiques ou rhétoriques, dont nous sommes aussi les contemporains obligés, mérite une analyse qui puisse aussi servir, en contrepoint, à mieux cerner les conditions du "vivre-ensemble" dans nos sociétés d'aujourd'hui. Le présent volume est le fruit des différentes contributions au colloque de vulgarisation scientifique organisé en mars 2016 par le laboratoire Droit et Sociétés Religieuses (Faculté Jean Monnet, Université Paris-Sud) dans le cadre de la 8e édition du festival Ciné-Droit.
Dameron Stéphanie ; Bernabé Boris ; Desmaison Xavi
Trois phénomènes concomitants - un monde plus instable, plus interdépendant et plus conflictuel - obligent à repenser la stratégie d'entreprise comme une pratique arrimée à une géographie politique. Les entreprises ne sont pas simplement des acteurs économiques rationnels guidés par la rentabilité, l'efficience, ou la seule quête de parts de marché. Elles sont appelées à (re)devenir des entités géopolitiquement situées, exposées à des injonctions de souveraineté. Un tel contexte, montée des tensions entre blocs, retour des guerres étatiques, affirmation de logiques de puissance, impose un aggiornamento de la stratégie d'entreprise qui prend une dimension éminemment politique. A la croisée de la stratégie et de la géopolitique, ce livre collectif propose de décrypter ces mutations profondes et de poser les fondements de ce cadre stratégique renouvelé.
Le musée d'archéologie des années 1950, avec de beaux objets présentés dans des vitrines savamment éclairées, est sur le point de disparaître du paysage culturel. Et tandis que l'archéologie se diversifie et se ramifie en plusieurs spécialités qui tentent de se rapprocher des sciences exactes, par leurs méthodes comme par leur extrême focalisation, les musées, qui se sont tous plus ou moins convertis au rythme annuel de la succession des expositions temporaires, découvrent le rôle essentiel des médiations. Qu'est-ce que la (ou les) médiation (s) ? Quel tableau peut-on en dresser aujourd'hui ? En quoi les médiations modifient-elles les missions des musées ? Un déplacement essentiel s'est produit : si le travail de recherche archéologique et sa diffusion continuent d'être prioritaires, le public est dorénavant une préoccupation essentielle. Il est placé au centre d'un musée qui se transforme ; à sa mission première d'institution chargée de mettre en valeur des vestiges, le musée ajoute une dimension nouvelle de dispositif de communication. Cet ouvrage, le premier du genre, présente un panorama complet des différentes catégories de médiations à l'oeuvre dans le champ de l'archéologie. Qu'elles soient une préoccupation des archéologues eux-mêmes, qu'elles relèvent de l'activité professionnelle des médiateurs ou bien encore qu'elles se déroulent spontanément au sein du public, les formes et les types de médiation sont nombreux et variés. L'ouvrage en dresse un tableau très suggestif.