FILIATION, ORIGINE, FANTASME. LES VOIES DE L'INDIVIDUATION DANS MONSIEUR NICOLAS OU LE COEUR HUMAIN
BERKMAN GISELE
CHAMPION
104,00 €
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EAN :9782745314468
Commencé en 1783, achevé d'imprimer "à la maison" en 1797, Monsieur Nicolas ou le coeur humain dévoilé est une oeuvre hautement singulière, l'oeuvre-vie d'un ancien ouvrier-imprimeur cherchant dans la typographie une forme d'expressivité intégrale. Mais c'est aussi l'instrument de légitimation d'un auteur polygraphe jamais totalement reconnu par la République des Lettres, et la réécriture fantasmatique d'une existence hantée par la paternité et l'inceste. Et c'est enfin un texte qui occupe une place unique au sein de ces autobiographies d'hommes du peuple qui fleurissent au XVIIIème siècle dans le sillage des Confessions de Rousseau. Comment lire Monsieur Nicolas, cette autobiographie fleuve d'un petit paysan bourguignon devenu prote puis auteur à part entière, se rêvant "fils de soi-même" ? Telle est la question qui oriente la présente étude, soucieuse de resituer Rétif dans le contexte historique et intellectuel du tournant des Lumières, et attentive à la texture singulière de la fable de soi. Précieux témoignage sur la vie rurale et sur l'imprimerie au XVIIIème siècle, exposé d'une "philosophie", mais aussi étonnante "revie", pour user d'un néologisme rétivien : Monsieur Nicolas est bien ce "livre vivant" au prisme duquel apparaissent d'autres Lumières, fascinantes autant qu'impures.
Date de parution
10/07/2006
Poids
945g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782745314468
Titre
FILIATION, ORIGINE, FANTASME. LES VOIES DE L'INDIVIDUATION DANS MONSIEUR NICOLAS OU LE COEUR HUMAIN
ISBN
2745314467
Auteur
BERKMAN GISELE
Editeur
CHAMPION
Largeur
160
Poids
945
Date de parution
20060710
Disponibilité
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Gisèle Berkman est philosophe. Spécialiste de la pensée des Lumières, elle s'intéresse notamment aux rapports entre philosophie et littérature. Vice-présidente et directrice de programme au Collège International de philosophie, elle est chargée des relations internationales. En 2012, elle a consacré son séminaire consacré aux représentations de l'activité de pensée et travaille sur « ce qui nous empêche de penser ». Elle est membre du comité de rédaction de la revue Poésie dirigée par Michel Deguy. En 2011, elle a fait paraître aux éditions Hermann: L'Effet Bartleby, philosophes lecteurs.
Pourquoi la nouvelle d'Herman Melville, Bartleby, the scrivener (Bartleby le scribe), a-t-elle suscité autant de commentaires et de réécritures chez divers penseurs, écrivains et plasticiens ? A quoi tient la fascination qu'elle exerce ? Par quelle magie parle-t-elle à nos contemporains une langue d'une troublante inactualité, comme si la résistance passive du scribe, trop souvent réduite à la fameuse formule "I would prefer not to", devenait une sorte de viatique en nos "temps de détresse" ? Dans L'Effet Bartleby, Gisèle Berkman interroge les commentaires philosophiques qui, de Blanchot à Deleuze, en passant par Derrida, Agamben et Badiou, ont contribué à donner un statut particulier à ce texte. Ce faisant, elle cartographie cette modernité, indissociablement littéraire et philosophique, qui se situe peut-être déjà derrière nous. L'effet Bartleby désigne ici l'effet singulier que la littérature produit sur la philosophie, en une scène de charme et de sidération mêlés dont la nouvelle de Melville est un peu la pierre de touche.
Le travail de Jean-Louis Giovannoni, depuis l'événement créé en 1975 par Garder le mort qui le fit entrer en poésie, n'a cessé depuis de croître, des fragments de jeunesse aux "romans intérieurs", en passant par le récit d'enfance en prose, jusqu'au récent Sous le seuil, (éd. Unes, 2016), salué par la critique. Cette oeuvre singulière se caractérise par son attention au poids du langage, à la densité de l'espace et du temps. On a voulu, avec ce numéro, la donner à découvrir à tout lecteur curieux non seulement de poésie, mais de l'étrangeté du monde.
Dans le grand appartement où elle vit confinée au service de Madame, une femme raconte. Avec une haine teintée de jubilation, elle décrit son servage. Qui est Madame, vieille femme juive rescapée de l'extermination ? Et si la cuisinière était sa fille ? A moins que toutes deux ne soient qu'une seule et même personne. Gisèle Berkman nous donne ici un premier roman vertigineux. Dans le grand appartement où elle vit confinée au service de Madame, une femme raconte. Avec une haine teintée de jubilation, elle décrit son servage, les recettes de cuisine inventées pour complaire à sa patronne irascible. Elle raconte Madame, cette vieille femme qui joue du piano, se rêve en Danielle Darrieux, et tyrannise son employée. La cuisinière note tout. Elle consigne, jour après jour, tout ce quotidien qui l'étouffe. Les jours se traînent tandis que Madame sombre dans la démence. Et les identités s'échangent jusqu'au vertige. C'est comme si la mémoire qui peu à peu se retire de la vie de l'une venait éclaircir les nombreuses questions de l'autre. Qui est Madame, vieille femme juive rescapée de l'extermination ? Et si la cuisinière était sa fille ? A moins que toutes deux ne soient qu'une seule et même personne. Et qui était Monsieur, dont le bureau est interdit d'accès ? Un jour, la cuisinière découvre la photo d'un enfant, le petit Ilia, mort pendant la Shoah, et cette image énigmatique l'obsède, aimante sa vie tout entière. La Shoah, jamais nommée, est le centre obscur autour duquel tout gravite, aussi bien la folie des personnages que le désastre qui s'abat progressivement sur eux. Mais Madame est aussi la chronique d'une émancipation, et celle-ci passe par le langage, par les joies ineffables et amères qu'il procure. Gisèle Berkman nous donne ici un premier roman vertigineux. Le style, la maîtrise de l'écriture et de l'émotion, la gravité du sujet changée en grâce, tout cela fait de Madame un grand texte.