La capture. Composé d'un récit de Pierre Bergounioux, d'un portrait filmé et d'un entretien radiopho
Bergounioux Pierre ; Lachassagne Geoffrey ; Richeu
VERDIER
25,00 €
Sur commande en 2-4 jours
EAN :3760123579643
Quant à ceux qu'on désire posséder, il suffirait de savoir ce qu'ils veulent, eux, pour en prédire la trajectoire, déterminer l'heure et la technique, les capturer. On y parviendra s'il s'agit d'un insecte ; pour un homme, c'est moins sûr. L'homme, c'est Pierre Bergounioux, et le chemin sur lequel on se poste une boucle - la figure du zéro que dessinent sa vie et son oeuvre. Tracer la figure du zéro, c'est tâcher de solder les dettes de l'enfance, et celles de nos prédécesseurs - pour leur rendre justice, mais aussi s'en libérer, vivre au présent, être soi. C'est à ce geste que Pierre Bergounioux s'est voué corps et âme, qu'il arpente les espaces désertiques du Plateau de Millevaches, en quête d'insectes, ou ceux de la pensée, à la recherche du mot juste.
Nombre de pages
71
Date de parution
16/03/2017
Poids
206g
Largeur
138mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
3760123579643
Titre
La capture. Composé d'un récit de Pierre Bergounioux, d'un portrait filmé et d'un entretien radiopho
Auteur
Bergounioux Pierre ; Lachassagne Geoffrey ; Richeu
Editeur
VERDIER
Largeur
138
Poids
206
Date de parution
20170316
Nombre de pages
71,00 €
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
La subite accélération de l'histoire qui voit l'homme, au volant de toutes sortes d'engins, se métamorphoser en une force productive est au c'ur de la réflexion de Pierre Bergounioux, enfant de la triple révolution : automation, transport et information. Vigie, ?ultime rejeton de la société agraire archaïque?, il se pose en témoin d'une ère nouvelle où, espace et temps, dans des rapports inédits, s'entrechoquent et se déchirent. Les nombreux dessins ? au crayon à bord d'une voiture ? de Philippe Hélénon complètent la fébrile image de ce monde frais et rapide.
Si rien n'est plus manifeste que l'inconscient, depuis que Freud a passé, il résidait bien moins en nous, pour moi, pour d'autres, qu'à notre porte, dans les choses qui nous assiégeaient, leur dureté, leur mutisme, la tyrannie qu'elles exerçaient sur nos sentiments, les pensées qu'elles nous inspiraient forcément". Pierre Bergounioux s'explique ici sur un certain éloignement, et d'abord géographique, vis-à-vis de la psychanalyse, que le nom de Freud, gravé dans le marbre au-dessus de l'entrée d'un hôtel parisien, confirmera un peu plus tard. Il raconte comment il a affronté un trouble profond, étroitement localisé, auquel les remèdes qui pouvaient parvenir du dehors - l'apport de Freud, la méthode analytique, le divan - étaient impropres.
On attendait d'énergiques initiatives, des changements effectifs, de vrais événements. Ils ne se sont pas produits. Cinq décennies ont passé en vain, à vide, apparemment. Et puis ce qui aurait dû être et demeurait latent, absent fait irruption dans la durée". Pierre Bergounioux entreprend ici de saisir les origines et la signification du soulèvement social que la France a vécu ces derniers mois. Il enracine sa réflexion dans l'histoire des nations et des idées occidentales, en vertu de l'axiome selon lequel tout le passé est présent dans les structures objectives et la subjectivité des individus qui font l'histoire. Ainsi se poursuit, jusque dans les formes les plus contemporaines de la contestation, en pleine crise du capitalisme et de la représentation politique, le rêve égalitaire qui nous est propre.
Il était cinq heures lorsque le téléphone a sonné. Je suis souvent levé à cette heure où la nuit règne encore mais, ce matin-là, je dormais et c'est en rêve que j'ai su que mon père était mort. J'attendais ce moment depuis le moment où j'ai appris que nous mourrons, tous, et qu'il nous faut attendre. Il avait visité la place vingt-huit ans auparavant, au début du mois de juillet de ma treizième année. Je campais, sous la tente, à cinq cents kilomètres de la maison mais je vois l'étroit vestibule, la pomme du premier balustre en chêne verni, les deux portes latérales et l'amorce de l'escalier avec une telle netteté qu'aujourd'hui encore, je m'y laisserais prendre. La scène ne comporte aucune incongruité. Les portes sont à la bonne hauteur. Le bois de la rampe a la couleur du chêne. Je discerne mal les traits de ceux qui m'entourent mais cela se produit également de ce côté-ci quand on se trouve aux prises avec une douleur extrême. En revanche, je vois mon père étendu au pied du balustre. On a repêché son corps dans la Vézère."
Novembre 1989. Le Mur de Berlin vient de tomber. Inge et Walter Bischoff, un couple d'Allemands de l'Est annoncent à leur fils Carl qu'ils ont décidé d'aller vivre de l'autre côté du rideau de fer. A vingt-six ans, Carl n'habite plus chez eux depuis longtemps. Mais leur décision qui ressemble à un abandon lui révèle qu'avant d'être ses parents, Inge et Walter ont eu une jeunesse éprise de liberté. De ce temps d'avant la construction du mur, le Stern 111, un poste de radio de fabrication soviétique, reste le symbole : toute la jeunesse d'Allemagne de l'Est s'en servait pour écouter les radios de l'Ouest. Carl se rend bientôt à Berlin avec la petite voiture de son père. Au "Cloporte", un immeuble où s'est rassemblée une communauté de squatters, il va connaître une double initiation amoureuse et politique.
L'héroïne de Boulder gagne sa vie comme cuisinière sur un vieux navire marchand. C'est la situation parfaite : la solitude, le provisoire, une cabine et l'océan, un port où rencontrer des femmes. Jusqu'à ce qu'un jour l'une d'entre elles réussisse à l'arracher à la mer et à l'entraîner dans l'aventure d'une procréation assistée. Qu'est-ce que la maternité va provoquer chez cette femme qu'elle a rencontrée dans un bar en Patagonie ? Et elle, acceptera-t-elle de se laisser enfermer entre les quatre murs d'une maison pour faire mentir le surnom de Boulder que lui a donné son amoureuse, et qui désigne des grandes roches isolées au milieu du paysage dont personne ne sait d'où elles viennent ni pourquoi elles sont là ? Le ton ironique, les évocations érotiques sans fausse pudeur, le style implacable et vibrant comme le personnage, tout contribue à faire de ce deuxième roman un texte rebelle intense et poétique.