Votre avis nous intéresse ! " Qui n'a pas reçu ce message après avoir réservé en ligne un hôtel ou un restaurant, acheté un vêtement ou un livre, pris rendez-vous avec un plombier ou un médecin ? Dans l'ère de la notation qui est aujourd'hui la nôtre, on nous propose de tout évaluer, tout le monde, tout le temps. L'obsession de la note régit notre quotidien, à coup d'étoiles, de likes, de classements. Utiles, ces avis ? C'est indéniable. Pour autant, leur démocratisation bouleverse nos rapports humains comme nos habitudes de vie. Evaluer son prof ou son médecin ? C'est désormais possible. Ses propres performances sexuelles ? Des applications ont été créées pour. Donner de mauvaises appréciations en ligne à un concurrent ? C'est devenu un métier... Dans ce jeu permanent du jugement, l'autre devient une menace, soi-même un étranger et les valeurs morales s'effacent au profit de métriques techniques. Face à une telle situation, il faut reprendre le contrôle. La tâche n'a rien d'insurmontable. A condition, nous dit Pierre Bentata, de regarder en face ce qui nous pousse à tout noter. Car noter, c'est juger, et juger, c'est bien souvent haïr la réalité. Il est donc temps d'accepter le monde tel qu'il est et de dompter notre ressentiment pour retrouver un peu de sérénité et de bon sens.
Nombre de pages
202
Date de parution
15/03/2023
Poids
234g
Largeur
132mm
Plus d'informations
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EAN
9791032926703
Titre
Tous notés
Auteur
Bentata Pierre
Editeur
L'OBSERVATOIRE
Largeur
132
Poids
234
Date de parution
20230315
Nombre de pages
202,00 €
Disponibilité
Epuisé
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L'extraordinaire prospérité matérielle qu'a connue notre monde au cours des deux derniers siècles s'est construite sur l'idéal d'un homme libre, doté d'une Raison absolue. Un progrès indéniable. Mais cette promesse d'une souveraineté individuelle a accouché d'un monde de plus en plus marqué par la dilution des cultures, l'affaiblissement des nations, l'interdépendance économique et politique. Un monde où chacun ne serait qu'un rouage interchangeable d'une mécanique globale qui ne servirait qu'elle-même. Inévitablement, les questions d'identité, de liberté et de sens se posent donc à nouveau ? la résurgence des nationalismes, le retour de l'obscurantisme religieux, l'essor de l'idéologie transhumaniste apparaissent de fait comme des réactions extrêmes à cette globalisation du monde, héritage de l'esprit des Lumières. Pour l'économiste Pierre Bentata, face à ces désillusions de la liberté, une nouvelle sagesse est à construire, qui réconcilie racines et Raison, pluralisme et universalisme, avant que le monde ne se défasse.
Face au retour des croyances, idéologies et fake news en tout genre, Pierre Bentata convoque Nietzsche, Freud, Aron et Rosset pour un voyage palpitant à la recherche de la raison perdue. N'avez-vous pas le sentiment que la raison a déserté les lieux ? Où que l'on regarde, les doctrines politiques, les théories scientifiques et toutes les formes d'analyses ont laissé place à de nouvelles croyances religieuses qui se manifestent par le simplisme des idées devenues slogans, le relativisme de la pensée et la négation de la réalité au profit des fake news. Quel que soit le phénomène observé, chacun y voit la confirmation de son idéologie au point de rendre toute discussion impossible. Partout, les idoles refont surface et fissurent les fondements de nos sociétés que sont la quête de la vérité et le partage d'un récit commun. Comment nous, héritiers des Lumières, vivant sous le règne de la science et du progrès technique, avons-nous pu sombrer dans le dogmatisme ? Sous l'égide de grands intellectuels, Pierre Bentata interroge la psyché humaine et lève le voile sur ce qui, aujourd'hui et depuis nos origines, nous pousse à inventer des illusions auxquelles nous soumettre.
La fin de l'Histoire était un leurre et l'Occident se meurt. Telle est, en substance, le credo ânonné par le cortège grandissant des prophètes de la défaite. Mais les faits sont têtus et les chiffres clairs : là où il y a de la démocratie et un marché, les hommes sont plus riches, plus libres et plus heureux. Sur le plan matériel comme sur le plan moral, aucun autre système n'a jamais fait mieux. D'où vient alors l'illusion du déclin ? D'une force qui se prend pour une faiblesse. Si l'Occident déçoit, plus qu'aucune autre civilisation, c'est qu'il fait de l'individu un absolu. Condamné à se sentir imparfait tant qu'un homme demeurera insatisfait, il se croit dépassé par des régimes alternatifs où l'humain compte pour rien. Et c'est là le moteur de son évolution autant que sa malédiction.
Nos libertés se réduisent sous prétexte de protectionnisme, d'écologie, d'égalité des sexes, ou de santé publique ? C'est que nous le voulons bien. Alors qu'elle est sur toutes les lèvres, la liberté individuelle a déserté les lieux. A en juger par l'extraordinaire inflation des règles, lois et autres normes, il n'est plus un domaine qui ne soit régenté par l'Etat. De l'éducation des enfants à la transmission du patrimoine, en passant par l'assurance, l'échange des données personnelles ou le travail le dimanche, rien n'échappe au contrôle public. Pourtant, l'immixtion croissante du pouvoir politique dans les affaires privées n'a rien de totalitaire. Bien que vécue comme une intrusion insupportable, elle résulte de la volonté du peuple qui a fait de l'Etat le garant de sa sécurité, le promoteur de son bonheur et l'artisan d'une société idéale. Situation paradoxale, qui prend sa source dans une représentation fantasmée d'un Etat devenu une divinité à même de satisfaire toutes les attentes. A condition qu'on lui sacrifie notre liberté individuelle. De cette relation d'amour-haine naissent le populisme, les révoltes sociales et la demande d'autoritarisme qui caractérisent la crise politique actuelle. Face à la menace d'un effondrement de la démocratie, une seule solution : réinventer un "mythe" libéral et remplacer le désir de servitude par un amour inconditionnel de la liberté.
De Camus, Hannah Arendt disait en 1952 qu'il était "sans aucun doute pour le moment le meilleur homme en France" parmi ses pairs qu'elle trouvait "tout juste supportables" . Comment expliquer un jugement aussi tranché à l'encontre d'un milieu intellectuel où l'écrivain algérois côtoyait pourtant Jean-Paul Sartre, Maurice Merleau-Ponty ou encore Georges Bataille ? C'est que l'auteur de L'Homme révolté a su incarner, à une époque d'extrême polarisation du débat d'idées, le difficile équilibre de la nuance. Sa lucidité, dont son ami Char disait qu'elle est la blessure la plus rapprochée du soleil, face à la réalité de l'idéologie totalitaire et son refus obstiné de céder aux sirènes du manichéisme ont fait de lui un penseur souvent caricaturé et incompris. Les Justes, Lettres à un ami allemand, Le Mythe de Sisyphe, La Chute... A l'heure de l'immédiateté numérique et de la polémique permanente, il importe plus que jamais d'entendre cette pensée exigeante, tendue comme un fil d'Ariane entre des extrêmes mortifères.