Revue d'histoire de la Shoah N° 197, juillet-décembre 2012 : Aktion Reinhardt. La destruction des Ju
Bensoussan Georges
CALMANN-LEVY
28,05 €
Épuisé
EAN :9782916966069
L'Aktion Reinhardt a commencé le 17 mars 1942 par un premier convoi de 1 500 Juifs, envoyé du ghetto de Lublin vers le centre de mise à mort de Belzec qui, avec Sobibor et Treblinka, va constituer le cour historique de la Shoah. Or, paradoxalement, les études sur l'Aktion Reinhardt sont encore rares, exception faite de l'ouvrage pionnier d'Itzhak Arad en 1987 (Belzec, Sobibor, Treblinka. The Operation Reinhard Death Camps). Après avoir donner à lire l'essentiel des témoignages des rescapés (nº 196), ce second volume de la RHS consacré à l'Aktion Reinhardt tente de pallier cette carence en mettant à la disposition du public français près de 1 400 pages (en deux volumes) pour, de nombreuses études historiques rédigées pour la plupart par des spécialistes étrangers sur la plus grande entreprise de « fabrication de cadavres » jamais conçue par l'espèce humaine contre une partie d'elle-même. Pas un massacre de plus, mais une rupture anthropologique dont l'Aktion Reinhardt marque l'épicentre. Ce dossier explore différents aspects de et autour de l'Aktion Reinhardt : l'étude du camp de concentration/extermination de Majdanek qui fut le théâtre, les 3 et 4 novembre 1943, de la tuerie qui clôtura l'Aktion Reinhardt ; l'analyse des camps de travaux forcés, tel celui de Poniatowa, qui constituèrent le volet économique de l'Aktion Reinhardt ; une étude sur les rapports d'enquête soviétiques en Galicie (1944-1945) ; une analyse du parcours de quelques-uns des assassins, tels Joseph Oberhauser et Ernst Zierke, figures peu connues de l'Aktion Reinhardt mises en lumière grâce aux magistrats ouest-allemands qui « auront davantage travaillé pour l'histoire que pour la justice » ; une étude du parcours des quelques 4 750 auxiliaires (les Wachmänner), formés pour la plupart au camp de Trawniki, près de Lublin, sur lesquels s'appuyèrent les responsables de l'Aktion Reinhardt. Ce volume aborde aussi la question des fractures de mémoire entre Juifs et Polonais. La reconnaissance de plusieurs milliers de Justes en Pologne n'empêche pas la réalité d'un antisémitisme polonais violent et enraciné qui se montra l'allié objectif du désastre - désastre qui ne saurait gommer le fait que la nation polonaise fut, dans un autre registre, martyrisée par l'Allemagne nazie. Ce second volume consacré à l'Aktion Reinhardt se penche enfin sur les mécanismes du meurtre de masse, enchevêtrement de crime d'État, d'entreprise bureaucratique et d'assassinats de voisins. Il met en exergue l'itinéraire de ces gens aux existences médiocres, transfigurés en assassins de masse par les circonstances exceptionnelles, le conformisme du groupe, la grégarité ordinaire des comportements et un endoctrinement idéologique de longue haleine. Car les assassins de l'Aktion Reinhardt furent aussi ce réceptacle conscient et volontaire de passions idéologiques. Celles-là même qui nous enseignent que les mots d'aujourd'hui conditionnent les meurtres de demain.
Le conflit israélo-arabe, dont l'actualité est surabondamment couverte par les médias, demeure paradoxalement mal connu dans sa genèse, recouverte par des strates d'une histoire mythifiée, légende dorée des uns, légende noire des autres. C'est au sortir de la Première Guerre mondiale que se cristallise ce qui n'est pas seulement le choc de deux nationalismes, mais un affrontement culturel recouvert par un " conflit religieux " et d'innombrables polémiques sur la nature du projet sioniste. Mais c'est en étudiant la façon dont, bien avant 1914, le conflit prend forme au sein des élites arabes, dans la vieille communauté juive séfarade et parmi les sionistes d'Europe orientale, que se dessinent les enjeux et les discours du XXe siècle. Ces discours, dominés par la propagande, Georges Bensoussan montre qu'ils sont à mille lieues d'une véritable connaissance historique enracinée dans la longue mémoire des peuples. Ce faisant, il met en lumière l'importance de l'histoire culturelle et de l'anthropologie dans la connaissance d'un conflit vieux de cent quarante ans, dont aucun des schémas explicatifs classiques (du " nationalisme " au " colonialisme " et à l'" impérialisme ") n'est véritablement parvenu à rendre compte.
Le monde chrétien, par l'accusation de "déicide", a longtemps justifié la vie errante et fragile des Juifs en diaspora, comme l'Islam plus tard les accusera d'avoir "falsifié" le message de leurs prophètes. A ce destin de peuple paria, les pères fondateurs du sionisme ont refusé de consentir : opprimés comme peuple, les Juifs devaient se libérer comme nation. En ce sens, leur mouvement s'inscrivait dans le droit-fil de la Révolution française, de la sécularisation des cadres de pensée aussi bien que des nationalismes du XIX ? siècle. Or, loin de conjurer la judéophobie, le sionisme est tôt devenu, pour les courants de pensée réactionnaires comme pour les idéologies totalitaires, la figure repoussoir de la modernité démocratique, assimilée tantôt à une forme moderne du "complot juif", tantôt au colonialisme et au racisme. C'est pour mieux comprendre le temps des commencements que Georges Bensoussan traite le sionisme comme une question d'histoire et montre comment, au-delà du seul peuple juif, il interroge les mutations de la foi dans des temps sécularisés, les rapports d'une langue à une nation, d'un peuple à un territoire et, en définitive, les multiples visages de la libération d'une condition aliénée.
Résumé : Entre 1939 et 1945, 6 millions de Juifs furent assassinés. En France, près de 76 000 hommes, femmes et enfants furent déportés vers les camps de la mort. 2 500 en sont revenus.
Entre 1939 et 1945, l'Allemagne nazie, secondée par de nombreuses complicités, a assassiné entre cinq et six millions de Juifs européens dans le silence quasi complet du monde. Le temps lui a manqué pour détruire le peuple juif tout entier, comme elle l'avait décidé. Telle est la réalité brute du génocide juif, en hébreu: shoah.La décision de « faire disparaître » le peuple juif de la terre signait la spécificité d'une entreprise, unique à ce jour, de modifier la configuration même de l'humanité. En ce sens, depuis Auschwitz, au-delà du seul peuple juif, notre statut même d'être humain est en question.
Lorsque Elizabeth Gilbert rencontre Rayya Elias, à New York, au début des années 2000, elle est immédiatement frappée par la verve de cette femme affranchie qui devient sa con dente et amie. Mais en 2016, lorsque Rayya apprend qu'elle est atteinte d'un cancer incurable, leur amour s'impose comme une évidence. Toutefois, la relation - certes, magnifique et passionnée - est loin d'être un conte de fées, et fait ressortir des comportements toxiques qui mettent leur couple à rude épreuve. Après la mort de Rayya en 2018, Gilbert, bouleversée, doit surmonter ce deuil et reconstruire sa vie. Avec Jusqu'à la rivière, Elizabeth Gilbert nous rappelle qu'entre l'amour et la mort, le chagrin et l'espoir, il existe un chemin sinueux vers la lumière.
Arrêtée par la Gestapo en mars 1944 à Avignon avec son père, son petit frère et son neveu, Ginette Kolinka est déportée à Birkenau. Elle sera la seule à en revenir. Dans ce convoi se trouvent deux jeunes filles dont elle deviendra l'amie - Simone Jacob et Marceline Rosenberg, plus tard Simone Veil et Marceline Loridan-Ivens. Ginette Kolinka raconte ce qu'elle a vu et connu. Les coups, la faim, le froid. La haine. Le corps et la honte de la nudité. Les toilettes de ciment et de terre battue. La cruauté. Parfois, la fraternité. La robe que lui offrit Simone et qui la sauva. Aujourd'hui, dans toutes les classes de France, et à Birkenau, où elle retourne avec des élèves, Ginette Kolinka témoigne et se demande encore comment elle a pu survivre à "ça" . Une voix simple, humaine, unique. Elle. Un récit poignant du quotidien dans les camps, mais aussi de l'après, du retour. Lire. Bref, cru, bouleversant. Le Monde - L'Epoque.
Résumé : Le 17 mars 1943, Simon Gronowski, alors âgé de 11 ans, est arrêté par la Gestapo avec sa soeur Ita et sa mère Chana. Tous les trois sont ensuite transportés à la caserne Dossin à Malines. Le 18 avril 1943, Simon, sa mère et 1600 autres détenus reçoivent l'ordre de partir avec le 20e convoi ", en direction d'Auschwitz-Birkenau. C'est ce désormais célèbre train que trois jeunes gens, Youra Livschitz, Jean Franklemon et Robert Maistriau ont décidé d'attaquer. A hauteur de Boortmeerbeek, les jeunes résistants réussissent à ouvrir les portes d'un wagon et permettent ainsi à 17 personnes de sauter du train. Simon fait partie des évadés. Sa maman l'amène sur le marchepied et le fait sauter au bon moment. Elle ne sautera pas mais son fils, par contre, échappe ainsi aux chambres à gaz qui l'attendait à Auchwitz-Birkenau. Ita, la soeur de Simon, n'aura pas cette chance puisqu'elle sera déportée avec le 21e convoi et gazée à son arrivée à Auchwitz-Birkenau.
Auschwitz est si profondément gravé dans ma mémoire que je n'en oublie aucun instant. - Alors, vous vivez avec Auschwitz ? - Non, je vis à côté. Auschwitz est là, inaltérable, précis, mais enveloppé dans la peau de la mémoire, peau étanche qui l'isole de mon moi actuel." C. D.