Ce livre mène un examen critique de la notion d'intentionalité, tant dans son versant phénoménologique que dans son versant analytique. Partant d'une réflexion sur les actes de langage, il en transpose en partie, mais en partie seulement, le modèle aux actes mentaux, en réinscrivant ceux-ci, à l'image de ceux-là, dans le tissu de contextualité réelle qui est le leur. L'idée majeure du livre est qu'on ne peut séparer la pensée du monde, et placer celle-ci sous le régime exclusif de la visée, libre d'effectivité. Il faut rendre la visée à ses échecs et réussites possibles, et l'interroger dans le cheminement qui est le sien à même le monde. Ainsi l'auteur recherche les voies d'une nouvelle théorie de l'esprit, placée sous le signe d'une espèce de réalisme d'inspiration phénoménologique - où le réalisme est autant principe de critique de la phénoménologie que son accomplissement. Cette enquête sur les fondations d'un possible réalisme, à la fois linguistique, perceptuel et structural, prend primairement la forme d'une interrogation sur les limites du sens, entre philosophie du langage et philosophie de l'esprit. Biographie de l'auteur Jocelyn Benoist est Professeur de Philosophie contemporaine et de la connaissance d l'Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne.
Date de parution
04/04/2005
Poids
490g
Largeur
215mm
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EAN
9782711617258
Titre
LES LIMITES DE L'INTENTIONNALITE
ISBN
2711617254
Auteur
BENOIST
Editeur
VRIN
Largeur
215
Poids
490
Date de parution
20050404
Nombre de pages
0,00 €
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Ce livre est consacré à la question du synthétique a priori, telle qu'elle peut se poser en termes modernes, à la lumière d'une confrontation entre les origines de la philosophie analytique et celles de la phénoménologie. On a souvent l'impression que, après la critique virulente adressée par le Cercle de Vienne à Husserl, la question serait aujourd'hui définitivement réglée. Pourtant un certain nombre de tentatives se font jour, sur le terrain même de la philosophie analytique, non sans référence à la phénoménologie, de réhabiliter le concept de synthétique a priori. Le présent ouvrage s'attache à un aspect méconnu de la pensée de Bernard Bolzano, pour en faire le principe d'une lecture critique de Kant, Husserl, Schlick et Wittgenstein. A la lumière de ces rapprochements se noue un certain rapport entre phénoménologie, philosophie analytique et structuralisme et se dessine une autre conception de la phénoménologie, pour laquelle il n'y aurait de synthèse que conceptuelle.
La théorie de la signification a joué un rôle central dans le développement de la phénoménologie. Jocelyn Benoist essaie d'en donner un exposé systématique, y décelant le paradoxe que représente l'influence décisive d'un auteur qui n'utilise pas le concept d'intentionalité (Bolzano), relu et réinterprété par Husserl au moyen de ce même concept. L'œuvre de Husserl se situe au croisement de Bolzano et de Brentano, d'une pensée du sens et d'une pensée de l'acte, de l'objectivisme logique et de la description psychologique et pragmatique : c'est le principe de lecture adopté ici. Cette enquête sur la théorie de la signification de Husserl conduit à revisiter tous les lieux classiques de la philosophie du langage et de la logique contemporaine, mis en vedette depuis par la philosophie analytique : théorie du sens, de la grammaire, de la vérité, de la proposition, du nom propre, de l'indexicalité, des performatifs, etc. On mesure ainsi le point auquel la pensée de Husserl était déjà installée de plain-pied dans ces problématiques, et ce qu'elles-mêmes ont, aujourd'hui, à gagner à un retour sur elle.
S'il n'est pas, ne peut plus être question ici, de définir l'essence de la réalité, il s'agit en revanche de clarifier la façon dont, en diverses occurrences, nous mettons en oeuvre ce concept. A quelles occasions, et comment, parlons-nous de " réalité "? Quel rôle cette idée joue-t-elle dans nos pensées et nos vies ? Ce rôle, à l'analyse, apparaîtra constitutif. Ce qu'on appelle " réalité " se découvrira ainsi un trait de notre esprit même : ce par rapport à quoi celui-ci, dans ses attitudes et ses contenus, a seulement un sens - c'est-à-dire peut, selon sa vocation propre, en déployer un.
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.