Avec le fleuve cet automne cette pierraille et ces faibles nuages J'ai consacré toute une matinée dans la morosité d'un arrière-goût de perte à scruter une immensité déferlant depuis les rochers Des légions d'air ont accouru Des foyers de sommeil successifs s'accumulèrent à mon genou Bruissement de feuilles Ton calme est le premier à m'avoir enseigné comment en toi s'apaisent les tempêtes Voici un semblant de brouhaha au passage furtif Des variétés de pierre à chaux parsemées au milieu des végétaux La ronde des oiseaux autour d'une chose qui tient de l'obscurité Le nuage qui modifie sa position Une langue que j'ai failli entendre balbutier La transparence qui s'éloigne
Nombre de pages
112
Date de parution
10/04/2003
Poids
236g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
9782914387255
Titre
Fleuve entre des funérailles
Auteur
Bennis Mohammed
Editeur
ESCAMPETTE
Largeur
170
Poids
236
Date de parution
20030410
Nombre de pages
112,00 €
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Bennis Mohammed ; Nissabouri Mostafa ; Noël Bernar
Recueil de poèmes sur le vin traduit de l'arabe, renouant avec la grande tradition musulmane sur ce thème, dans l'écriture puissante et subtile de ce grand auteur marocain qui construit une oeuvre fondatrice de la poésie arabe contemporaine.
C'est à une extrême attention au monde, et à une leçon d'écriture que nous convie le poète marocain Mohammed Bennis. Traduit par l'auteur en collaboration avec Bernard Noël Vers le Bleu affirme la persistance de l'expérience poétique comme support de la langue, expérience soutenue par des réflexions et un sens critique d'une extrême précision.
Jean-Jacques Salgon est né en Ardèche où il a fréquenté la petite école de son père, instituteur laïque, républicain et pédagogue adepte des méthodes Freinet. Ce rude pays et ce père au caractère trempé auront sur lui et sur ses livres une influence profonde. Papa firme la pipe est un hommage à ce père mort à 96 ans. Le premier tableau du livre nous le montre, couché dans son cercueil, revêtu d'habits qui le font ressembler à un Communard fusillé par des Versaillais. Puis, de tableau en tableau, on remonte le temps dans un récit empreint de nostalgie et d'humour. On aperçoit Gérard Philipe à Avignon, Geneviève Page au volant de sa BMW décapotable bleue et quelques autres, on part en vacances en Italie en caravane, on roule en 2 CV glorieuse, et à force de remonter le temps on se retrouve en culottes courtes, dans la classe de l'instituteur, où le futur auteur s'exerce à écrire au tableau: "Papa fume la pipe, maman fait du café"
« Treize personnages féminins du cinéma. Sans doute ai-je pris les films pour des livres comme les autres, avec ce qu'ils portent en eux d'un monde inconnu et les portraits de nous-mêmes qu'ils retiennent, depuis notre première vision, dans les plis de leurs chapitres. Je me suis appliqué à travailler ce chiné que tissent ensemble les ?uvres aimées et notre propre vie. J'ai aussi tenté de préserver l'état d'enchantement dans lequel m'a laissé, à l'origine, le déroulé de la pellicule. »
Ecrit après une rupture sentimentale et une douloureuse expérience de la solitude, ce livre est un florilège de petites pièces très musicales, empreintes de mélancolie. C'est aussi un acte de confiance en la poésie pour réinventer la vie..."J'aime le mot sonate que même les musicologues éprouvent bien du mal à définir. Sonate est ce qui vibre, s'opposant à ce qui chante, la cantate. Voilà bien ce que je cherchais ici, vu le thème de la solitude, une vibration plutôt qu'un chant, encore moins un cri, un soupir."
Qu'est-ce pour vous que la poésie ? " demandait-on un jour à Antonella Anedda. Et telle fut sa réponse : " C'est ma réalité, enfoncée dans ma vie : c'est une racine, et parfois une lame. " Une racine qui la relie à la totalité de la terre et du cosmos, aux vivants et aux morts, à la parole même de ce qui semble ne pas avoir de voix. Et une lame qui ouvre au monde, annonce une blessure, mais devient aussi l'emblème du tranchant de la poésie. La force d'un livre comme Nuits de paix occidentale (1999) semble tenir à une tension toujours renouvelée entre un souci de réserve pudique, de loyale retenue où le chant révèle sa part d'ombre et de silence, et un élan profond, une ardeur immédiate dans le don de soi, dans l'incandescente offrande de parole.