Ce livre dénonce l'hypocrisie et les impostures intellectuelles selon lesquelles l'islam et la laïcité sont incompatibles. Il se veut critique et montre, preuve à l'appui, que le sécularisme se trouve dans la matrice du religieux. Le premier mot révélé au Prophète de l'islam fut "Lis !". Au coeur de ce verbe, conjugué à l'impératif, gisent les graines du sécularisme. Ce verbe ne veut pas uniquement dire "prononcer à haute voix" ou " déchiffrer", mais "prendre la raison comme mesure en toute chose". Alors que s'est-il passé pour que le monde arabo-musulman cesse de parler le langage de la raison ? L'auteur montre que l'islam, en tant que religion, n'est pas réfractaire à la laïcité, mais l'est devenu plutôt en tant qu'institution. Autrement dit, ce sont les musulmans eux-mêmes ainsi que les régimes (dictature militaire ou religieuse) qui bloquent l'éclosion, la construction et la promotion de la laïcité. Le manque de légitimité ? caractéristique de tous les régimes arabo-musulmans génère deux faits majeurs : la politisation de la religion et la sacralisation de la politique. Le premier contribue (ô combien !) à l'effacement de l'essence de l'homme alors que le second prend dieu pour une machine à tuer. Face à ces obstacles la construction de la laïcité demande une lutte acharnée, un combat sans relâche et des débats intellectuels sans concession.
Nombre de pages
200
Date de parution
30/03/2017
Poids
244g
Largeur
146mm
Plus d'informations
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EAN
9782367600864
Titre
Réflexions sur la laïcité arabe
Auteur
Belqaïd Moulay-Bachir
Editeur
ERICK BONNIER
Largeur
146
Poids
244
Date de parution
20170330
Nombre de pages
200,00 €
Disponibilité
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Biographie de l'auteur Bachir Belqaid est né à Marrakech. Il vit en France depuis plus de trente ans et a suivi une filière universitaire à Bordeaux. Son travail porte généralement sur la désaliénation du dialogue entre Islam et Occident et le rapprochement entre les deux rives de la Méditerranée.
La culture arabo-musulmane a donné lieu à des noms propres, hommes et femmes, qui restaient des symboles en matière d'aimer. De l'ode jahilite aux écrits de gibran en passant par le Coran, les hadiths, les Mille et Une Nuits, les traités soufis, elle a développé un art d'aimer et cette littérarure fit émerger des couples pour incarner l'expérience amoureuse.
L'"Occident" a bel et bien étudié l'islam et les Arabes. Dans n'importe quelle bibliothèque européenne ou librairie, on trouve des livres à profusion les concernant tandis que l'inverse n'existe dans aucune bibliothèque d'un pays arabo-musulman. Comment peut-on expliquer ce phénomène ? Pourquoi les Arabes et les musulmans n'ont jamais pensé prendre l'"Occident", le christianisme ou le judaïsme comme objet d'étude ? Comment peut-on expliquer l'absence d'un discours arabo-musulman sur l'Europe à l'instar de l'orientalisme ? Pourquoi l'Autre, le différent, le non-musulman, le chrétien, le juif, n'a jamais été le centre d'une réflexion sérieuse au sein de la culture et du savoir arabo-musulmans ? Du coup, comment la pensée arabo-musulmane conçoit-ell la Différence ? Pourquoi, en terre d'islam, il n' ya pas d'Université ou d'Institution spécialisés dans le domaine chrétien ou hébraïque ? Et en l'absence de ces institutions, que représente l'Autre, le non musulman, dans la mentalité arabo-musulmane ? Pourquoi cette culture n'arrive t-elle pas à produire une culture de second degré : critique et découvreuse ? Quelle est l'origine de la défaillance relative à la connaissance de l'"Occident" qui, malgré tout, sert, pour le Arabes et musulmans, de modèle pour s'en sortir ? Qu'est-ce qui empêche ces derniers de s'engager sur cette voie ? Ces questions- que nous avons traitées dans ce livre- demeurent jusqu'à présent impensables dans le champ intellectuel arabo-musulman. Y répondre donc est une gageure. Dans le monde arabo-musulman, on conçoit l'"Occident" soit comme infidèle ou fascinant, sinon argesseur, mais jamais comme une Différence à part entière. Ces images-là - que nous avons déconstruites et critiquées d'une manière virulentes, pour monter leur inactualité- ont faussé les pistes pour désaliéner le dialogue entre Islam et Occident et établir un rapport constructif entre les deux rives de la Méditerranée. Entre cette tripartite vision, l'étude de l'Autre se dissipe. Cette carence tient à la connaissance arabe qui dérive d'une raison engluée, sclérosée, incapable de s'interroger sur elle-même, sur ses erreurs et sur son incapacité à franchir ses limtes dogmatiques. Comment en l'occurrence peut-elle s'interroger sur l'Autre ? L'institutionnalisation de l'ignorance à l'égard de l'Autre en est largement responsable. En terre d'islam, la manière de concevoir l'Autre reflète l'intolérance, l'intransigeance et l'exclusion qui symbolisent la parole unique. Pour que les Arabes et les musulmans se réconcilient avec eux-mêmes et avec les Autres, ils doivent mettre terme à cette manière de voir. C'est ce que cette modeste étude propose.
Ce livre porte sur deux islamologues : français et marocain. Le choix illustre parfaitement bien le dialogue de sourds entre l'islam et l'Occident. Les deux thèses génèrent une attitude d'hostilité systématique envers l'islam (Urvoy) et l'Occident (Hogga). Ce type de discours qui domine encore la scène intellectuelle, la sphère médiatique et une partie du champ universitaire écarte les chances d'un dialogue fructueux entre les deux rives de la Méditerranée et renforce les malentendus. Si ma critique cible ce discours, c'est justement pour montrer, preuves à l'appui, que la Méditerranée - comme esprit et carrefour de civilisations, hospitalité et défi, et, entre autres choses, lieu de naissance du monothéisme religieux -, a toutes les chances, les moyens, les capacités et les potentialités de nouer un dialogue digne de ce nom et de conduire l'humanité - idée si chère à Edgar Morin -, à "accoucher de l'Humanité" .
C'est au coeur du massif des Aurès, dans le sud de l'Algérie, qu'au VIIe siècle vivait la puissante tribu berbère des Djéraoua, d'origine juive, dont la Kahéna était la reine. Cette femme, d'une beauté remarquable et dotée de pouvoirs étranges, prédisait l'avenir et guérissait les malades, jouissant parmi les siens d'une autorité indiscutée car elle rendait la justice avec équité mais savait aussi se montrer impitoyable. Lorsque les Arabes décidèrent de porter la parole du Prophète de par le monde, ils envahirent l'Afrique du Nord, détruisirent Carthage et chassèrent les Byzantins installés dans les colonies côtières. Refusant d'abjurer sa foi, la Kahéna rassembla les peuplades de l'Ifrikiya, de la Numidie à la Mauritanie et, à la tête d'une armée innombrable, parvint à infliger aux Arabes une terrible défaite. Ce fut le dernier acte de résistance contre l'Islam de cet étonnant peuple berbère, souvent méconnu, mélange d'anciens Libyens, Phéniciens et Juifsâ¦