Algérie, généalogie d'une fatalité. Des réfugiés se racontent
Belmessous Hacène
PARIS MEDITERRA
16,99 €
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EAN :9782842720537
Je n'étais pas préparé à fuir mon pays. Des tonnes d'images me revenaient. Les images des voisins, des amis, de ma maison, de mes biens, de mes cuites avec les copains, de mes bars fétiches, de ma jeunesse, de mon enfance, tout cela repassait dans ma tête. Le voyage en bateau a duré huit heures et je peux t'assurer que huit heures, c'est long. J'ai pleuré l'Algérie tout le long. Mon Algérie. " Ainsi s'exprime l'un des trois Algériens réfugiés en France qui ont accepté de s'entretenir avec Hacène Belmessous. Agés de 8 à 10 ans au moment de l'indépendance de leur pays, tous les trois ont exercé des métiers publics, ce qui fait d'eux des témoins privilégiés de l'ascension puis de la chute de l'Algérie. Mieux que les récits de l'élite intellectuelle ou l'analyse du phénomène islamique, l'histoire de ces exilés peut s'apprécier comme un miroir du drame algérien. A l'heure où tout débat sur l'Algérie s'avère impossible - comme le montre la polémique sur le " qui tue ? " -, ils nous parlent à haute et intelligible voix d'un pays qui a toujours été entre l'ombre et la lumière.
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Nombre de pages
164
Date de parution
01/10/1998
Poids
200g
Largeur
210mm
Plus d'informations
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EAN
9782842720537
Titre
Algérie, généalogie d'une fatalité. Des réfugiés se racontent
Auteur
Belmessous Hacène
Editeur
PARIS MEDITERRA
Largeur
210
Poids
200
Date de parution
19981001
Nombre de pages
164,00 €
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Il est des anniversaires qu'on aimerait passer sous silence. En juillet 2001, la France célébrera les vingt ans de ses premières émeutes urbaines. Depuis l'été chaud des Minguettes, les banlieues populaires se sont maintes fois révoltées contre un pouvoir politique qui n'a cessé de traiter socialement un problème politique. Or, ces " insupportables " quartiers sont le miroir grossissant des imperfections de notre société : mort des utopies autrefois mobilisatrices (le plein emploi, les mixités sociales et raciales et l'égalité des chances à l'école) et déclin cruel de l'objet politique. Après vingt années d'errance politique et de discours imposteurs, - tel celui qui attestait que la reprise économique relèverait automatiquement ces territoires -, la France est à la croisée des chemins : soit elle continue de mépriser la réalité et prolonge l'ordonnance de ses hypnotiseurs (maintien des exclus sous perfusion sociale et achat de la tranquillité publique), soit elle consent enfin à regarder ces communes dans le blanc des yeux. Car plus que jamais, l'avenir du pays passe par le rétablissement de ses banlieues populaires.
Le chercheur montre que les grands aménagements urbains font l'objet de décisions régaliennes que les procédures de concertation citoyenne ont pour fonction de déguiser. Il décrit le dysfonctionnement de ce processus "dé-démocratique" dont il trouve l'origine dans la construction du quartier de la Défense à Paris, au début des années 1960.
Hacène Belmessous est chercheur, auteur de nombreux ouvrages sur les questions urbaines dont Opération banlieues. Comment l'Etat prépare la guerre urbaine dans les cités françaises, La Découverte (2010), Le nouveau bonheur français ou le monde selon Disney, L'Atalante (2009) et Mixité sociale: une imposture - Retour sur un mythe français, L'Atalante (2006).
Parce qu'il " déteste la banalité ", Moncef, un jeune Algérien, se laisse séduire par une religion rigoriste et exigeante. Des prières et des leçons à la mosquée, au camp d'adolescents et à l'université, Adel Gastel nous introduit à l'intérieur des milieux islamistes. Il démonte les rouages d'un endoctrinement manipulateur et expose les rivalités de ces marchands de foi qui en appellent à Dieu pour s'emparer du pouvoir. Adieu les marchands de foi est le roman d'initiation d'un représentant de la jeunesse algérienne des années 80 et 90. Moncef croit briser le carcan social en écoutant les cheikhs, il conservera assez de lucidité pour réagir et regagner sa liberté.
Cloué dans un fauteuil roulant, Ali évoque le destin de ses trois amis d'enfance, Hamid, Kader, Malik, trois hommes perdus dans l'Algérie des lendemains de l'Indépendance. Ils s'étaient promis de construire un monde plus beau, plus excitant que celui qu'avaient connu leurs pères. Mais ils se sont assoupis et ont laissé le champ libre aux apprentis sorciers. Au bout du compte, ils ont récolté une houle d'une rare violence qui a emporté leurs vies dans un tourbillon de folle destructrice.
Pour échapper au temps du massacre, Salim se réfugie dans un territoire inexpugnable, celui de la mémoire. En revisitant quelques personnages du passé, il s'aperçoit qu'il n'a lui-même jamais franchi les bornes de l'enfance. Délicieuse occasion alors pour voguer au gré de l'imagination et de la géographie : un rêve andalou qui ne se limite pas à la nostalgie, des aventures d'écolier où la "guerre des boutons" le cède très vite à la vraie guerre, le souvenir d'un beignet amer substitué à un vélo, le contre-pied de Ben-Nicolas, le seul petit roumi ami des Arabes... Jusqu'à cet ultime retour au pays où les massacres sont pudiquement évoqués, au passé. Évocation de l'exil, des racines, des gens du voyage. Loin de vouloir jouer les redresseurs de tort, Djilali Bencheikh comme son personnage Salim - son double -, souhaite simplement lancer un bouquet de fraîcheur à la face de ses contemporains. Juste pour dire que le bonheur est d'abord un acte de liberté.
Cela commence à la manière d'un journal de guerre intestine. Des voix se relaient, elles évoquent, elles s'incarnent, elles assaillent leur héros - l'homme, l'écrivain, l'amant, l'époux, le fils, l'ami, le père, le militant et même, qui sait, l'inconnu. Procès réel ou possible, il ne cesse de hanter Aïn. Comme ne le lâche pas d'une ombre un certain Hdiddane, aussi inventif que futé, caricaturiste impénitent, prompt à la réplique : faisant d'Aïn un personnage de son cru, il récrit des scènes, apostrophe, se prétend l'avocat obstiné de la fiction, cette grande tentatrice. Son " Epître sur la luxure " n'est pas la moindre de ses provocations. L'homme du journal, lui, a décidé, coûte que coûte, de mettre sa vie à l'épreuve de la vérité. Un pays peut-il en cacher un autre ? Un homme peut-il en cacher un autre ? De Paris à Rabat, sans oublier Fès, la ville natale, cette traversée des miroirs brise les images trop vite figées. Un bel exemple de littérature vécue comme aventure, une aventure dont la poésie est le diapason essentiel, relié aux convulsions du monde.