L'exposition Etats d'images - Instants et intervalles (2005) a été un jalon important dans l'évaluation des rapports entre le mouvement et l'immobilité des images, saisis ici entre leurs deux bords extrêmes : la photographie et le film. Conçues par des artistes de renommée internationale, les douze installations qui en composaient le corps ménagent une gradation subtile entre ces deux bords. Ce sont autant d'impressions subtiles que les auteurs des textes consacrés à chacune des douze oeuvres composant l'exposition ont eu à charge d'évaluer. Trop longtemps demeuré inédit, ce catalogue vient ainsi reprendre la place qui aurait dû être la sienne dans l'histoire mouvementée des images. Raymond Bellour est directeur de recherche honoraire au CNRS. Parmi de nombreux ouvrages consacrés à la littérature et au cinéma, les deux volumes de L'Entre-Images (1990, 2020) et La Querelle des dispositifs (2012) développent une évaluation entre les différents régimes d'images. Commissariat d'expositionsâ? : Passages de l'image (1990, avec Catherine David et Christine Van Assche), Thierry Kuntzel, Lumières du temps (2006), Thierry Kuntzel-Bill Viola. Deux éternités proches (2010), Chris Marker (2018, avec Christine Van Assche et Jean-Michel Frodon). Sérgio Mah est commissaire d'expositions et professeur à la Faculté des Sciences sociales et humaines de l'Universidade Nova de Lisboa. Il a été commissaire de la représentation officielle du Portugal à la 54e Biennale d'art de Venise (2011) et à la 16e Biennale d'architecture de Venise (2018). En 2023, il a pris ses fonctions de directeur adjoint du MAATA - Musée d'art, d'architecture et de technologie de Lisbonne.
Nombre de pages
150
Date de parution
21/03/2024
Poids
200g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
9788869763977
Titre
Etats d’images. Instants et intervalles
Auteur
Bellour Raymond ; Mah Sérgio
Editeur
MIMESIS
Largeur
170
Poids
200
Date de parution
20240321
Nombre de pages
150,00 €
Disponibilité
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Quel est le privilège du poète sans privilège ? Raconter, simplement, "l'aventure d'être en vie". Faire de la langue non pas l'instrument d'un salut ou d'une prophétie, mais une sauvegarde. Une exploration. Une activité extraordinaire et banale. "N'importe qui peut écrire Mes propriétés." Michaux invite son lecteur à effectuer sur soi un trajet identique à celui qu'il opère par rapport à lui-même. Travail de la conscience confrontée à tout ce qui, plus fort qu'elle, l'innerve, la nourrit, la meurtrit, la contredit, la détruit. Michaux explore ainsi une possibilité salubre, parfois allègre, et forcément désespérée : l'épopée individuelle.
Cet ouvrage inédit de Raymond Bellour propose un « Parcours de Michaux », au double sens duchemin parcouru par Michaux et des sentes que le lecteur peut tracer dans l'oeuvre de cet écrivainmajeur. « Il y a environ vingt ans, quand j'entrepris l'édition des Oeuvres complètes d'Henri Michaux dans la Bibliothèque de la Pléiade, je me trouvai confronté à deux difficultés. La premièreconcernait la possibilité de ?penser en chronologie?, puisque telle était la forme éditoriale quedevaient prendre ces volumes. La seconde difficulté, qui découlait de la première, était lanécessité de séparer l'élaboration critique proprement dite de la part d'information éruditeindispensable. Je décidai donc de conserver une cloison aussi étanche que possible entre lesNotices et les Notes sur le texte destinées à introduire chaque livre ou recueil publié par Michaux. Ce principe me permit de concevoir ce dont je découvris au fur et à mesure de l'avancée de l'édition la réalité confusément entrevue dès sa mise en route: la construction d'un discours critique, à la fois discontinu et continu, tenant au propre de chaque oeuvre mais saisissant par là aussi tout l'oeuvre dans son développement, sa logique, son histoire intime. Une sorte de livre de Notices, ou de chapitres, dont je formai ainsi très tôt le dessein, et dont l'écriture de chacune d'entre elles, au fur et à mesure des dix années environ de leur rédaction, me confirmait l'efficience. C'était bien, trente ans après mon premier livre sur Michaux (Henri Michaux ou une mesure de l'être, « Les Essais », Gallimard, 1965), un second livre sur Michaux que j'avais entrepris, à la fois plus ample et beaucoup plus fouillé ».
A Copenhague, l'hiver, à l'occasion d'un congrès, Michel Cordier rencontre EIse Gerstein. L'attirance qu'ils éprouvent l'un pour l'autre est liée à la fascination d'un décor : c'est à travers les parcs enneigés, dans la géométrie brumeuse de la ville, devant les tableaux du musée qu'ils se découvrent peu à peu. "L'époque a fait de nous des rêveurs", écrit Michel. Tout rêveur regarde, le rêve est image. Plus qu'une histoire d'amour, c'est donc une description de l'amour où la passion se donne à elle-même en spectacle. Sentiments, souvenirs, photographies, peintures, c'est tout un pour l'oeil exercé du rêveur que visite le démon de l'analogie. Aussi bien la séparation favorise-t-elle double réflexion : tandis qu'à Paris, Michel s'efforce en vain de cerner un visage, une Else, de retour à Munich, dans sa maison, auprès de sa fille, raconte les menus incidents de sa vie quotidienne dans ses lettres. L'été, Else et Michel se retrouvent en France pour deux semaines. Plus tard, EIse demande à Michel de venir la revoir à Munich. Mais Michel se dérobe. Et quand il aura l'occasion d'aller la retrouver, c'est elle qui cette fois renoncera au rendez-vous de Copenhague.
De 1980 à 1995, Raymond Bellour a écrit des articles sur le plupart des livres d'Hervé Guibert dans le Magazine littéraire - un accompagnement critique d'un discernement exceptionnel, rare à l'égard d'un jeune auteur. Bellour avait rencontré Guibert, âgé de dix-sept ans, lorsque ce dernier présentait le concours d'entrée de l'Institut des hautes études cinématographiques, auquel il échoua. Un rapport amical fait d'admiration s'ensuivit, dont ces articles gardent la trace. La présente édition est enrichie d'une préface inédite de Raymond Bellour.
La question « qui suis-je ? » occulte souvent celle de savoir quelle place occupe l'autre dans le processus d'édification de l'identité personnelle. L'autre n'est sans doute pas absent des discours portant sur l'identité et le sujet, mais il est le plus souvent envisagé comme un élément extérieur gravitant autour d'un Moi considéré comme un centre de référence. Or l'autre n'est pas toujours celui qui me fait face, il est bien plus souvent celui qui me fait être. C'est notamment le cas quand l'autre est un modèle, que je le choisisse (figure d'exemple), ou qu'il soit socialement construit et imposé (figure d'exemplarité). L'autre, par qui je deviens celui que je suis, se manifeste donc comme une source féconde de construction de soi.
Dans Le film qui m'est resté en mémoire, Victor Burgin s'intéresse aux souvenirs fragmentaires de films qui traversent fugacement nos pensées, se mélangeant par la suite aux souvenirs d'autres films ou d'événements réels. Constituées, pour l'essentiel, de perceptions et de souvenirs, de telles « images-séquences » n'ont pas été étudiées par la théorie du cinéma ou de la photographie. Nous conduisant des écrits de Roland Barthes à La Jetée de Chris Marker, et en s'appuyant sur les apports de la psychanalyse, l'auteur nous invite à réfléchir sur les enjeux et les usages de nos souvenirs fragmentaires de films.
Louis Althusser est l'initiateur d'une ambitieuse tentative de relecture de l'oeuvre de Marx et de redéfinition du matérialisme historique, afin de déterminer une stratégie révolutionnaire et d'orienter les organisations de lutte de classe. Loin de se limiter à étudier Althusser comme le témoin critique d'une histoire révolue - celle de la crise du mouvement communiste international - cet ouvrage présente des publications posthumes, des textes inédits et des écrits de collaborateurs - Etienne Balibar, Nicos Poulantzas, Jacques Rancière, Alain Badiou, Christian Baudelot et Roger Establet - qui reflètent l'effervescence intellectuelle d'une époque de grande créativité théorique de la pensée française. Car l'intérêt du travail althussérien réside avant tout dans sa tentative de formuler un véritable programme de recherches collectives. Un ouvrage pour redécouvrir un penseur qui pourrait influencer la pratique politique aujourd'hui encore.