Ahmadou Kourouma : romancier de la politique africaine de la France. Un écrivain et critique engagé
Bédia Jean-Fernand
L'HARMATTAN
22,50 €
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EAN :9782343026022
Fort de la conviction selon laquelle l'oeuvre romanesque d'Ahmadou Kourouma, présentée de façon récurrente sous la problématique linguistique et celle des dictatures nationales africaines, échappe difficilement au diktat de la pensée unique ambiante, cet ouvrage a voulu donner un autre son de cloche de cette écriture en " situation postcoloniale ". Non pas que ce prisme de lecture autre soit inédit ; mais parce qu'il invite à ne pas perdre de vue la raison première de l'entrée en littérature de cet ancien assureur. Aussi s'inscrit-il dans le prolongement de la nécessité de réflexion qui a confirmé le sentiment partagé du " retour du colonial " en Côte d'Ivoire et en Afrique. C'est principalement dans le cadre de ce débat engagé sur le " retour du colonial ", pour ne pas dire la persistance du colonial, qu'il faut donc comprendre l'opportunité de cet essai ; un ouvrage qui rend par la même occasion hommage à Ahmadou Kourouma, dont la communauté scientifique et littéraire a célébré en 2013 le dixième anniversaire de sa mort.
Nombre de pages
206
Date de parution
27/03/2014
Poids
265g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343026022
Titre
Ahmadou Kourouma : romancier de la politique africaine de la France. Un écrivain et critique engagé
Auteur
Bédia Jean-Fernand
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
265
Date de parution
20140327
Nombre de pages
206,00 €
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Ce texte se présente comme "un essai" et n'est pas dénué d'ambition comme en témoigne sa tonalité critique. L'auteur dénonce les vicissitudes du comparatisme englué dans une taxinomie des littératures qui accentue la frontière entre des oeuvres littéraires assujetties à leurs provenances géographiques.
Ecrire et penser l'Afrique aujourd'hui, c'est contribuer à ramener dans le débat des idées littéraires toutes les questions cruciales d'ordre civilisationnel, politique et géopolitique qui fourmillent sous la plume d'auteurs classiques. Ceux-ci se nomment, parmi d'autres, Kourouma, Kane, Sassine, Monénembo, Béti, et ils ont magistralement romancé la condition existentielle des peuples de ce continent. En engageant la responsabilité de la critique littéraire africaine, l'auteur de cet ouvrage analyse, sans complaisance ni complexe, les aspects de la "politique de civilisation e éludés dans le débat contemporain sur la postcolonialité ou le postmodernisme africain. Ce livre important montre comment l'autocensure inconsciente sur ces questions a fait le lit de l'impérialisme culturel.
Ce livre, consacré à l'oeuvre d'Ahmadou Kourouma, prend pour thème majeur la géopolitique, sorte de téléologie cristallisant la carrière de l'écrivain, dont l'" essentiel ", pour lui, semble avoir été éludé au profit d'une approche longtemps fascinée par sa créativité formelle et linguistique. Derrière cet horizon d'attente, se forme un magma d'idées et de paradigmes éculés, comme le rapport du romancier ivoirien à la langue du colonisateur et son aversion pour les régimes dictatoriaux africains. Pareille lecture, au contraire de toutes les gloses élogieuses à l'égard d'Ahmadou Kourouma, fait courir le risque de la marginalisation dans l'histoire des idées à la critique consacrée à l'ensemble de ses romans. Questionner l'oeuvre sous le prisme de la géopolitique et de la question postcoloniale permet de la saisir, tout comme son auteur, loin des fantasmes dominants d'une herméneutique qui s'est fossilisée, au fil du temps, dans des grilles de lecture qui ont parfois donné l'impression, même à Kourouma de son vivant, de se trouver devant une impasse.
Ce livre tire les leçons de l'histoire de la théorie critique (la naissance de l'Ecole de Francfort en Allemagne, la naissance de la "nouvelle critique" et du nouvel esprit scientifique en France, etc.) depuis le milieu du XXe siècle. Et il s'inscrit dans la perspective du renouvellement de ce qui se professe en Afrique francophone sous le vocable de "culture littéraire et générale", par ricochet du discours éducatif. Lumières postcoloniales met alors en réflexion trois sujets dont découlent trois enseignements majeurs : - l'influence de la pensée politique et littéraire africaine dans l'histoire des idées ; - la déconstruction de l'image d'Epinal de la francophonie comme instrument au service de l'égalité, de la fraternité et de la justice entre les peuples et leurs cultures ; - le Discours sur le colonialisme d'Aimé Césaire et les Cailloux blancs de Bernard Dadié comme illustrations des littératures d'inspiration négritudienne et panafricanistes préoccupées par les vicissitudes des relations internationales depuis la défaite du nazisme. Lumières postcoloniales ou les prolégomènes à une nouvelle histoire littéraire africaine, prompte à nuancer celle prescrite par les instances parisiennes du "champ de pouvoir" et de la "fabrique de classiques littéraires" du continent !