Pour le droit canon, l'excommunication vise à convaincre le pécheur de revenir dans le giron de l'Église, quelle que soit la gravité de sa faute. Cependant, cette censure canonique a été abondamment utilisée comme mesure de procédure, dans les affaires d'endettement notamment. Sa puissance effective à la fin du Moyen Âge en serait réduite, si on en croit les réformateurs qui la critiquent. La réalité est plus complexe. Si le corpus normatif définit toujours l'excommunication comme la mise à l'écart de ceux qui sont rétifs à l'autorité de l'Église, les archives des officialités révèlent à la fois les usages réels de la censure auprès des fidèles ordinaires, pour obtenir d'eux un comportement conforme aux exigences chrétiennes, et la perception de l'excommunication par ces mêmes fidèles. Ceux-ci considèrent l'excommunication comme une atteinte à leur honneur et au lien social. Cependant, celui-ci est dans les faits préservé par les proches de l'excommunié, peu soucieux de respecter strictement la censure. L'idéal reste cependant pour chacun la participation à l'intégralité de la vie paroissiale et en conséquence l'absolution effective. L'excommunication apparaît donc bien comme un révélateur des relations entre l'Église et ses fidèles en cette fin du Moyen Âge.
Date de parution
01/03/2006
Poids
625g
Largeur
160mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782859445478
Titre
MALHEUR D ETRE EXCLU ?
ISBN
2859445471
Auteur
BEAULANDE
Editeur
PUB SORBONNE
Largeur
160
Poids
625
Date de parution
20060301
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Beaulande-Barraud Véronique ; Claustre Julie ; Mar
Au débouché d'évolutions qui affectent les sciences sociales depuis une vingtaine d'années, l'élude des normes offre aux historiens un vaste champ d'enquête. L'intégration du droit, l'élargissement du concept de norme au-delà du droit, le dépassement de la confrontation entre normes et pratiques sociales en termes d'application ou d'opposition et la focalisation sur les pratiques productrices de normes ont ouvert des pistes nouvelles. C'est en suivant ces pistes que la norme est ici appréhendée en diverses "fabriques" institutions, discours, images, au Moyen Age et à l'époque moderne. Caractérisés pal' la pluralité des instances et des lieux de production des normes, ces siècles constituent un terrain propice à l'élaboration d'une réflexion comparative sur la normativité. Conjuguant les compétences de spécialistes d'histoire du droit, de la justice, d'histoire intellectuelle, religieuse et sociale, les treize études réunies dans ce volume visitent quatre grandes "fabriques de la norme" : les lieux d'élaboration des normes savantes, les "fabriques de la loi, puis du procès, celles, enfin, des images et des apparences. A la variété des lieux correspond celle (les types documentaires, des lois royales aux livrets de pèlerinage en passant par les lettres de grâce, les statuts synodaux, les délibérations municipales, les sentences de tribunaux, les Quodlibets, les textes casuistiques, l'hagiographie. Outrepassant les frontières chronologiques et disciplinaires communes, ce volume associe à une réflexion historiographique sur la normativité des études précises de cas. Il manifeste, sans prétendre l'épuiser, la réelle productivité historique de l'étude des normes.
Le décret Si guis suadente en 1131 établit le premier cas réservé connu : il définit une excommunication ipso facto contre ceux qui frappent un clerc et en réserve l'absolution au pape. À la fin du XIIe siècle, les évêques à leur tour excluent les "plus grands péchés" de la compétence pénitentielle des prêtres de paroisse. Le nombre de "cas réservés" ne fait que croître jusqu'à la fin du Moyen Age : la papauté comme l'épiscopat y trouvent un moyen d'affirmer leur autorité. Leur étude met en valeur la construction de la hiérarchie de l'Eglise, notamment par les formes de mobilisation du for de la pénitence. À l'échelon diocésain, cette catégorie permet aux évêques d'affirmer les spécificités de leur ministère, par leurs compétences pénitentielles qui en font des relais de la grâce divine. Sources canoniques, archives des officialités, suppliques de la Pénitencerie apostolique éclairent ces cas réservés dans leur complexité, comme un véritable noeud entre les différents éléments et degrés de la juridiction spirituelle.
La fabrique de la norme au Moyen-Age. Rien de nouveau ! Les sociétés médiévales connaissaient déjà les délices de très nombreuses normes. Cette situation générait des conflits, ponctuellement ou structurellement. Les normes entraient en concurrence à l'échelon de l'individu comme du corps social, religieux, politique. L'objectif de ce numéro de Médiévales est de comprendre et analyser certains de ces conflits normatifs et d'en mesurer la portée pour les sociétés médiévales.
Étude des diverses formes de compétition politique, des rivalités pour le trône, des luttes pour l'autonomie régionale, expliquées par l'analyse des moyens d'action de l'aristocratie, principal agent des troubles (implantations régionales, réseaux familiaux, solidarités militaires ou liens de service). Le clivage entre militaires et civils est remis en cause, alors que le poids des grands clans régionaux importe davantage : de véritables équipes alternent au pouvoir, les provinces leur restant fidèles tant que la protection impériale compense, aux yeux des populations, le versement de l'impôt.
Automne 1997 : une vingtaine d'historiens médiévistes allemands viennent en France dresser devant leurs collègues français un bilan de leurs recherches depuis trente ans. Un an plus tard, jour pour jour, les médiévistes français leur rendent leur visite pour se livrer en Allemagne au même exercice. Chaque délégation a choisi en toute indépendance les thèmes mis en avant comme étant les plus représentatifs des recherches menées actuellement dans les deux pays. Dans la fresque historiographique qui ouvre chaque partie de ce diptyque, comme dans la présentation des principaux programmes de recherche en cours - sur les structures sociales (l'oral et l'écrit, les rituels et la liturgie, la parenté, la différence des sexes), la culture matérielle (l'archéologie des palais princiers, l'occupation de l'espace, la production et les échanges), les croyances (la religion, la memoria, l'imaginaire), le politique (la royauté, les normes) -, les points de vue qui se découvrent sont suffisamment proches et différents à la fois pour permettre un dialogue authentique et enrichissant. Non seulement ce livre fournit une foule d'informations inédites sur les résultats des travaux entrepris depuis plusieurs dizaines d'années des deux côtés du Rhin, mais il montre comment les historiens des deux pays s'interrogent sur leur métier, sur leurs concepts et leurs méthodes. Il exprime le souci qu'ont les uns et les autres de l'historicité de leur discipline dans un long XXe siècle marqué par deux guerres franco-allemandes, la catastrophe du nazisme, la Guerre Froide et la chute du Mur, la construction européenne et l'internationalisation planétaire du savoir. Les thèmes abordés et les discussions résumées témoignent de l'ouverture de plus en plus large de l'histoire médiévale aux autres sciences humaines et sociales, mais avec des orientations propres à chaque pays. Médiévistes français et allemands savent qu'ils ne parlent pas la même langue. Mais ils se savent aussi trop proches pour ne pas aspirer à mieux communiquer, à collaborer davantage, à chercher ensemble. Les deux rencontres de Sèvres et de Göttingen resteront des repères essentiels pour une histoire des échanges intellectuels et scientifiques entre la France et l'Allemagne dans le cadre européen.