A l'approche de la quarantaine, Thomas Boudreaux tente de reconstituer l'événement qui a bouleversé son existence. L'incarcération de son père, militaire modèle et héros du Vietnam, pour un délit mineur, condamne ses proches à la honte et à l'exil. L'adolescent d'alors, absorbé par sa propre quête d'identité, s'efforce maladroitement d'être l'homme de la famille auprès de sa mère, Connie, décidée à assumer seule la situation. Mais il ne perçoit pas toute l'usure qui mine le couple, aggravée par les différences sociales. Connie entraîne ses enfants à l'autre bout du pays pour se rapprocher de son mari et tenter de sauver leur ménage. Et puis, dans la pension de famille étouffante où ils résident, fait irruption Penny, militante et mythomane, apportant avec elle le vent de contestation qui balaie l'Amérique de 1968. Elle va précipiter l'éclatement de la famille... Ainsi les tribulations des Boudreaux sont-elles rythmées par les convulsions d'une histoire dont la rumeur vient troubler cette Amérique provinciale qui se voudrait immuable. Avec un lyrisme pudique, Richard Bausch parvient à évoquer cette période tourmentée sans jamais perdre de vue ses personnages. Il excelle à restituer leur tendresse, leur dignité et leur courage quotidien, ces sentiments ténus et si peu exprimés qui forment la trame des liens entre les êtres.
Nombre de pages
420
Date de parution
12/05/1995
Poids
468g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782070736515
Titre
Les puissances rebelles
Auteur
Bausch Richard
Editeur
GALLIMARD
Largeur
150
Poids
468
Date de parution
19950512
Nombre de pages
420,00 €
Disponibilité
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Le lendemain de Noël, Charles et Carol partent en voiture pour Chicago rendre visite à la mère de Charles. Carol est enceinte, et cette grossesse angoisse Charles. Ils font étape dans un motel minable. Charles, mêlé par hasard à un hold-up sanglant, en réchappe traumatisé. "La violence est partout, et il aurait dû le savoir". De lointains souvenirs lui reviennent en mémoire, la brutalité de son père, son enfance meurtrie. Le drame qu'il vient de vivre déchaîne en lui des sentiments qu'il ignorait. Replongé dans un climat dont il a été jadis victime, risque-t-il à son tour de se muer en tortionnaire ? La démarche de l'auteur, qui procède par petites touches pour mettre à nu les rouages psychologiques d'êtres ordinaires confrontés à des situations et des émotions qui les dépassent, fait de ce roman un livre singulier et dense, à la fois étrange et prenant.
Toute ressemblance avec des personnes réelles résulte d'une intention délibérée. Une jeune fille annonce à ses parents qu'elle est enceinte d'un homme qui pourrait être son grand-père. Un homme ourdit une vengeance contre sa fiancée, qui l'a quitté pour son frère. Une famille tente de faire le deuil d'une mère qui s'est suicidée sans raison apparente. Un gagnant à la loterie voit son existence tourner au cauchemar. Des couples se déchirent, légitimes ou non. Les générations s'affrontent, faute de pouvoir s'avouer leur amour... Et pourtant, jusque dans le conflit et la douleur, toujours la vie s'affirme, têtue et généreuse. De ces nouvelles, qui s'inscrivent dans une grande tradition américaine, Richard Ford a célébré à juste titre la lucidité instinctive et "la profonde compassion pour l'humanité". Brèves ou plus amples, drôles et poignantes, toutes témoignent admirablement de la maîtrise et de la sensibilité d'un grand conteur, attentif aux frémissements des êtres, à la difficulté de dire les sentiments, aux aléas de l'amour et des rapports familiaux, à la matière même de nos vies.
Le paisible comté de Fauquier croyait avoir exorcisé les démons racistes du vieux Sud. Et voilà que des lettres de menaces visent Edward Bishop, un quinquagénaire noir, ainsi que Nora Michaelson, la jeune veuve dont il garde le fils Jason. Mais Nora va bientôt découvrir que la violence a plus d'un visage, et que l'homme qu'elle a aimé cachait de lourds secrets... Lorsque des inconnus font irruption chez elle, savoir la vérité devient affaire de survie. Pour Jason et sa mère s'ouvre alors la saison des ténèbres. On retrouve dans son nouveau roman toutes les questions qui hantent Richard Bausch : la présence du mal, le mystère des êtres chers, le travail du deuil, les malentendus de l'amour et de la filiation, la famille comme refuge et champ de bataille. Mais il a choisi cette fois de tisser ces motifs en un thriller haletant. Les protagonistes, pris au piège de l'hiver virginien, ne peuvent compter que sur eux-mêmes, et doivent opposer aux dangers qui les guettent l'héroïsme des gens ordinaires.
Dans l'Italie glaciale de 1943, alors que les troupes allemandes battent en retraite, une patrouille américaine est envoyée en reconnaissance dans la montagne. Pendant deux jours et deux nuits, ces hommes vont endurer le froid, la fatigue et surtout la peur: peur de se perdre dans ce labyrinthe boisé, d'être trahis par leur guide, surpris par les tireurs embusqués. Et puis ils sont hantés: par la nostalgie d'un temps de paix de plus en plus irréel, et par la culpabilité face au crime de guerre qu'a commis leur sergent, alors que leur parvient la rumeur des massacres. Peuvent-ils conserver leur dignité morale? Peuvent-ils même espérer survivre? Ce huis clos en plein air s'inscrit dans la prestigieuse lignée des récits de guerre américains. En maître de la forme brève, Richard Bausch excelle à rendre la tension permanente, l'impression de chaos, la réalité concrète des sensations, dans un style nerveux, lapidaire, inventif, tout en aspérités. Rarement a-t-on vu restituée de façon aussi palpable l'expérience indicible des soldats. Et si ce cauchemar hivernal est ancré dans un contexte historique précis, sa puissance et son intensité lui donnent une portée universelle. Moraliste et humaniste, Bausch nous parle, avec Paix, de la guerre. De toutes les guerres. Et il nous livre, du même coup, son meilleur roman.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.