En 1931, c'est avec les oeuvres de Baudelaire - choix alors peu conformiste - que Jacques Schiffrin inaugure la Bibliothèque de la Pléiade. Edition après édition, la collection ne cessera d'accompagner le poète et de contribuer à l'évolution du regard porté sur son oeuvre. Les volumes qui paraissent aujourd'hui constituent à cet égard un tournant décisif. On dit de Baudelaire qu'il est, pour la poésie en vers, l'homme d'un recueil unique. Il serait au moins aussi significatif de souligner que Les Fleurs du Mal sont l'oeuvre d'une vie, prépubliée à partir de 1845, publiée et condamnée en 1857, reprise et augmentée en 1861, prolongée jusqu'à la fin, ou presque. Or l'édition de 1857, qui n'est pas le fruit des circonstances, mais celui de la volonté de Baudelaire, n'est pas accessible à un large public. Dans le même ordre d'idées, on néglige de rééditer pour lui-même le recueil des Epaves de 1866, préférant l'annexer aux Fleurs du Mal de 1861 au motif qu'il procure les six pièces condamnées. La présentation habituelle du Spleen de Paris ne se distingue en rien de celle des livres publiés par Baudelaire, bien que ce recueil de cinquante "Petits poèmes en prose" n'ait jamais paru de son vivant et pose plusieurs des problèmes inhérents aux ouvrages posthumes. Bien des textes moins célèbres sont fréquemment regroupés au sein de recueils factices qui les coupent du contexte de leur rédaction. Les nouvelles Ouvres complètes de Baudelaire rompent avec ces usages. Pour la première fois, l'oeuvre n'est plus partagée entre poésie et critique. Le sommaire est désormais chronologique. Des Fleurs du Mal on propose les deux éditions, 1857 et 1861, dans leur intégralité. Elles sont précédées de toutes les prépublications de poèmes dans la presse, parfois réunies par Baudelaire en de petits recueils transitoires, tel Les Limbes en 1851. Les Epaves retrouvent leur autonomie et leur date. L'édition du Spleen de Paris ne dissimule plus la diversité des origines des poèmes en prose qui s'y trouvent rassemblés et fait entrer le lecteur dans l'atelier du poète : quand deux versions sensiblement différentes existent pour un même texte, toutes deux sont publiées. A leurs dates respectives, les différents Salons dialoguent avec les autres écrits. Les poèmes envoyés à Théophile Gautier dans l'espoir (en partie déçu) qu'il les publie en revue retrouvent leurs liasses originelles. Les féroces manuscrits "belges", enfin, font l'objet d'un nouvel établissement du texte et d'une présentation plus conforme à leur matérialité. L'oeuvre, en somme - "l'oeuvre qui a déterminé les voies de la poésie future" (A. Compagnon) -, s'écrit et se déploie sous les yeux du lecteur.
Ce CD audio propose une sélection de vingt-deux poèmes extraits du recueil Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal de Charles Baudelaire. À travers ses poèmes, Baudelaire nous fait partager le drame qui se joue en lui et qui n'est autre que la tragédie humaine. Baudelaire, premier poète moderne, donne à la poésie sa véritable dimension : exprimer, par-delà les mots, ce vertige absolu qui s'empare de l'âme. Tout chez lui affirme la nécessité de la souffrance, la fatalité du péché. Tout traduit une âme profondément troublée mais charitable. Baudelaire fait des Fleurs du Mal un immense poème à la vie et au monde. Denis Lavant s'empare des mots de Baudelaire et, de sa voix rauque et profonde, nous emmène entre «spleen et idéal» dans l'univers contrasté de ce grand poète de la modernité. Un moment de lecture rare et intense.
Les Fleurs du mal : L'intégrale" de Charles Baudelaire est une oeuvre poétique incontournable qui explore les thèmes de la beauté, de la décadence et de la dualité de l'âme humaine. Publié pour la première fois en 1857, ce recueil a suscité la controverse en raison de son contenu jugé immoral à l'époque, conduisant à la censure de plusieurs poèmes. Cette édition intégrale inclut non seulement l'édition de 1868 mais aussi les poèmes censurés qui ont été publiés ultérieurement en 1929, 1946 et 1949, offrant ainsi une vision complète de l'oeuvre telle que l'avait envisagée Baudelaire. Les poèmes se distinguent par leur richesse stylistique et leur profondeur philosophique, abordant des sujets tels que la mélancolie, l'amour, la mort, et l'aspiration à l'idéal. Par le biais de métaphores audacieuses et d'un langage musical, Baudelaire parvient à capturer la complexité des émotions humaines, faisant de son recueil un pilier de la poésie moderne. "Les Fleurs du mal" ne se contente pas de refléter les préoccupations de son époque ; il transcende les frontières temporelles et reste pertinent pour les lecteurs contemporains. Chaque poème est une invitation à explorer les recoins souvent sombres mais toujours fascinants de l'âme humaine, tout en offrant une critique subtile de la société du XIXe siècle. L'AUTEUR : Charles Baudelaire, né le 9 avril 1821 à Paris, est l'un des poètes français les plus influents du XIXe siècle. Orphelin de père à l'âge de six ans, il a eu une relation tumultueuse avec son beau-père, le général Aupick, ce qui a marqué son adolescence et influencé son oeuvre. Après des études au lycée Louis-le-Grand, il mène une vie de bohème à Paris, fréquentant les milieux littéraires et artistiques. En 1845, il commence à publier des critiques d'art et des essais, se forgeant une réputation de fin analyste. La publication de "Les Fleurs du mal" en 1857 est un tournant décisif dans sa carrière, bien que l'oeuvre soit condamnée pour outrage à la morale publique. Malgré les difficultés financières et les problèmes de santé, Baudelaire continue d'écrire, publiant des oeuvres telles que "Le Spleen de Paris" et "Les Paradis artificiels". Sa poésie, marquée par une quête incessante de la beauté et une exploration des aspects sombres de la condition humaine, a exercé une influence considérable sur les générations suivantes, notamment sur le mouvement symboliste.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.
Gallimard, Paris, 2009. In/12 reliure éditeur simili chagrin marron sous rhodoïde et étui illustré en couleurs, 240 illustrations en couleurs, 246 p. A l'état de neuf.