LE PAYSAGE, en tout cas, avec son défilé de formes et de couleurs, où se détachent par leur récurrence, le vert et le bleu, se présente toujours à nous dans cette oeuvre comme une clé d'accès, en quelque sorte, à l'amour physique, à l'ivresse rituelle de la passion, mais aussi à la plus subtile spiritualité, à laquelle il peut conduire ("Je voudrais m'approcher du désir pur, presque désincarné, celui qui n'est habité par aucun désir de possession"). Si bien que l'on peut même dire qu'il émane de cette poésie une manière de panthéisme amoureux, telle est l'importance accordée au charnel dans ces poèmes, de façon contenue mais persistante. C'est comme une "mystique de la chair", comme un champ sacré. Sans compter que les choses du monde, les éléments du paysage sont si souvent reliés aux sinuosités du phénomène amoureux qu'il en résulte une poésie douée d'une dimension et d'une force telles que John Stout a pu rapprocher Incarnat désir du Cantique des Cantiques. D'ailleurs, à la poésie de Jeanine Baude semble sous-jacente une conception de la poésie comme refus de toute idée de représentation figée, de ce qui, de quelque manière, nie le pouvoir de captation des mots. Cette poésie apparaît plutôt comme un essai sur les possibles, un pari sur l'ouverture de l'imaginaire que nous offre le monde, sur ce quelque chose qui est toujours tension, mouvement latent, déplacement et jamais immobilité. Dans ce sens, elle est indéfinissable, insaisissable, et c'est ce caractère de permanence et de fractures, ce pouvoir combinatoire des mots qui font la grandeur de cette poésie. C'est ce déplacement des faisceaux de focalisation ou plutôt leur multiplication, cette juxtaposition inouïe de contrastes qui fait resplendir ces poèmes en fulgurations qui diffèrent à chaque lecture comme des palpitations argentées sur la surface mobile d'une mer de sens. Jeanine Baude, originaire du Midi, de cette étendue inclinée de la Méditerranée, mer fermée, utérine, où palpite le bleu intense, plonge ses racines poétiques dans la beauté houleuse, rude, illimitée et convulsive de la Bretagne et de ses îles fouettées par la mer et submergées par l'humidité et la fureur grise. José Manuel de Vasconcelos
Nombre de pages
334
Date de parution
13/03/2015
Poids
380g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782355770920
Titre
Oeuvres poétiques. Tome 1
Auteur
Baude Jeanine
Editeur
RUMEUR LIBRE
Largeur
141
Poids
380
Date de parution
20150313
Nombre de pages
334,00 €
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Buenos Aires rayonne bien au-delà de son centre historique et de son emblématique place de Mai - la Plaza de Mayo. Troisième ville la plus peuplée du continent américain, la capitale de l'Argentine est l'une des plus étendues du monde: ses avenues se prolongent vers les différents faubourgs, des Mataderos à Saavedra, de Parque Chas au Riachuelo, et se perdent jusque dans l'immense pampa. Les Portenos - les habitants de Buenos Aires - forment un peuple étonnant: quelles que soient les péripéties, il renaît, chante et danse la vie avec une ferveur renouvelée et une énergie insatiable. Dictature après dictature, stigmates après stigmates, de l'extermination des Indiens jusqu'aux années noires du Procès... Dans une milonga, au son d'un tango de Carlos Gardel, ou en sirotant le mythique maté, balade dans ce "Paris austral" en compagnie de Silvia Baron Supervielle, Marguerite Moreno, Paul Morand, Silvina Ocampo, Ernesto Sàbato, Albert Camus, Pablo Neruda, Julio Cortâzar, Witold Gombrowicz et bien d'autres...
Soudain et tu n'es plus qu'une emmurée docile Soudain les vastes terres se cognant en leurs angles Soudain et tu surprends la lutte primitive Soudain carotides et sangsues liant leurs ouvertures Soudain le corps emblématique propulsé dans l'espace Soudain et tu comprends que la démence sied aux galaxies Soudain le jour encerclé sa girandole de feux Soudain la peur collée aux cintres d'un théâtre sans lieu Soudain et tu n'es plus qu'un point sur ce terrain sa déclive Soudain la lettre seule épelée appelante Soudain pliée et dépliée sa rondeur sa musique Soudain aux autres s'emmêlant usinant sa longueur Soudain sans théorème et sans robe sans appâts Soudain sa nudité spectrale spirale ou sceptre Soudain agrandissant son diadème nuptial Soudain reptile au ruisseau marié aux abysses Soudain serpente et s'abreuve et tournoie Soudain glisse et remue déplaçant le vivant
Ecrivant, écrivain nous sommes en attente, toujours en attente " du mot qui vient " de la couleur du ciel qui éclate là, devant nos yeux émerveillés, du bruissement de la rivière et de l'orgasme urbain...Je ne fais pas la différence entre les deux termes : néant, amour. Cela peut choquer et je le comprends, mais tout est dans cette totalité du monde que l'on retient en sa paume, au moment précis de l'acte d'écrire... Néant, Amour, Désir (du néant ou de l'amour) ne font qu'un... Une marche acérée et accélérée entre le tangible et l'intangible qui le tient. C'est parce que j'ai conscience de mon néant, de sa traversée nécessaire, parce que je tremble de tous mes membres à me tendre, avec et contre, que je suis un auteur désirant et que le désir a une durée. Celle du bond parfois. Celle de toute une vie d'écriture aussi bien. La courbe des planètes, la voie lactée, notre petite marche sur la croûte terrestre et ce chant, ce chant qui perdure - celui des autres, celui que je lis, celui que j'essaie modestement d'écrire : mon éclair pour durer... C'est dans cette lumière "vociférante" que je m'en irai ailleurs vers d'autres ports, vers d'autres clignotements de phares...
Tous les non de ma vie sont dépenses d'écume et vive eau sur les vagues galets s'imprégnant du sel écrit encourant le vent, la résonnance la pluie des syllabes d'acier venue de l'encrier, de l'océan comme mer ratissant les grèves mais prononcer ce oui sur une robe d'épousée, sa ramure de chair, son boisseau de jeunesse liquide, enchanteresse devant les yeux de l'autre le secret de la nuit les enroulant sur l'appel de beauté, le don c'est prendre le chemin du fleuve le passe en amont et la route en aval.
La danseuse affûtée, audacieux poignard, Dans le fourreau claquant de sa gangue hivernale, Parsème de beige ses ondes boréales : L'eau transperce les corps de son glacé regard. Même les coussinets du polaire renard, Sont transis par le gel de la banquise opale, Les âmes hibernent ou à grands pas détalent, Le pagailleux tardif se soumet au blizzard ! Un cristal transparent de quartz neigeux lacère, La goutte qui survit en vif éclat de verre, Sa rondeur fluide capte le malheureux, Qui dans ses méandres se débat puis s'abîme, Le soleil apaise ses alchimiques feux, Tissant dans ses gouttes un arc-en-ciel sublime.