L'exécution publique à Paris au XVIIIe siècle. Une histoire des rituels judiciaires
Bastien Pascal
CHAMP VALLON
24,99 €
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EAN :9782876734333
Après avoir lu une dernière fois l'arrêt de mort, le greffier s'approche de la croix de Saint-André où le condamné est attaché. Il lui demande si de dernières déclarations restent à faire puis, en réponse à son silence, fait signe au bourreau que le temps est venu. La barre de fer s'abat, le corps est brisé. L'échafaud et le feu qui consumera le corps désarticulé offrent à la foule le spectacle de la justice. L'exécution publique à l'époque moderne a souvent été décrite par l'historiographie comme un théâtre de peur, de violence et d'obéissance selon Michel Foucault et les historiens qui s'en sont inspirés, elle réparait sur le corps du condamné la souveraineté divine et humaine blessée par le crime. Pourtant, les rituels judiciaires du châtiment s'inscrivent clans une réflexion plus large, plus complexe sur le droit et la morale : ils constituèrent un dialogue constant, voire une négociation, entre le justiciable et l'homme de loi. L'objet de ce livre est de reconstituer ce dialogue. Au carrefour des paroles, des écritures et du spectacle, Pascal Bastien entend expliquer les rituels de l'exécution dans le Paris du XVIIIe siècle bourreaux, condamnés, greffiers et confesseurs partagèrent et échangèrent, avec la foule et les magistrats, un " savoir-dire " du droit qu'on aurait tort de réduire trop simplement à la potence ou au bûcher. Hors des tribunaux, où la procédure était tenue secrète jusqu'au droit révolutionnaire, l'exécution publique fut un moyen de communiquer le droit par une mise en mots et en images du verdict. Elle fut aussi un instrument dynamique et efficace du lien social entre l'État royal et ses sujets-, de fait, la peine devint au XVIIIe siècle l'espace et l'instant d'un nouveau jugement, celui des justiciables à l'égard de leur justice. Plus que le châtiment à proprement parler, il s'agit ici de reconstituer et d'analyser les différentes articulations du spectacle de la peine à Paris au XVIIIe siècle. De la circulation des arrêts imprimés à la marche du bourreau dans la ville, et des mots du greffier lancés à la foule à ceux du confesseur consolant le condamné, l'exécution publique se révèle comme un événement capable, malgré ses contradictions internes, d'assurer une profonde cohérence à l'imaginaire judiciaire qu'elle participait à créer. Ce fut dans les rues de la ville que le Parisien attendait, espérait, consentait ou contestait la justice du roi.
Nombre de pages
272
Date de parution
15/02/2006
Poids
450g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782876734333
Titre
L'exécution publique à Paris au XVIIIe siècle. Une histoire des rituels judiciaires
Auteur
Bastien Pascal
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
155
Poids
450
Date de parution
20060215
Nombre de pages
272,00 €
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?Quand Pascal Bastien se promène dans les pas de Jacques Henri Lartigue, il photographie sur le vif le littoral éclatant de lumière, de préférence au 6x6 et en noir et blanc. Corps alanguis au repos ou en suspension au moment de plonger dans la Méditerranées, scènes familiales pleines de drôlerie et de tendresse, visions cocasses ou paysages grandioses, le reporter a l'art de saisir au vol les petits détails qui font toute la poésie et le charme intemporel de l'été à Cap d'Ail. Au fil des images, la magie opère et l'on ressentirait presque la chaleur du soleil et le picotement du sel sur la peau. De ce livre se dégage une certaine idée du bonheur qui reviendra peut-être... L'été prochain.
Le monde se donne à qui sait l'observer, à qui sait simplement prendre le temps de "pauser" le regard. Pascal Bastien est un adulte qui a gardé la curiosité de voir et le plaisir de s'amuser avec la photographie. Son monde est souriant, à la fois doux et tranquillement déjanté. "Ce n'est pas grave" nous dit-il avec ses images : pas grave la séance chez le dentiste, pas grave le costume trop neuf, trop clinquant et mal ajusté, pas grave les chaussettes trouées, pas grave le café qui déborde et éclabousse la cafetière, pas grave non plus si le cliché qui enregistre tout cela est en définitive un peu flou. Bien au contraire, c'est plutôt drôle et émouvant songe-t-il certainement le dos courbé sur son appareil 6×6 : l'antidote à la gravité c'est le vagabondage de l'esprit, la part accordée au hasard et la légèreté du geste qui sait se saisir de l'appareil photographique au bon moment. Oeuvre originale de Mathieu Wernert en couverture.
Entre la fin du XVIIIe siècle et la première moitié du XIXe, l?Europe est passée d?une pénalité édifiée sur la souffrance et le supplice au système disciplinaire de l?univers carcéral. Faut-il voir dans ce bouleversement, à la suite de Norbert Elias, le processus normal de la civilisation des moeurs et de l?urbanisation? N?est-ce pas simplificateur? La peine capitale ne serait-elle porteuse d?un tout autre message sur les sociétés modernes? Il fallait une histoire des pratiques et imaginaires de la peine de mort, de la fin du Moyen Age jusqu?à la fin du XVIIIe siècle en Europe, pour résoudre ce problème: cet ouvrage montre que la dimension spectaculaire de la peine de mort en est un aspect essentiel: la mort judiciaire se révèle un élément central de l?histoire culturelle, sociale, religieuse et politique de l?Europe. Des guerres de Religion à la « sainte guillotine », du supplice masqué au crime médiatisé, la peine capitale, loin d?être, le signe d?une civilisation inachevée, contraint au contraire à une réflexion renouvelée sur les liens sociaux des communautés et se révèle riche d?enseignements sur la construction de nos sociétés contemporaines. Bien que celles-ci ne la pratiquent plus dans leur très grande majorité, les débats récurrents sur la question dans l?actualité montre que la peine capitale, abolie ou non, n?en finit pas de sous-tendre le lien social.
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.
Résumé : L'histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d'ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu'une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ? Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l'affirmative, en retraçant la trajectoire d'un groupe politique, d'un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l'illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d'en brosser une histoire incarnée, une histoire de l'intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement. Il s'agit là d'une conviction partagée par les auteurs, la compréhension de la clandestinité en politique se doit d'articuler, d'une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l'expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d'autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l'extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux. A travers l'exploration de la clandestinité comme modalité d'action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d'ordinaire trop peu ? anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux ? en montrant l'existence de problématiques communes malgré les différents contextes. Il ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.
Volontiers qualifiées de "favorites", de "presque reines" et même parfois de "sultanes", les maîtresses des rois de France sont parmi les femmes les plus célèbres de l'Ancien Régime. Si, depuis le début du XIXe siècle, nombre de biographies et de romans historiques leur furent consacrés, elles rencontrent un accueil plus mitigé auprès des chercheurs. Flavie Leroux vise dans cet ouvrage à dépasser l'anecdote et la "petite histoire", pour proposer une perspective plus large rendre compte du rôle central que les maîtresses ont pu tenir dans la construction de leur propre parcours, dans le devenir de certaines familles et dans le fonctionnement institutionnel de la monarchie. L'enjeu est d'étudier le phénomène de la faveur au féminin en général à l'aide de sources largement inédites. A cet effet, est considérée une période charnière dans l'histoire de France : les règnes de Henri IV (1589-1610) et de Louis XIV (1643-1715), qui marquent l'avènement et l'expansion de la monarchie dite absolue. On retrouvera des figures fameuses, telles Gabrielle d'Estrées, Mme de Montespan ou Mme de Maintenon, mais aussi des maîtresses moins connues, comme Jacqueline de Bueil, Charlotte des Essarts ou encore Marie-Angélique de Fontanges. L'étude ne s'arrête cependant pas aux femmes qui entretiennent une liaison avec le roi. Leurs enfants, leurs parents, les individus et les communautés qu'elles protègent sont également au coeur de la réflexion. Au-delà du portrait factuel, politique, tapageur ou moral, la maîtresse et les siens sont considérés dans leur réalité sociale. Filles, soeurs, tantes, mères, parfois épouses ou veuves, mais aussi dames nobles, femmes d'affaires et protectrices : autant de visages qui montrent la capacité d'action de ces femmes et leur influence dans le devenir de leurs proches, tout en éclairant le fonctionnement du pouvoir royal.