Histoire de la peine de mort. Bourreaux et supplices, Paris-Londres, 1500-1800
Bastien Pascal
SEUIL
23,00 €
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EAN :9782020797542
Entre la fin du XVIIIe siècle et la première moitié du XIXe, l?Europe est passée d?une pénalité édifiée sur la souffrance et le supplice au système disciplinaire de l?univers carcéral. Faut-il voir dans ce bouleversement, à la suite de Norbert Elias, le processus normal de la civilisation des moeurs et de l?urbanisation? N?est-ce pas simplificateur? La peine capitale ne serait-elle porteuse d?un tout autre message sur les sociétés modernes? Il fallait une histoire des pratiques et imaginaires de la peine de mort, de la fin du Moyen Age jusqu?à la fin du XVIIIe siècle en Europe, pour résoudre ce problème: cet ouvrage montre que la dimension spectaculaire de la peine de mort en est un aspect essentiel: la mort judiciaire se révèle un élément central de l?histoire culturelle, sociale, religieuse et politique de l?Europe. Des guerres de Religion à la « sainte guillotine », du supplice masqué au crime médiatisé, la peine capitale, loin d?être, le signe d?une civilisation inachevée, contraint au contraire à une réflexion renouvelée sur les liens sociaux des communautés et se révèle riche d?enseignements sur la construction de nos sociétés contemporaines. Bien que celles-ci ne la pratiquent plus dans leur très grande majorité, les débats récurrents sur la question dans l?actualité montre que la peine capitale, abolie ou non, n?en finit pas de sous-tendre le lien social.
Nombre de pages
340
Date de parution
13/01/2011
Poids
502g
Largeur
153mm
Plus d'informations
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EAN
9782020797542
Titre
Histoire de la peine de mort. Bourreaux et supplices, Paris-Londres, 1500-1800
ISBN
2020797542
Auteur
Bastien Pascal
Editeur
SEUIL
Largeur
153
Poids
502
Date de parution
20110113
Nombre de pages
340,00 €
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Après avoir lu une dernière fois l'arrêt de mort, le greffier s'approche de la croix de Saint-André où le condamné est attaché. Il lui demande si de dernières déclarations restent à faire puis, en réponse à son silence, fait signe au bourreau que le temps est venu. La barre de fer s'abat, le corps est brisé. L'échafaud et le feu qui consumera le corps désarticulé offrent à la foule le spectacle de la justice. L'exécution publique à l'époque moderne a souvent été décrite par l'historiographie comme un théâtre de peur, de violence et d'obéissance selon Michel Foucault et les historiens qui s'en sont inspirés, elle réparait sur le corps du condamné la souveraineté divine et humaine blessée par le crime. Pourtant, les rituels judiciaires du châtiment s'inscrivent clans une réflexion plus large, plus complexe sur le droit et la morale : ils constituèrent un dialogue constant, voire une négociation, entre le justiciable et l'homme de loi. L'objet de ce livre est de reconstituer ce dialogue. Au carrefour des paroles, des écritures et du spectacle, Pascal Bastien entend expliquer les rituels de l'exécution dans le Paris du XVIIIe siècle bourreaux, condamnés, greffiers et confesseurs partagèrent et échangèrent, avec la foule et les magistrats, un " savoir-dire " du droit qu'on aurait tort de réduire trop simplement à la potence ou au bûcher. Hors des tribunaux, où la procédure était tenue secrète jusqu'au droit révolutionnaire, l'exécution publique fut un moyen de communiquer le droit par une mise en mots et en images du verdict. Elle fut aussi un instrument dynamique et efficace du lien social entre l'État royal et ses sujets-, de fait, la peine devint au XVIIIe siècle l'espace et l'instant d'un nouveau jugement, celui des justiciables à l'égard de leur justice. Plus que le châtiment à proprement parler, il s'agit ici de reconstituer et d'analyser les différentes articulations du spectacle de la peine à Paris au XVIIIe siècle. De la circulation des arrêts imprimés à la marche du bourreau dans la ville, et des mots du greffier lancés à la foule à ceux du confesseur consolant le condamné, l'exécution publique se révèle comme un événement capable, malgré ses contradictions internes, d'assurer une profonde cohérence à l'imaginaire judiciaire qu'elle participait à créer. Ce fut dans les rues de la ville que le Parisien attendait, espérait, consentait ou contestait la justice du roi.
?Quand Pascal Bastien se promène dans les pas de Jacques Henri Lartigue, il photographie sur le vif le littoral éclatant de lumière, de préférence au 6x6 et en noir et blanc. Corps alanguis au repos ou en suspension au moment de plonger dans la Méditerranées, scènes familiales pleines de drôlerie et de tendresse, visions cocasses ou paysages grandioses, le reporter a l'art de saisir au vol les petits détails qui font toute la poésie et le charme intemporel de l'été à Cap d'Ail. Au fil des images, la magie opère et l'on ressentirait presque la chaleur du soleil et le picotement du sel sur la peau. De ce livre se dégage une certaine idée du bonheur qui reviendra peut-être... L'été prochain.
Le monde se donne à qui sait l'observer, à qui sait simplement prendre le temps de "pauser" le regard. Pascal Bastien est un adulte qui a gardé la curiosité de voir et le plaisir de s'amuser avec la photographie. Son monde est souriant, à la fois doux et tranquillement déjanté. "Ce n'est pas grave" nous dit-il avec ses images : pas grave la séance chez le dentiste, pas grave le costume trop neuf, trop clinquant et mal ajusté, pas grave les chaussettes trouées, pas grave le café qui déborde et éclabousse la cafetière, pas grave non plus si le cliché qui enregistre tout cela est en définitive un peu flou. Bien au contraire, c'est plutôt drôle et émouvant songe-t-il certainement le dos courbé sur son appareil 6×6 : l'antidote à la gravité c'est le vagabondage de l'esprit, la part accordée au hasard et la légèreté du geste qui sait se saisir de l'appareil photographique au bon moment. Oeuvre originale de Mathieu Wernert en couverture.
Quand j'écrivais Tombe en 1970 je voulais relever une tombe, et relever d'une mort vénéneuse. Je voulais désenfouir un secret et je l'enfouissais sous un texte. Je travaillais sans arrêt, je fouissais, Tombe faisait un travail de taupe. Curieusement l'écureuil, dans certains cas, fait aussi un travail de taupe. Ainsi l'Ecureuil de Tombe, citoyen américain par ailleurs, (j'en parlerai plus bas) est à moitié souterrien. Tombe voulait sortir vivant quand même d'un séjour aux Enfers et ne trouvait pas la sortie. La porte d'entrée refuse la sortie. Il faut trouver une autre porte. Tombe avait dû commencer à se frayer un texte sous le texte dès 1964 aux USA. Je voyais bien les textes se bosseler devant mes pages. Jusqu'au jour où il y eut une déchirure dans mes vies par où Tombe put lever. Mais seulement ce Tombe ou cette tombe. Ce n'est pas cela. Je voulais écrire un livre, ma langue a fourché, Tombe est né de cette fourche. Né fourchu. Double. Avec la mort en tiers. Tombe appartient dans mon ?uvre en général à l'espèce des Livres qui se sauvent, dès que je cherche à écrire ce livre, il détale devant moi. C'est peut-être moi qui fuis. Entre nous il y a fuite. Tombe pressent, préécrit le livre qui le hante, sans le savoir. Veille. Attend. Sans que je sache. Attend trente ans. En 2001 la scène de Tombe s'ouvre sur Manhattan, Lettres de la Préhistoire. Les Enfers ont longtemps voyagé.
Résumé : La critique empiriste des prétentions universelles de la pensée humaine est-elle réellement fondée ? On sait que c'est le problème de Kant. Mais Quentin Meillassoux montre avec une force étonnante qu'une autre compréhension de cette critique, restée en quelque sorte dissimulée, bien que plus "naturelle", aboutit à un partage des ambitions de la pensée très différent de celui proposé par Kant. Il établit en effet qu'une seule chose est absolument nécessaire : que les lois de la nature soient contingentes. Ce noeud entièrement nouveau entre les modalités contraires installe la pensée dans un tout autre rapport à l'expérience du monde, un rapport qui défait simultanément les prétentions "nécessitantes" de la métaphysique classique, et le partage "critique" entre l'empirique et le transcendantal. Cette remarquable "critique de la Critique" est ici introduite sans fioritures, coupant vers l'essentiel dans un style particulièrement clair et démonstratif. Elle autorise à nouveau que le destin de la pensée soit l'Absolu, et non la "finitude" dans laquelle nous nous complaisons en laissant la morale, ou le "retour du religieux", servir de fictif supplément d'âme. Quentin Meillassoux est né à Paris, en 1967. Il enseigne la philosophie à l'Ecole normale supérieure (Ulm), et a également publié Le Nombre et la Sirène. Un déchiffrage du Coup de dés de Mallarmé (Fayard, 2011).