L'explosion des technologies de l'information et de la communication, le caractère de plus en plus global de l'économie mondiale et les flux migratoires qu'elle produit affectent nos sociétés, brisent les frontières, bouleversent les repères établis. Il ne fait aucun doute que notre époque est marquée par une compression de l'espace et du temps, qui modifie en profondeur le fonctionnement du monde. Le religieux est lui aussi transformé, de façon aussi intense que rapide, par ces changements spatio-temporels. L'exportation de religions hors de leurs territoires d'" origine ", leur déterriorialisation, est un phénomène certes très ancien. Pourtant la donne paraît aujourd'hui nouvelle, tant les transformations spatiales et leurs conséquences sur les religieux sont importantes. Cet ouvrage entend cerner la dimension religieuse de ce qu'il est désormais commun d'appeler la " globalisation " ou la " mondialisation ". Il vise à en saisir les différentes logiques et à comprendre en quoi celles-ci diffèrent des processus plus anciens d'internationalisation du religieux. A travers ces questions, il s'agit d'aborder la dimension culturelle de la globalisation, une dimension encore très largement ignorée.
Cet ouvrage aborde l'ensemble des protestantismes d'Europe latine (France, Suisse romande, Wallonie, Italie, Espagne, Portugal), région longtemps marquée par la dominance catholique. Mais aujourd'hui, l'Europe latine connaît des bouleversements notables au plan religieux du fait de l'irruption de grandes religions non chrétiennes et de mouvements " néo-religieux " à l'identité souvent indécise. Tenant compte de ces évolutions, ce livre analyse les rapports entre protestantismes de conversion et protestantisme établi et étudie les dynamiques concurrentielles qui sous-tendent leur opposition ainsi que les redéfinitions qu'entraîne l'évolution du religieux dans la modernité tardive. Cinq perspectives abordent successivement le rapport privé/public, les transformations des traditions, les redéfinitions juridiques, les évolutions spatiales et les liens à l'ethnicité.
Pendant plus d'un siècle, le protestantisme vaudois a été déchiré en une Eglise liée à l'Etat et une seconde qui se voulait libre. Pour la première fois, un historien et sociologue raconte cet épisode constitutif de l'identité religieuse de la Suisse romande, soulignant notamment l'originalité d'une Eglise libre pionnière dans la mise en place de progrès sociaux. Un fait de l'histoire récente du protestantisme local, mais avec des enjeux bien plus vastes liés entre autres à la laïcité. Cette recherche abondamment illustrée intéressera à la fois les nombreux descendants des acteurs de ce moment clef de l'identité romande et les férus d'histoire contemporaine.
Bastian Jean-Pierre ; Aubrée Marion ; Bataillon Gi
Les valeurs religieuses engagent un certain rapport de l'homme à la société qui s'est traduit par des types de comportements économiques. La thèse sociologique classique se trouve chez Max Weber qui s'est bien gardé d'avancer une explication causale mécaniste entre protestantisme et capitalisme, mais qui a mis en relief, à un certain moment socio-historique, l'affinité élective entre une éthique religieuse et un esprit du capitalisme. La thèse a certes suscité et suscite toujours de nombreuses discussions et critiques. Néanmoins, certains auteurs ont repris l'analyse du marqueur religieux comme élément structurant différenciant l'Amérique anglo-saxonne et l'Amérique hispanique dans leurs modes de développement. Ce thème est abordé à nouveaux frais en perspectives socio-historique dans un contexte où les rapports nord-sud sont marqués par des différences et des oppositions non seulement économiques, mais aussi culturelles et religieuses souvent englobées sous la catégorie de développement. Cet ouvrage est le fruit d'un colloque organisé en Mars 2006 à l'université Marc Bloch de Strasbourg par al Société Suisse des Américanistes (SSA) et le Centre de Sociologie des Religions et d'Ethique sociale (CSRES).
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Cet ouvrage aborde un sujet crucial pour les économies modernes à une époque où les échanges commerciaux internationaux se multiplient et où les frontières économiques deviennent de plus en plus pénétrables. Le texte met en lumière les enjeux complexes de la régularisation du commerce mondial, tout en proposant des pistes de réflexion pour adapter les pratiques douanières à ces nouvelles réalités. La réflexion de l'auteur est profonde et bien documentée, tant dans les recherches que dans les analyses. Le lecteur y est amené à réfléchir aux nouvelles stratégies à mettre en place et à comprendre les spécificités du caractère douanier.
La pensée de Dostoïevski a joué un rôle essentiel de charnière entre la philosophie rationaliste héritée de Descartes et les développements de la philosophie au XXe siècle. Elle part d'une réflexion critique sur le cogito cartésien, dans Crime et châtiment ; puis elle pose, dans L'Idiot, la question de l'être, d'une manière qui a profondément influencé la conception de l'ontologie de Heidegger - cette étude est historiquement la première qui démontre cette influence ; et enfin, dans Les Frères Karamazov, Dostoïevski développe la notion de "visage" , qui nourrira toute l'ontologie de Levinas.
L'histoire se raconte souvent au rythme des batailles. Pourtant, une autre trame la traverse : celle de la médiation, art de dépasser le conflit sans violence, pour préserver la cohésion du groupe. Des premiers rituels collectifs aux dispositifs contemporains, elle apparaît comme une fonction vitale : transformer l'affrontement en parole, organiser l'écoute, restaurer l'équilibre, éviter l'escalade. Une question anthropologique et politique est posée dans laquelle deux logiques s'opposent et se complètent : la contrainte (avec les lois, les sanctions, les institutions) qui protège mais peut aussi opprimer, et l'autonomie (avec la maîtrise de soi, la responsabilité) qui libère mais peut vaciller face aux passions. La médiation ouvre un espace intermédiaire : un tiers accompagne, les parties restent actrices, et la solution devient une justice partagée plutôt que subie. En cinq parties, ce livre suit la médiation à travers les sociétés premières, l'Antiquité, les mondes religieux, la modernité juridique et politique, puis dessine les enjeux actuels. Un fil rouge relie ces parties : comment apprendre à vivre ensemble en transformant la contrainte en responsabilité et la liberté en dialogue.