Cet ouvrage propose une réflexion sur les conflits, les contestations et les revendications liés à la fabrique contemporaine des mémoires collectives et du patrimoine culturel. Son ambition est de réinterroger les significations et les enjeux de la transmission, au-delà des critères normatifs et institutionnels du patrimoine, par le prisme des groupes et des individus participant à sa production et à ses usages. Cette entrée permet aussi de saisir la pluralité de valeurs dont les processus de commémoration et de patrimonialisation sont investis. Considérer la mémoire et le patrimoine à la fois comme ressources et vecteurs d'émancipation, comme objets identitaires, de légitimation et de construction narrative et comme outils de l'action publique, nous permet de revenir sur leur construction tout autant sociale que politique. Au-delà, il s'agit de renouveler l'approche du patrimoine et d'en proposer des définitions alternatives.
Nombre de pages
388
Date de parution
23/11/2017
Poids
593g
Largeur
155mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782343133317
Titre
Mémoires et patrimoines. Des revendications aux conflits
Le lieu n'est pas mort ! Bien au contraire, il reste au coeur de l'expérience quotidienne (ou exceptionnelle) de tout un chacun. La mondialisation ne l'a en rien vidé de sa substance. En ce début de XXIe siècle, elle le réactive et le met en mouvement. Flux, trajectoires, accélérations, massifications en sont des variables, des enjeux et des catégories d'analyses clés que cet ouvrage explore. Résolument interdisciplinaire, il choisit d'aborder les lieux au prisme des mobilités pour décrire ce que sont aujourd'hui les "lieux de mobilité". Ce faisant, il réactualise la réflexion entreprise par les géographes anglo-saxons à partir des années 1980 sur le sense of place, en s'inscrivant dans celle des chercheurs français sur la question des ambiances et sur ce qui, dans un espace et une situation donnés, fait ou peut faire lieu. A travers sept approches différentes, il montre comment la notion de lieu - irréductible à celles d'espace ou de territoire - est prise dans une série cumulative de tensions : entre matériel et symbolique, subjectif et objectif, individuel et collectif. Il en décline la diversité des situations, des acteurs, mais aussi des politiques, stratégies et répertoires d'actions impliqués dans les processus de production des lieux. L'originalité de cet ouvrage est de ne pas réduire la polysémie de la notion de lieux et de centrer son analyse sur les ambiguïtés qui la composent : il signifie ainsi qu'il ne peut y avoir de lieu absolu, mais uniquement des configurations inscrites dans des logiques plurielles relevant à la fois de l'ancrage, de la relation et du mouvement. Un lieu n'est pas un tableau, figé ou définitif, mais une scène en cours. Le lieu comme scène ou configuration lie la mobilité des personnes (circulation physique et trajectoire de vie) et la mobilité des lieux, qu'elle soit là aussi déplacement littéral ou transformation du "sens". C'est ainsi le rôle du lieu dans les trajectoires de mobilité qui est ici mis en avant de manière transversale. Prend alors forme une réflexion contemporaine sur les temporalités comme nouvelle grille de lecture du croisement entre "lieu" et "mobilité".
Penser l'hospitalité par sa dimension spatiale engage ensemble trois termes fondamentaux : espace-autrui-relation. Cette articulation, de l'hôpital à la ville, rend particulièrement visibles les processus d'investissement des espaces à l'interface de l'individuel et du collectif. Il s'y matérialise les états du rapport à l'autre, de la relation entre les institutions, les citoyens et les espaces attachés au soin. Dès lors, cela permet d'analyser les niveaux d'actions et les qualités de l'hospitalité. En tant que ressource ou empêchement, l'espace y est considéré comme une dimension active et non comme un simple contexte d'accueil de la relation d'hospitalité. La problématique générale de l'ouvrage s'attache à la manière de penser spatialement la possibilité de l'hospitalité en actes et en présences.
Résumé : " Ce livre résulte d?un pari ambitieux : saisir les hôtels meublés parisiens comme des lieux de mémoire. (?) À interroger habitants et hôteliers, l?oubli et le souvenir alternent dans un présent hanté de passé et d?avenir. Mais comment la mémoire pourrait-elle prospérer dans ces lieux alimentés par l?immigration, marqués par la domination et, bientôt, défaits par la destruction ou la réaffectation à d?autres fonctions plus lucratives ? (?) Nous sommes allées y voir de plus près, assurées du soutien des penseurs de la mémoire, ses théoriciens d?abord, historiens et sociologues, ses passeurs ensuite, écrivains et muséologues (?) L?imminence de la disparition des hôtels meublés et du milieu qu?ils constituent n?a pas peu compté dans notre détermination de pousser toujours plus loin une investigation pourtant interminable au sens premier du terme. (?) Nous savions que l?hôtel meublé était le premier logement de l?étranger, qu?il vienne de la province voisine ou d?au-delà des frontières. Nous savions que le nombre d?établissements était passé, en trois quarts de siècle, de plus de 20 000 à moins de 800, de 230 000 chambres à un peu plus de 18 000. (?) Fortement marqué par le stigmate, l?hôtel, lieu paradoxal, est aussi objet d?idéalisation et de nostalgie. Toile de fond de mythes et de légendes urbaines à travers la chanson, le cinéma et la littérature, il est aussi, de par les gens qui le traversent et l?habitent, le dépositaire de vies d?ici et d?ailleurs et, par là même, profondément ancré dans l?urbanité de la capitale : des lieux de culture en d?autres termes. (?) Les histoires de migration qui y ont eu cours ont pour le moment une existence faible au sein des causes mémorielles entendues, mais elles existent dans les récits des hôteliers et des clients comme dans les textes littéraires qui s?y rapportent. "